VOYAGE DE M. OLIER A LA RÉGRIPPIÈRE
par l'union des cœurs de ces bonnes filles , auparavant divisées. Pendant une de ses exhortations , elles s'embrassèrent toutes avec larmes en présence du très-saint Sacrement. Enfin, de quarante qu'elles sont, il n'y en a que très-peu qui n'ayent fait des confessions générales ou des revues du passé , avec tant de bénédiction, que celte maison n’était plus reconnaissable lorsque nous en partimes ; car elles ont embrassé l'oraison , la vie commune , et toutes ensemble pratiquent maintenant ce que la plus petite partie du troupeau avait commencé auparavant et continuait de faire depuis mon premier voyage.
« Béni soit à jamais notre bon Dieu, qui prend son temps et ses mesures comme il lui plaît, et se sert de ce qu'il veut pour l'accomplissement de ses desseins! Qu'il soit béni ce Dieu d'amour, qui, seul, trouve en luimême la cause et le motif du bien qu'il fait à ses créatures ; puisqu'il les en comble souvent, quand elles le méritent le moins, et lorsqu'elles ne provoquent que sa colère ; ce Dieu dont la plus grande gloire est de se servir des instruments les plus faibles, et les plus jüutiles. Béni soyez-vous à jamais, Ô mon Dreu, maître absolu de ces petits serviteurs, qui en disposez comme il vous plait; vous prenez plaisir à les mener et à les conduire par la main, Ô bon maitre! Ô maître toutpuissant , vous êtes l’uniquement bou maître. Vous savez que l'avaut-veille de ce voyage, je ne pensais pas à l'entreprendre, et vous n’envoyâtes exprès mon directeur pour me l’ordonner. Ce fut vous, à mon Dreu! qui renouvelâtes cette bénite maison, que vous avez tant aimée de toute éternité, et à laquelle vous rendez tant de témoignages de votre saint amour. Ce fut vous seul qui opérâtes tous ces prodiges, par l'eflusion de votre grâce, et la vertu de votre sainte parole, qui, étant poussée par votre Esprit, produit tout les effets qu'il jui