‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 281 sur 489 · SUCCÈS DE L'ÉTABLISSEMENT DE VAUGIRARD · texte numérisé non relu

SUCCÈS DE L'ÉTABLISSEMENT DE VAUGIRARD

» n’offrent d'eux-mêmes toutes les commodités qui me » sont nécessaires. La bonté de Dieu me préparait d'une » manière cachée à cette conduite , lorsqu'elle retirait de » moi tout le monde , et me soustrayait tout appui, vou- » Jant w'obliger par-là à ne me confier qu’en lui seul (1). »

Cinq ou six jours après l’arrivée de ces Messieurs à Vaugirard, M. Copin , qui en était curé, les pria de prendre le soin de sa cure, jusqu'à son retour de Paris, où il croyait ne demeurer que quin:° jours : ils l'acceptèrent ; mais 1l resta neuf mois sans revenir. Cette circonstance leur donna bientôt sujet d’adorer la bonté de Dieu, qui voulut les faire passer par ce! emploi, pour les instruire des devoirs des curés et des vicaires , et leur donner le moyen d'exercer les ecclésiastiques qu'ils ne tardèrent pas à recevoir. ils u’admirèrent pas moins les atientions de cette paternelle prcvidence à leur procurer aussi le logement nécessaire à Icur communauté. Il y avait tout près de l'église une assez grande maison, avec un jardin spacieux, entouré de murailles nouvellement construites. Ayant appris que celui qui la tenait à louage + n’y venait junais , ils lui proposèrent de les subroger à sa place. IL s'en défendit , et les obligea de l'habiter toute meublée , les priant seulement de permettre qu’il y vint quelquefois pour dire son chapelet dans les allées du jardin. Cette maison appartenait à M. de hochefort (2), homme d’une grande: piété, et qui demeurait dans le diocèse d’Auch *. Comme elle était très-propre au dessein des nouveaux solitaires, ils lui firent proposer de la leur vendre. Il répondit d’abord qu'il n'y consentirait pas, et qu'il les priait de l'accepter en don. Mais voyant que ces Messieurs refusaient absolument son présent, il voulut alors la leur vendre, uniquement pour les en faire jouir. Car il leur

+ Ge locataire se nommait Arnolphini. Voyez Essai sur l'influence de la religion en France pendant le XVIIe siècle. 1. 4. p. 516.

(4) Mémoires aut, de M. Olier, t. 1 p. 207.

(2) Mémoires de M. du lerrier, Vies Ms. de Grandet,!,. 4 p.

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ET

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33h PARTIE I. LIV. VIT. — 16/92.

Dtrchives du eéda , por la somme de deux mille écus, cette mai- ' à ? , Royaume. Sect, domaniale, cart.

HA 706.6. 1.0, dances seules valaient autant (4); enfin lorsqu'ils en

sou, en y joignant encore une mélairie dont les d“pen-

comptèrent le prix, il refusa de le prendre ; el comme son intention était de leur donner cette somme en mourant, i les prit de la garder sans intérêt.

Considérant ees marques de la protection divine, «il

(@) Mémoires » Semble , disait M. Olier , que tout soit fait pour ceux que t. de M.Olier, RE AN Re Le \ ip. 207. ” ” Dieu veut favoriser de ses soins (2) : il prévient même » Lous nos desseins , et nous fournit plus que nous n'osc-

(S) Vie de M, ” lions Souhaïter ; nous ayant donné lui-même église, Olier, par M. de Bretonvilliers, t.

» maison , serviteurs, approbation des supérieurs, en un » mot, tout ce que nous pouvions désirer (3). C’est lui qui » à formé cette compagnie , c’est lui qui la conserve , c'est » Jui qui Féclaire, lui qui, dans la complaisance qu'il à pour » elle , lui procure mille soutiens qu’elle ne cherche point,

n'attendant rien que de sa main , et ne voulant connaître » aucun auteur de cet ouvrage, que lui seul. Dir:

(4) Jbid.t.u. » a fondé cette maison : Æ£#£ ipse fundarit eam Altis-

). 514. ‘ du » simus (h). »

XXHT.

