‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 273 sur 489 · SÉMINAIRE DE VAUGIRARD. DOM TARRISSE · texte numérisé non relu

SÉMINAIRE DE VAUGIRARD. DOM TARRISSE

CI , u NI 1 J . .

» qu'il désirait de nous (1). » Dieu ne tarda pas à le leur AA

faire connaître. Depuis la mort du père de Condren , ils te db , oo 4 AL. Olier ,par M.

n'avaient pas, de directeur, à proprement parler ; peu de de Bretonvilliers, 4 . ( N 0 . 4 HY jours après leur arrivée à Vaugirard , ils s'adressèrent de LAS Le concert à Dom Grégoire Tarrisse +, supérieur général des Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur , dont le père de Condren leur avait parlé autrefois, comme d'un (3) Essai sur à A ‘ , d'influence de la saint personnage (2) ; et qui passait, en effet,pour l'un des ,/jivion en Fran- A PR à s and: » ga ce, pendant le hommes de ce temps les plus PeCOmiauIe ue POUr SA Ty siècle, L haute vertu et la sagesse de ses conseils. La reine Anne x. AT ; : } .… (4) Vied'Alain d'Autriche, le cardinal de la Rochefoucauld (3), M. Alain 4 Sotminihac, p. et . sé . 1 et | 444.

de Solminihac (4), en faisaient une singulière estime ; €t (3) Essai sur saint Vincent de Paul letraitait comme un ami, avec lequel l'influence de ‘la : Don 5 À r ; . religion enFranil se plaisait à conférer sur les projets utiles à la reli- & ‘ac. Ibid. : AT : ; : (6) Remarques gion (5). Doué d'un grand don de discernement desesprits, om Grégoiil appliquait tous ses religieux aux sciences ou aux arts, re Tarrisse, par

pour lesquels il leur reconnaissait plus d'aptitude (6), NU de et ce fut alors que commença,dans l’abbaye saint Germain- a de NEA des-Prés, à Paris, où il résidait, cette suite d'esprits 1278. distingués et de savants illustres qui ont donné un si grand éclat à cette maison. Il n'eut pas plus tôt connu les nouveaux solitaires de Vaugirard, et le motif de leur réunion, qu’il les confirma dans leur dessein , les assurant, avec toute la confiance et la fermeté que donne l'Es- PL Mes 4 prit de Dreu , qu'ils étaient appelés à former des mi- de Bretonvilliers, nistres à l'Eglise (7). 5 0: à

« Je ne puis assez admirer la conduite de Dreu sur ° moi, dit M. Olier, voyant le soin particulier qu'il en a » pris. Lorsqu'il a voulu m’appliquer au dehors, dans » l'emploi intérieur des missions , alors il m'a teuu et m’a

(2) Ibid. pag.

+ Tarrisse es la vraie orthographe de son nom, comme le prouvent deux lettres originales de ce saint religieux , conservées aux archives du royaume. Section historique L. carton 1278. Remarques de dom Luc d'Achery sur dom Grégoire Tarrisse, p. 8 el 27.

»* conduit par les mains de M. Vincent, supérieur des » Missionnaires; quiind après il a voulu m'éclairer par

.» sa bonté et me donner quelque lnmière particulière , il » m'a conduit par la: voie du' défunt père de Condren,

» l'homme peut-être de l'Eglise le plus éclairé dans la sa-

.»-gesse divine, et qui était aussi grandement expérimenté » dans la vie intérieure; en sorte que j'ai réçu, par son .» Moyen, mille ouvertures et mille facilités pour com- .s prendre les choses que la bonté de Dreu a voulu me

(1) Copie ds Mém: au, de M.

Olier, t. 1. p.

(2) Ibid. t, 1.

M.Olier prend le père Dom ilugues Bataille pour son directeur particulier.

(5) Copie des Mémoires aut.de M, Olier,t. 113.

