brégé du 11° cahier des Mémiires de M. Olier
Vie dell. Olier, par M. de Bretonvilliers, €. av.
M. Olicr nc trouve personne qui le console dans ses peines.
(2) Mém. tr.
» qu'il craignait bien pour moi, tant j'étais faible. » Je me souviens que je ne pouvais m'offenser de cela, » ni le trouver mauvais; au contraire, voyant que j'étais » la confusion et le déshonneur de toute la compagnie, et ayant toujours ce sentiment dans mon cœur, je trou- » vais toutes ces paroles très-véritables. Aussi j'avais le » cœur si net et si plein de sentiments de charité pour mon » supérieur, au moins par la bonté de notre Seigneur, que tous les jours je priais Dieu pour lui, et disais la » Messe à son intention,non pas comme pour un ennemi ct » un persécuteur; car je ne pensais pas à cela,mais comme
» pour le plus intime de mes amis, m'isiéressant à tous les » biens que Dieu lui faisait comme aux miens propres, e! » plus mille fois. J'admirais s°: iumières et ses dons ; j'en » rendais grâces à Dreu de tout mon cœæur,et ie priais de les lui continuer. Il me semblait, en ce temps-là, que je fusse
» comme une bte morte, comme une pauvre victime » immolée à la gloire de Dreu. Je me souviens qu'étant » beaucoup persécuté et moqué par notre compagnie et » par des étrangers de condition (1), je prenais un grand » plaisir à dire à Dieu, me mettant devant lui en esprit » d'hostie : Ah! mon Dreu, que ceci serve à mon sacri- » fice ; il faut mettre en pièce la victime ; il faut re- » trancher de moi tout l'honneur de ce monde. Ah ! mon » amour, Coupez et faites couper par qui il vous plaira » tout l'honneur que je préteads sur la terre.
» Je me souviens qu'en ces temps, tout le monde » m'abandonnant, je cherchais quelqu'un qui me servit » d'appui : malheureux que j'étais, de ne pas voir que » Dieu mr'ôtait tout secours humain, pour m'obliger de » ne nrappuyer que sur jui, et de m'abandonner à lui » seul (2)! Car telle est la conviction qu'ont produit depuis » en moi tous ces délaissements. Un homme de talent se » présentant pour me servir dans mes affaires, je m'es-
»timai heureux de ce secours, dans Pétat où j'étais. Je
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ÉPREUVES DE M. OLIER. 269 » me jelai entre ses bras, et m'appuyai sur lui pour trouver quelque soulagement ; mais,ne cherchant pas
» Dieu en lui, et n'ayant en lui qu'un appui temporel » el grossier, j'en fus aussitôt payé comme je méritais » de l'être : car, se servant contre moi des faiblesses de pr] » mon esprit, et de l'état pitoyable où j'étais , il se Fur » joua de moi, et brouilla davantage mes affaires. Ce fut FLE » encore là une des marques les plus visibles de la miséri- NE » corde de Dieu, qui voulait que je fusse tout à lui, et ER » n'usasse de ses créatures que dans une dépendance ! ee | . (t}émoir.aut.
» entière de sa bonté, ayant plus de confiance en lui 4 3. otier. tx. » que dans tout le reste (1). Di 10 ASE
Tel est le tableau que M. Olier nous a tracé de ses X.
| . ‘ : Motif des hupeines. Quelque rigoureuse que puisse paraître en aPpa- miliations deM. rence la conduite de Dreu sur son serviteur , l’on ne Olier. saurait s'empêcher d'y admirer l'ouvrage de sa bonté et de sa providence; puisque ces épreuves devaient servir, non seulement à la sanctification personnelle de M. Olier, mais encore à préparer les voies à l’établissement du séminaire et de la société de Saint-Sulpice,
comme la suite le montrera. On à vu que lorsque les
(2) Mémoires 1 de M. du F'errier, rent en société , ils nommérent pour chef M. Amelote (2); p. 126.
et ce choix, à le considérer selon la raison et la prudence
ceclésiastiques formés par le père de Condren se réuni-
humaine, était sage et éclairé. Doué dès son enfance d'une facilité d'esprit et d’une pénétration peu commune , (5) Récit de l'en- \ er ; : RE Jance du père A- M. Amelote, déjà docteur en théologie depuis l'âge de metore. Hs. frères la doctrine du père de Condren (4); et comme t: 1. p. 154.
vingt deux ans (3), possédait plus qu'aucun de ses con-
chacun l'estimait avec raison pour sa vertu el pour sa science , il semblait réunir toutes les qualités qu'on pou-
vait désirer dans un supérieur. Mais ce n'était pas celui jo dont la divine Providence avait fait choix; elle destinait h à M. Olier, pour servir de pierre fondamentale à l'éditice ; 1
} et, tovtelois, elle ne permii pas que ces ecclésiastiques sit
le nommassent supérieur , de peur, sans doute, que l'œuvre du séminaire, réservée à M. Olier , semblât être un dessein concerté par les hommes. Bien plus, afin que ce choix parüt manifestement l'ouvrage de sa puissance , (1) Vie de M. lorsque le moment en serait venu, il tint son serviteur Olier, par le père durant deux années dans cet état d’humiliation profonde
Giru , part. {re : . A . . s
chap. x Re- et voulut que celui qui devait être, incontinent après, marques historiques , À. A. p. .