Le cardiuai de Richelieu capitale un exemple rare de cette entière confiance en veut attirer es

solitaires à Ruely: ils le re- qu nouvel établissement,et les noms de ces ecclésiastiques, mercient.

Dieu. Le cardinal de Richelieu eut bientôt appris le bu

dont il connaissait le mérite et la naissance. Dans les entretiens qu'il avait eus avec le père de Condren, quelques années auparavant, pour savoir de lui quels étaient les sujets ks plus dignes de lépiseopat, cet homme de Diet, comme

Dès son arrivée à Vaugirard, M. Olier donna à toute à

on l’a déja vu , lui en avait nommé quelques-uns, en ajor- |

tant qu'il en connaissait d'autres très-capables , dont il n’osait lui faire mention , Notre-Scigneur voulant se servir d’eux pour uu grand dessein. Dès que la nouvelle de l'établissement formé à Vaugirard parvint aux oreilles de ce ministre, il jugea aussitôt, par sa grande pénétration, que ces ceclésiastiques étaient eeux dont le père de Condren

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lui-même église , , Stpérieurs, en un er (3). C’est lui qui i la conserve , c'est aisance qu'il à pour ne cherche point, e voulant connaître e lui seul. Dirt davit eam Alis-

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ientôt appris le bu ces ecclésiastiques, uce, Dans les entreidren, quelques an ls étaient les suiets ne de Diet, comme lques-uns, en ajous-capables , dont il Ar voulant se servir la nouvelle de l'étaaux oreilles de ce de pénétration, que le père de Condrei

ier donna à toute |:

OFFRE DU CARD. DE RICHELIEU. 299 lui avait parlé, sans vouloir les désigner personnellement ; et comme il méditait alors l'établissement d'un séminaire d'évêques , il résolut de les avoir auprès de lui , afin de s’en servir pour former cette maison , et les placer dans la suite selon ses vues. Dans ce dessein , il donna ordre à la duchesse d’Aiguillon , sa nièce, d'aller les trouver de sa part ; de leur témoigner lestime qu'il faisait de leur mérite, d'ajouter qu’il était extrêmement édifié de leur retraite , mais qu’il voulait être pour quelque chose dans leur établissement ; et que sachant combien ils étaient mal logés , il leur offrait son château de Ruel (1) pour y faire leurs exercices, dans la solitude, et avec une entière liberté; promettant d'appuyer leurs desseins de tout son crédit, et même de l'autorité du Roi , qui leur était assurée +. Une proposition aussi généreuse était digne de la religion du cardinal et de sa grandeur d'âme. Elle fut reçue de M. Olier et de ses compagnons avec autant de reconnaissance que de respect. S'ils eussent été moins jaloux de fonder leur établissement: sur Dieu seul , ils auraient pu regarder la démarche du cardinal comme une occasion ménagée par la Providence pour assurer le succès de ce dessein ; mais ne voulant reconnaître que Dreu pour appui et pour fondateur , ils priérent la duchesse d’Aiguillon de représenter au cardinal , qu'étant venus se fixer à Vaugirard pour y vivre dans la solitude , il leur serait bien difficile de suivre ieur attrait dans la maison et dans la compagnie d'un premier ministre , eu qu'ils suppliaient très-humblement Son Eminence , avec toutes les instances dont ils étaient capables, de les laisser dans le lieu qu’ils occupaient, précisément parce qu'il était pauvre et caché (2).

+ L'auteur des Vies des quatre évêques engagés dans la cause de Port- Royal(4), en rapportant ce fait, en a tellement altéré toutes les circonstances, qu'il est impossible de 1e reconnaitre.

(1) Histoire du diocèse de Paris, par Lebeuf, t,.

Vi. Paroisse de Ruel, p. 160 et suiv.

(2) Mémoir, de M. Baudrand, p.

(1) tu p.119.

