‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 246 sur 489 · MORT DU PÈRE DE CONDREN · texte numérisé non relu

MORT DU PÈRE DE CONDREN

égard aux dernières intentions du défunt, ordonna qu'on lui rendit les honneurs dûs à ses vertus éminentes ; et la Reine, pénétrée des mêmes sentiments, chargea M. de Virazel, évêque de Saint-Brieuc, de prononcer son oraison funèbre. À ses obsèques, le concours fut prodigieux, et on témoigna pour lui la vénération la plus extraordinaire. « Qui ne sait que dans le moment de son trépas, dit » M. de Virazel, tout le monde accourut ? Que de respects, » que d'estime, que d’acclamations , que d’honneurs , que » d'admiration , que de louanges ! Il fallait que sa gloire » füt très-grande , comme ses grâces ont été extraordi- » naires (1). » Enfin, lorsqu'il était exposé dans l’église de l'Oratoire , l'éclat dont brilla tout-à-coup son visage , plus vermeil qu'il ne l'avait jamais été, excita l'admiration universelle , au point qu'on douta s'il était mort; et que le père Bernard, dit le pauvre prêétre, avec quelques autres, ayant levé ses paupières et vu son œil plein de vie, s'écrièrent qu'il était encore vivant * (2).

Parmi la foule des spectateurs se trouvaient M. Olier el ses amis ; ils assistèrent aussi à l’inhumation (3), retardée jusqu’à l'entrée de la nuit à cause de l'affluence du peuple (4). En considérant ce saint corps, M. Olier , malgré l’accablement où le mettaient ses peines , se sentit extwraordinairement touché. « Notre bienheureux père , dit-il, » nous donnait part, 'e plus qu'il pouvait ,à ses dévotions; * et nous étions deux ou trois qu’il espérait laisser les hé- » ritiers de son esprit. Je ressentis les effets de cette bonne » espérance après sa mort; car, pendant le temps que son » COrPS fut exposé, plus je le considérais et plus aussi » il me tenait pénétré de son esprit d’anéantissement : » tellement que je ne pouvais avoir d'autre occupation » intérieure , étant entièrement rempli de celle-là. » C’était ce grand anéantissement et ce vide total de lui- » même qui excellait en lui, et le rendait si capable d'être » possédé de Dieu, et si rempli de JÉsus-Curisr : en sorte

(1)Oraison fu mèbre du père de Condren.

(2) Cloysault, Vies Mess. t. 1.

(3) Mémoires de M. du Ferrter, p. 197.

(4) Vie du cardinal de Bérulle, par Tabaraud. À.

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