» faire entendre depuis. Enfin, maintenant ‘qu'il semble 5 me vouloir. près de lui, et m'appeler à une vie plus rétirée, il me met entre les mains de ce grand person- » nage, lout=à-fait retiré et séparé du monde, de l'esprit » duquel je prie la bonté divine de vouloir me faire parti- » cipant (1). Il a pris soin de nous venir visiter, et » nous à donné tous les témoignages possibles -de son » affection paternelle, et peut-être plus grands qu'il n’en 5 a jamais donné à personne (2)... C’est une chose inexpli- * cable que le bien qu’on reçoit de l'abandon à Dieu. Car, » après m'avoir retiré le père de Condren, Notre-Seignéeur » m'a rendu le révérend père Tarrisse, qui prend le soin » de toute la compagnie; il m'a donné de plus, en mon » pauvre petit particulier, le révérend père Bataille, pro- » cureur général de l’ordre de saint Benoît, qui, par sa » grande charité ,a bien voulu souffrir mon importunité , » et se charger de ma fàcheuse et très-ennuyeuse con- » duite. »

« C'est un homme qui m'est plus utile que tout ce que je

» saurais choisir de directeurs dans Paris; il a peut-être » plus de lumières pour la conduite intérieure et pour » l'extérieure, et plus le don de faire avancer les âmes » que toutes les personnes que je connais (3). Il me semble » qu'il n'y a point de dons du Saint-Esprit, que ce saint » personnage n'ait reçus en plénitude : le don de force, » de piété, de conscil, de science, de sagesse, d'intel-

supérieur des m'éclairer par articulière , il de Condren, ré dans la sat'expérimenté réçu, par son s pour comu a voulu me qu'il semble une vie plus grand personde , de l'esprit e faire partiir visiter, et sibles : dé son nds qu’il n’en chose inexplià Dieu: Car, tre-Seigneur wend le soin plus, en mon Bataille, pro-

qui, par sa importunité , iuycuse con-

out ce que je la peut-être ure el pour er les âmes Il ne semble que ce saint n de force, sse , d’intel-

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SÉMINAINE DE VAUGIRARD, DOM TARRISSE. 917

ligence et, par-dessus tout, le zèle et la charité ; en un |

» mot, je ne connais pas qu'il se rencontre dans le monde d'A Ci “ei »une personne qui ait plus de talents et de grâces AA Hi » pour conduire les àmes à li haute perfection (1). Mon et 2 LS » bon Jésus, je vous demande fidélité pour accomplir ses A Mon sed js » ordres, et ouverture entière pour li découvrit mes %: 0er, teur.

p. 251, » défauts (2), » Ces deux saints religieux étaient desti- (3) Mém. aut.

, x , , é le M.Olier tu, nés, le premier, à aider M. Olier de ses conseils dans p.193. l'établissement du séminaire et dans la réforme de la $ se 7 paroisse de Saint-Sulpice (3), comme aussi à l'appuyer “a + ,! , n U n éd sur +Uuer,par de son autorité; et le père Bataille, à lui donner lim- y, Baudrand, p. : *: el nireisi : : + atom à Lu 18. — Essai sur pulsion qu'il devait ensuite communiquer lui-même à la l'influence, etc.t, société naissante (4). M. Olier consulta encore saint 1. a pe ; e ee ae ñ ) Archives du Vincent de Paul, ainsi que deux Jésuites remplis de royaume,section , ! , \ x historiq. L, carl'esprit de saint Ignace, le père Hayneuve et le père ,, 1017. Saint-Jure (5), alors recteur du noviciat, rue Pot-de- FU Vie . se TX : S , ier, par le père Fer à Paris (6), et quelques autres grands serviteurs de Giry, partie 1re . . Û 4 , , / ‘hAap. X + Dizu qui tous l'encouragèrent à persévérer (7). chap, XL Le changement extraordinaire qui s'était opéré dans XV. . . ,.. : L l k . h M. Olier est lui, pouvait passer d'ailleurs pour une nouvelle marque ,fisrement » l'approbati » Die ait à cette entreprise, délivré de toude l'approbation que Dieu donnait î Pi La des peines, Car dès son arrivée à Vaugirard, non seulement il fut (8) Pie de 4. dt à do L à. va il ço lier, par le père délivré tout-à-fait de ses épreuves, mais encore il se Giry ; partie 1re En , à s cinœulià es faveurs ù La Drinci pale eh. x1E, — Vie vit comblé des plus singulières fave urs (8) Pr BQASs tee var dont ses grandes épreuves n'avaient été que le prélude, M.& Bretonvit- ; : Fa C0 … diers, LEE, p.55.