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Cette réponse, loin d'offenser le cardinal et de lui déplaire, ne fit qu'augmenter son estime et sa vénération pour

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XL. de Quaylus, M. de Pousa ces ecclésiastiques * , et surtout pour M. Olier. Elle leur e et Œau -— tres, viennent attira même l'admiration de toute la cour , et engagea plu- ;rossir la com- | jt 0 RE ss s TA dé Sieurs jeunes ecclésiastiques de mérite à se joindre à eux, D'UN pour se former aux vertus apostoliques (1). M. Louis

(1) Vie de M. Henri de Pardaillan de Gondrin, alors âgé de vingt-deux Bourdoise , Ms. A 4 Lu à A ; tu=4o, — Vie du MS, €t qui fut nommé, deux ans après, à la coadjutorerie de pin Sens (2), et M. Gabriel de Thubières de Quaylus, abbé du iv. — Vie de M. Loc-Dieu, furent les premiers seminaristes reçus à Vaugi- Olier, par le père ; . : : a Ge doi dre. rard (3). L'exemple de M. de Gondrin ÿ autira bientôt un ehap. XL sujet du plus haut mérite, M. Antoine Raguier de Poussé,

(2) Mémoires : ; 02 de M. Baudrant, dont nous aurons occasion de parler plusieurs fois, Il p. 17. ER Se < : : .

(3) Mémoires Cobnäissait particulièrement M. de Gondrin, qui, de Vaugi- .. nr pard, allait le visiter à la Place-Royale, où ildemeurait, Tout

ce qu'il entendit raconter à M. de Gondrin, des lumières et de la sainteté de M. Olier, lui inspira le désir de le connaître; | vint en effet à Vaugirard, et dès qu'il eut parlé à l'homm: de Dieu, il lui demanda instamment d'être recu au nombre de ses disciples. M. Hurtevent, mort supérieur

du séminaire de Saint-frénée de Lyon, M. de Cambixe,

(HMémoir, de frève de M. du Ferrier,et plusieurs autres, vinrent peuaprès |

J. Baudrand.p, k nd 4$. grossir ia Communauté naissante (4).

« Nous désirious, dit M. Olier, une personne qui devait !

» être u:ile, et était même nécessaire à la compagnie, d'a- |

» près le bon plaisir et l'ordre du grand Dieu, qui n'avaient

» été manifestés. C'était un très-habile théologien. arriva

que , retournant de Paris avec M. de Foix , nous leren-

contrâmes qui revenait de la maison , où il était allé pour

uous voir. Alors je m'éloignai un peu, pour laisser la pa-

role à M. de Foix, mon supérieur, ne me jugeant pas » digne de parler avec ce théoïiogien , dont la capacité et » [a science me surpassent extrêmement, Mais M. de Foix » me pressa, etme força de nr'approcher et de lui parler. * Alors, par obéissance et contre mon gré, je commence à

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» D » Si » PC » (1 »n » q » SI » PM » C!

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nal et de lui dé- \ vénéralion pour . Olier. Elle leur , CL engagea pluse joindre à eux, s (1). M. Louis sé de vingt-deux coadjutorerie de Quaylus, abbé du esreçus à Vaugiattira bientôt un aguier de Poussé, plusieurs fois. il rin, qui, de Vaugiidemeurait. Tout rin, des lumières le désir de le cons qu'il eut parlé à nment d'être recu a, mort supérieur

. M. de Cambixe,

, vinrent peu après

rsonne qui devait |

à compagnie, d'a- |

DIEU, quim'avaient éologien. [arriva ‘oix , nous le renoù il était allé pour pour laisser la paeme jugeant pas dont la capacité et . Mais M. de Foix er et de lui parler. ré, je commence à

