‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 303 sur 489 · VAUGIRARD. FERVEUR DU SÉMINAIRE · texte numérisé non relu

VAUGIRARD. FERVEUR DU SÉMINAIRE

» tains dela terre. Donnez-leur le courage d'accomplir leur

désir, et la force de vous aimer et servir uniquement (1). « O Seigneur , que vous êtes suave et que votre souvenir seul embaume divinement les cœurs ! Maintenant, » Ô Dieu, nous vous suivrons à l'odeur de vos parfums ;

» et qu'insensible et malheureux est celui qui nele voudrait » pas, après avoir expérimenté la douceur et la puissance » de ce baume gracieux ! Ah ! Seigneur , répandez-le dans » le cœur de vos fidèles. On dit qu'il n'y a qu'à parfumer » les aîles des colombes pour attirer les pigeons au co- » loimbier , où qu'à parfumer le colombier, afin d'appeler » ces innocentes créatures. Répandez, Seigneur , ce par- » fum sur plusieurs de ceux qui sont ici, afin qu’en par- » lant suavement aux autres, toute la troupe accourre for- » tement à vous. Que ces saintes colombes volent par tout le monde comme un saint Paul, qui était la bonne odeur

de JÉsus-Curisr ; que, partout où nous allons , nous

portions les parfums de notre maître ; que partout nous

publiions ses grâces, ses douceurs et ses joies. Nous

soupirons de répandre et d'épancher au deliors l’abon-

dance de ces douceurs ; Cal Nous ne pouvons en parler

distinctement , à cause de notre plénitude. Comme le

jour annonce au jour les grandeurs du Verbe pour le-

quel ils sont faits ; comme la nuit annonce à la nuit,

avec la même eflicace et la même plénitude , la gran-

deur de cette sagesse souveraine qui à créé toutes

choses ; el comme les anges, ravis d'étonnement, se

disent les uns aux autres, et se répondent sans cesse :

Saint. saint, saint ; qu'ainsi, Ô mon Dreu, vos servi- » {eurs manifestent les uns aux autres votre gloire et les » richesses de votre puissance (2). »

Nous sommes redevables de tes beaux sentiments, à l'ordre que le père Bataille donna à M. Olier , peu après qu'il l'eut pris sous sa conduite , de mettre par éerit le récit des grâces qu'il recevait de Dieu , et des circon-

(1) Vie Ms. de M. Olier, par M.

de Bretonvilliers, L11p.70.77.— Mém. autograp.

de M. Olier. Lux.

(2) Mém. au.

de M. Olier, LA D. 445. 444.

Le père Bataille oblige M.

Olier à mettre

par écrit les grâces qu'il a reçues de DIEU.

Olier, par M, de

(2) Grandet, Vies As. t, 1. p.

(1) Vie de M. stances de sa vie les plus remarquables dans l’ordre de Bretonilliers, & SA Sanctification (1). M. Olier obéit ponctuellement, et

ommença par les traits que nous avons rapportés de

lui jusqu'à présent, Il composait cette "spèce de journal sur de petits cahiers, qu'il donnait! successivement à son directeur ; et celui-ci , après la mort du serviteur de Drew,

HAL 140. les remit tous au séminaire de Saint-Sulpice (2), où l'on {1 en conserve encore la plus grande partie. Ce travail le

remplit d'abord de confusion ; mais le considérant comme un nouveau moyen de témoigner à Dreu son ardent amour,

et d'embrâser les cœurs de cette céleste flamme, il s'v

livra avec autant de joie que de zèle. « Ouiré de douleur

di »

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DH

5) Homoires cutograp. de M. »

Olier , &. 1 pag.

XHE.

Vertus et ré putation du frè-

en voyant notre vie si courte pour servir notre maitre , éerivait-il, et souhaitant avoir mille vies , je me suis vu

> comme contraint de mettre Ja main à la plume pour ra-

conter ses louanges et l'abondance des miséricordes et des grâces dont sa bonté me remplit , et pour suppléer, par ces écrits, qui resteront après moi, à la brièveté de ma vie. Je voudrais éternellement encourager tout le monde à aimer mon Dreu et à le servir , et multiplier ma vie un million de fois pour l'honneur de ce grand Tout. Bémi soit-il, lai qui supplée par là si doucement et si suavement au zèle de ses pauvres serviteurs. Je meurs de langueur de ne pouvoir servir un si grand maître que si peu de temps et d'une si faible manière. Ah ! si je pouvais , durant des centaines de millions d'années, répandre le zèle de votre gloire , celui de votre Fils et de votre sainte mère , ce serait un petit brin de mon désir accompli. Je voudrais, à mon Tout ! que toutes ies créatures fussent converties en langues et en bouches pour vous bénir et vous louer (3). »

Cet amour si ardent inspirait à M. Olier un zèle extraor-

dinaire pour propager a connaissance et le règne de

re Claude Le- Jp dans le monde , et surtout pour procurer la conver-

2lay.

sion des sauvages du Canada , à laquelle il eut en effet la

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| eut en effet la

VAUGIRARD. FRÈRE CLAUDE, 379 plus grande part. Nous ferons ailleurs le récit de ee qu'il entreprit pour cette grande œuvre , et nous nous bornerons à parler iei de l'union très-étroite que Dreu forma, à cette occasion , entre son serviteur et le frère Claude , l'un de ceux qui contribuërent le plus efficacement , par leurs prières , à la conversion de ce pays, et qui, depuis la circonstance dont nous allons parler, demeura attaché à M. Olier par les liens de là charité la plus vive et la plus pure tout ensemble. Cet homme simple, et selon le cœur de Du , s'appelait Claude Leglay (HN), et était venu à Paris pour éviter la mort, durant Ja cruelle famine qui ravagea la Lorraine, sa patrie. Pour gagner sa vie, il travaillait, à Paris, chez un artisan de sa profession ; et là, quoique occupé de son métier, il jeta un si grand éclat par sa vertu , qu'il devint bientôt célèbre. Des personnes de la plus haute condition accouraient en foule à sa boutique, pour l'entendre discourir des choses de Dreu ; et les jours de fêtes el de dimanches , où frère Claude ne travaillait pas, on voyait toujours une longue file de carrosses devant là maison de son maître. Les hommes, même les plus consultés , allaient à leur tour le consulter comme un oracle ; et enfin, pour le rendre plus utile, on l'obligea, comme malgré lui, de sortir de sa boutique et d'entrer chez M. Le Gauffre, qui, en 1641, venait de succéder au père Bernard dans ses œuvres de charité. Ce fut aupres de M. Le Gauffre que sa vie parut plus extraordi-

7 M. Boudon ne le qualifie pas autrement que le Bon Lorrain ; on le désigne ordinairement sous le nom de Frère Claude , et M, Collet asture que ce dernier nom est le seul sous lequel on l'ait connu. Le registre des Sépultures du séminaire de Saint-Sulpice où À fut inhumé , nous apprend qu'il s'appelait Claude Leglay ; et c'est peut-être le seul Monument qui nous ait conservé le nom de cet homme extraordiaire, M Boudon avail eu avec le frère Claude les rapports les plus intimes , et fut témoin oculaire de plusieurs traits qu'il nous a rap-

portés dans le Saint esclavage de la mère de Dieu, p.188.et suiv,

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