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el dans sa manière d'agir (7) p:
(S) Siluée rue
Après la mort de son mari, elle voulut prendre pour elle la plu, Las eu Gindre,
pauvre chambre de sa maison 8 , qroiqu'elle ÿ fût exposée à un grand
bruit, dont elle souffrait beaucoup. Cette créature angélique ne pou-
vait s'occuper que de Dieu, qui semblait être l'aliment et le soutien de son corps, comme il était l'objet continuel de ses pensées et de toutes les affections de son âme ; elle lui demandait sans cesse,et avec une ardeur incroyable, de la retirer de ce monde, et le matin, à son réveil, elle ressentait une vive affliction de voir son exil encore prolongé, Dévorée d’une faim insatiable de la divine Eucharistie, elle passait quelquefois des journées entières sans autre aliment que cette manne céleste ; et, s'il lui arrivait alors de prendre un peu de nourriture, comme deux ou trois cuillerées de bouillon, c'était toujours à la hâte
eten se faisant à elle-même une sorte de violence,
« Je ne dirai pas, écrit M, Olier, l'effet extraordinaire de ses pa-
» roles,qui touchent si vivement les cœurs, que vous voyez des hom- » mes tout changés après quelques mots qu'elle leur adresse. On n'en voit aucun, quelque saint qu'il soit déjà, qui ne rapporte de ses
» entretiens un nouveau courage pour se livrer au service de DIEU » etau salut du prochain; elle prodait, dans les plus éminents en sainteté, des effets surprenants , par des paroles simples et maives, qui portent dans les cœurs la lumière, en même temps qu'elle les embras:ent de l'amour de Dieu. Lorsqu'elle est consultée , elle répond de la manière Ja plus simple, sans expliquer les choses,
» ni détailler les raisons extérieures qui peuvent les persuader. » Dans son langage grossier, il n'y a rien cependant que de » conforme à la foi et à la sagesse divine; elle dit simplement : » Dieu veut qu'on agisse de telle façon. Quelquefois elle a donné » des avis contraires à ceux des personnes les plus éclairées dans » la sagesse et la science de Dieu, sans pouvoir expliquer au- » trement les motifs de ses réponses; et l'expérience à toujours » montré qu'après avoir examiné les choses à loisir, ces per- » sonnes se voyaient obligées de revenir à son sentiment, DIEU » montre visiblement par elle son pouvoir absolu; elle n'a » qu'à parler , et d'un mot elle fait ce qu'elle dit, ee qu'elle veut » et ce qu'elle demande; et cela sans extérieur, sans faste, sans » geste, sans ces dehors qui persuadent el gagnent ordinairement » les cœurs, Elle ne cherche rien et ne dit rien pour elle-mème; » c'est Dieu qui parle par elle, et quirend sa parole si eflicace. » Ainsi d'un seul mot elle à fait bâtir des hopitaux, celui de » Mademoiselle de Lestan, construit par Madame la Chancelière,
» celui de la Rochefoucauld. Enfin, il faut que tout le bien qui
» S'opère aujourd'hui passe, en quelque sorte, par ses mains ; prin-
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» cipalement toutes les grandes entreprises qui se font dans la » Capitale, comme nous le voyons de nos yeux 4), »
L'hopital de la Rochetoucauld est apparemment celui des Pneurables, dont on posa les fondements en 1634, Jusqu'alors les pauvres atteints de maladies incurables, étaient contraints, à Paris, de trainer sans consolation une vie malheureuse etlanguissante: et c'estsans doute à Marie Rousseau que la capitale doit cet asile encore subsistant. H fut d'abord
appelé dans le public du nom du fondateur ; mais, par un sentiment d'une rare humilité, ce pieux cardinal ne voulut pas qu'il portât son nom, ni ses armes qu'il en fit ôter (2).