VAUGIRARD. M. DE BASSANCOURT. 337 » parler petit à petit, ou plutôt je m'abandonne à l'esprit » de mon maître , pour qu'il me fasse parler selon son » bon plaisir. [l me mit dans l'esprit des choses si bonnes, » si saintes ct si fortes,que cet homme en fut extraordinai- » rement touché. M. de Foix était également étonné des » choses que produisait mon ignorance. J'en étais moi- » même tout surpris ; et je ne doute pas que ce théologien, » qui, huit ou dix jours après , en témoignait encore sa » surprise, n'en attribuât la cause à celui-là seul qui peut » rendre [a parole aux muets. C’est cet Esprit divin qui se » cache ainsi dans ce qu'il y a de plus abject, pour montrer » que la créature n’a point de part à ses œuvres, puis- » qu'il les opère par des instruments si inhabiles et si mé- » prisables. [se plaît à manifester quelque temps leur im- » puissance , pour faire voir que les effets qui viennent » ensuite, procédent d’une autre cause, qui est lui seul. Et c’est ainsi qu'il a attiré dans notre compagnie cet homme, » qui enseigne la philosophie et la théologie depuis nombre

; ; ‘ ; ‘ (1) Mém. aut.

d'années , et que pour suivre l'ordre que Dieu nous avait & Mr. otier. t.

, re . D 9%, donné , nous désirions beaucoup d'y recevoir (1). » nr A ! . | YEV

Vers le même temps , la bonté de Dreu auira par les ee is mêmes moyens, à Vaugirard, un ceclésiastique qui ne fut sancourt entre " insutile à: la: e Rats “] odde ; dans la nouvelpas moins utile à la compagnie que le précédent. Quoique je communaumoins habile que celui-ci dans les sciences ecclésiastiques, t*-

il était très-versé dans la connaissance de l'Écriture sainte, l'intelligence et la pratique des cérémonies , du chant ecclésiastique , de l'administration des sacrements , et de tous les détails du saint ministère : ce fut M. de Bassan- (2) Vie due pécourt, dont nous avons déjà parlé, et que l’auteur de la Vie re de Condren , édition de 1657.

AC chap. XXUV. 5h.

complis de ce siècle (2). Après avoir abandonné l'établis- 10: sement de Chartres , il avait suivi M. Amelote dans la mission de Normandie , et, de retour à Paris, il s'empressa

du père de Condren metau nombre des prètres les plus

(ñ) Mémoires de M. du Ferrier, d'aller visiter ses amis à Vaugirard (3). Comme il était P- 155:

| PER , . , . . , d'une humeur fort enjouée, il leur demanda, avec sa gaieté

598 PARTIE 1. LIY,. VIII, — 1641,

ordinaire , ce qu'ils se proposaient donc d'entreprendre m sur ce nouveau théâtre, ec si c'était à Vaugirard qu'ils pré- fu tendaient réformer le clergé de France.Cet entretien sembla

n'être d'abord qu'une agréable et innocente récréation. eu Mais dès qu'il eut entendu parler M. Olier , ne doutant gr plus alors que leur réunion ne fût l'ouvrage de Dreu , il se les

(1) Mémoires

de M, Baudrand, SEUL pressé de se joindre lui-même à eux, pour concourir lui

p. 14. 15. de concert au même dessein (1). « Nous avions besoin de vo

» Jui , dit M. Olier, ou au moins nous le soubaitions fort : co

° car nous n'avons besoin que de Dreu, qui fera plutôt de su

» nouvelles créatures, que de laisser manquer son œuvre. ni

» [l nous semblait néanmoins impossible de le voir se réu- off

» nir à nous, à cause de ses liaisons avec un autre,que nous pr

»* ne devions pas recevoir dans notre compagnie, et dont il de

» semblait qu'il ne pût se séparer jamais. Lors donc qu'il dei » fut venu pour nous voir , notre maître me fit parler avec | Co

* tant d’efficace, qu'il fût contraint d’avouer que Dieu ctait n’é

(2) Mémoires aut. de M. Olier, » avee nous, et qu'il se résolut de devenir l'un des M. LEP, Lôtres (2). » M. de Bassancourt quittant en effet l'air au

d'eujouement qu’il avait pris d’abord : « Messieurs , leur qu

» dit-il, je suis convaincu que je trouverai plus sûrement un

LS » Notre-Seigneur dans votre maison, que dans celle de ma Im

» mère ; non, ce n'est pas au milieu de leurs proches que po » les ecclésiastiques peuvent recevoir son esprit. Mon parti L4 » est donc pris de vous demander une cellule , et de vivre de