fut cette sorte d'union extraordinaire avec JÉsus-CHRisT , : I Cr , » at . 1 N où il semble quel'homme extérieur ,aussi bien que l'homme intérieur, n'ai s d'autre vie que celle de ce divin chef intérieur, n'ait plus d'autre vie que celle de RE 7 sans que l'âme puisse reconnaître en soi d'autre princiFe spirituel du père ; : We mm vi Surin, LI part, de ses actions et de ses sentiments, que JÉsus-CuRIST vi- ,,, chap. VIL, vant et agissant en elle (9) ; faveur insigne, réservée seule- p- 556. 558. ment à quelques âmes, qui s'y sont disposées, par une Lotale 110) Ibid. pag abnégation (10) +. « Depuis mes grandes désolations dit 563,

Nous ajouterons, pour éloigner tout soupçon d’illusion, dans une

es à

» M. Olier, je ne puis douter que l'esprit de mon mai- » tre n'habite en moi. Cet esprit se fortifie de jour en » jour pour me diriger et me conduire en toutes choses. » J'exprimente sa conduite dans l'usage de mes facultés » natureiles, et même jusqu'à la eomposition du corps, qui, » autrefois, était si déréglée. Je sens maintenant cet esprit » qui me composcet me dirige dans mon port, ma dé- » marche et même dans mes paroles ; ce qui étonne beau- » Coup les personnes qui, autrefois, me voyaient si léger et

matière où le pas est si glissant, qu’il ne faut pas entendre ici cette F ne Pr : union des faux mystiques,où l'âme serait mue de Dieu à chaque instant, de Bossuel, om. perdrait la liberté de son opération (1), et par conséquent ne pécherait os plus, mème véniellement, et ne pourrait plus déchoirde la grâce (2. L'union dont M.Olier fut favorisé ne le mouvait pas à tous les actes, ce @) Mnstruction

sur les élats d'o- secours extraordinaire, quoique habituelle délaissait quelquefois toutraison, ibid. p.

409. 410, à-coup, comme lui-même nous l’apprerdra. Bossuet a reconnu cette pe SL dernière union pour une grâce très-réelle, en approuvant le Ca-

(4) Catéchisme ,,,1:. not 1% N SUR < AO spirituel, 1 1 p. téchisme spirituel (3) du père Surin où elle est exposée dans un grand

vit, ch. vit, détail (4). M. Tronson n'en a pas seulement admis l'existence , il en a traité fort au long dans l'Esprit de M. Olier, en décrivant lui-même la faveur dont nous parlons. Après la part qu'il prit aux Conférences d'Issy, ses sentiments , sur cette matière délicate , ne peuvent ètre ignorés de personne ; et c’est d’après ses principes reconnus, qu'il faut juger des expressions dont il se sert en exposant les eflets de cette union, et sans préjudice de la liberté qui demeure Loujours sous l'action de la grâce. « L'esprit de notre Seigneur, dit-il entre autres choses, » se rendit si absolument le maître du cœur de M. Olier, et posséda » si parfaitement son âme et toutes ses facultés, qu'il ne lui per- » mettait plus d’avoir le moindre mouvement que par s2 dépenx Pre de » dance et son secours. Il était mème dans ses yeux , sur sa langue Son union très- » ct dans ses mains pour le faire agir, ou pour empècher leur

intime à Notre- et ; A :

DelUREMTIRROL » opération, comme il voulait (5). » Ces paroles montrent dans p. 150, — Sa dé- . :

pendance de quel sens il faut entendre celles de M. Olier que nous rapportons Dieu. sect.nt.p, ., air : ET 22. 35. efc. ici, et préviennent ces interprétations fausses, que, selon la re- (6) Du discer- jme | : Ne É nement des es- Marque du cardinal Bona (6), on donne quelquefois au langage des ar ShobE- Vi personnes spirituelles

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