» avec vous. » Comme il apercevait un colombier à l’ex- la trémité dela maison , où il savait que tout était rempli, il La

13 pria qu'on le laissât le maître d’en faire son appartement. si j « Vous le prendrez comme il vous plaira, ajouta-t-il; mais v

» je vous déclare que je ne retourne plus chez ma mère, et, l

à | » dès ce soir , je prétends que vous me donniez un lit dans d } » votre maison. » Une déclaration si franche et si ingénue cé | plut extrêmement aux nouveaux solitaires. [s s’assemblè- sq à | rent pour un moment afin d'en conférer entre eux; et la I

conclusion fut, qu'il était leur ami, leur frère, et qu'il de-

d'entreprendre irard qu'ils préentretien sembla ente récréation.

ier , ne doutant be de Dreu , il se , pour concourir avions besoin de oubaitions fort :

qui fera plutôt de quer son œuvre.

de le voir se réuin autre ,que nous 1pagnie,et dont il s. Lors donc qu'il me fit parler avec er que Dieu ctait levenir lun des uant en effet l'air Messieurs , leur rai plus sûrement e dans celle de ma leurs proches que n esprit. Mon parti lule , et de vivre | colombier à l'exput était rempli, il » son appartement.

,ajouta-t-il; mais chez ma mère, et, donniez un lit dans inche et si ingénue es. Ils s’assemblèr entre eux; et la frère, et qu'il de-

VAUGIRARD. M. AMEIOTE. 339 mandait les choses de trop bonne grâce pour être refusé (1).

L'entrée de M. de Bassancourt dans la communauté eut beaucoup d'éclat à Paris , où sa famille jouissait d’une lui

grande considération, et ne fit guère moins de bruit que mande à être reçu,

les longues instances de M. Amelote pour y être reçu lui-même. Après la mission de Normandie, M. Amelote voulut visiter à son tour les solitaires de Vaugirard ; et, convaincu que leur société était l'ouvrage de Dreu, illes supplia de le recevoir, non plus comme leur supérieur , mais comme leur simple confrère. Sa réception devait offrir des difficultés. On peut se rappeler que l’année précédente, d’après un entretien avec la sœur du père de Condren, religieuse Carmélite à Chartres, M. du Ferrier demeura convaincu que M. Amelote, à qui le père de Condren n'avait jamais parlé de l'œuvre du séminaire, n'était point appelé de Dreu à y travailler; et que M. Meyster avait déclaré la même chose à ses amis et },

aux Oratoriens de la maison de Saint-Magloire (2). Quoi- P- 156. 141.

qu'il dût leur en coûter pour exclure de leur compagnie un ami si vertueux , ils ne purent se déterminer à l'y admettre , et répondirent à M. Amelote qu'ils ne le croyaient point appelé à concourir avec eux au même Gc. sein. Loin d’être arrêté par ce refus, il revint une multitude de fois à la charge, et pressa instamment M. Olier, que la compagnie nomma bientôt supérieur. Personne n'était plus cher au serviteur de Dieu, que ce digne ecclésiastique, dont il connaissait l’érudition , la sagesse et la vertu ; el ce qui l’attachait à jui plus fortement, était l'opinion qu'ilen avait conçue depuis l'apparition du père de Condren que nous avons rapportée, et dans laquelle ce saint homme lui avait dit qu’il le laissait héritier de son espril ainsi que deux autres, dont l’un était M. Amelote. Dès ce moment, M. Olier avait regardé cet ami comme destiné par la Providence à être l’une des pier-

M, Baudrand,p.

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Pr. a" k A pq x

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340 PARTIE 1. LIVe VIII, — 1642.

res fondamentales du nouvel édifice, et il avait persévéré dans cette opinion, jusqu'à ce que, pendant sa retraite, avant l'établissement de Vaugirard , il connut que Dreu avait sur lui d’autres desseins : car comme il offrait à Notre-Seigneur les sujets qui pourraient composer la nouvelle société, et qu'entre autres il lui présentait celui-ci ; une voix intérieure lui fit entendre ces paroles : {lme servira dans un autre lieu pour ma gloire. Quelque étroite que fût sa liaison avec M. Amelote, ces paroles devinrent pour lui une loi inviolable; et,malgréles sollicitations pressantes qu'on employa long-temps, il demeura

(4) Vie Ms. de toujours ferme à l’exclure de la compagnie. M. de Bassan-

M.Olier, par M.

Leschassier , V.

court usa de toute sorte de moyens pour l'y faire recevoir, Il offrit même dans la suite quatre mille livres (1) de rente perpétuelle au séminaire. Madame de Brienne, femme du ministre d'État, et pénitente de M. Amelote, sollicita la méme grâce pendant trois ans, jusqu'à employer dans sa cause le crédit et l'autorité de la Reine régente. Tout fut inutile : M. Olier aima mieux s'exposer à toute sorte de reproches et de disgrâces, que d'être infidèle à la voix de Dieu. En éloignant un sujet d'un si rare mérite, il devait s'attendre à passer pour le plus bizarre des hommes; ce qui ne tarda point à arriver. On l’accusa même de vouloir écarter son ancien ami, pour n'avoir point en lui, disait-on, un rival qui eût pu lui disputer la supériorité du nouveau séminaire. L'homme de Dieu laissa dire, et regarda tous ces propos comme une récompense du sacrifice qu'il avait fait au Seigneur en se privant d’un tel ami. Ce qui est plus admirable encore, au mérite de ce généreux dépouillement , il ajouta celui du secret le plus impénétrable sur le motif de sa conduite ; car jamais il ne voulut le découvrir qu'à son directeur, parce qu'il aurait été contraint de découvrir aussi les communications dont Notre-Seigneur l'avait favorisé dans cette circonstance. On ne le connut qu'après sa mort,

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il avait persépendant sa re- , il connut que omme il offrait nt composer la i présentait cere ces paroles :

gloire. Quelque bte, ces paroles uigréles sollicitaps, il demeura >, M. de Bassan- ‘y faire recevoir.

res (1) de rente ienne, femme du elote, sollicita la

employer dans ine régente. Tout ser à toute sorte re infidèle à la n si rare mérite, plus bizarre des ver. On l'accusa ni, pour n'avoir t pu lui disputer ‘homme de Dieu S comme une réà Seigneur en se mirable encore, it, il ajouta celui if de sa conduite ; à son directeur, couvrir aussi les vait favorisé dans u'après sa mort,

VAUGIRARD, al par la lecture de ses écrits, où il rendait compte de son intérieur au père Bataille, son directeur. Les paroles de Notre-Seigneur, qui dirigèrent sa conduite dans tout le cours de cette affaire, se sont parfaitement vérifiées. L'œuvre à laquelle Dreu appelait M. Amelote, pour servir à sa gloire, était la congrégation de l’Oratoire (1), où il entra huit ans après; et où, par ses talents, son zèle et sa patience, il contribua plus que personne à maintenir la foi de l'Eglise , contre la contagion des nouvelles erreurs qui avait gagné la plus grande partie de ce Corps ”

Après M. de Bassancourt , un autre ecclésiastique, recommandable par sa vertu, ses talents et sa naissance , vint grossir la petite société. Ce fut M. Houmain , fils du lieutenant criminel d'Orléans , et appelé M. de Sainte- Marie à cause d’un prieuré de ce nom qu'il possédait. Né avec une constitution extrêmement débile, il avait été accoutumé à une vie si délicate, qu'avant de se joindre à M. Olier pour les missions , il croyait ne pouvoir souffrir la moindre incommodité du froid ni du serein. « Sa » Chambre, dit M. du Ferrier , était alors natée , tapissée, » et garnie de double chassis detoile et de papier; quoiqu'il * voulüt se joindre à nous , nous ne comptâmes pas sur lui. » Mais quand il vit que nous travaillions aux missions , » encouragé alors par le mouvement de Dieu, et quittant » sa vie molle, ilvint nous trouver, coucha par terre comme » les autres, et se désabusa de sa délicatesse pour toujours;

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