‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 334 sur 489 · avril. n · texte numérisé non relu

avril. n

(1) Traités des Séminaires , in— 42. 1660, p.12.

Voyez aussi la Viede M. Crétey,

| in-12, 1722. p.

| 6. et 26.

fl

M.Olier veut réunir en COMmmunauté tous les prètres de sa paroisse, Sa à conduite en- À vers CCuxX qni s'opposent à ce

dessein.

k À NOTE 1.

EI (2) Mémoires À À aut, de M, Olier, ‘ht t. VI. pag. 296.

F1 jusqu'à 304.

425 PARTIE If. LIV. 1. PAROISSE. — 16/49.

et fut même l'occasion d'une sainte émulation pour la formation de plusieurs communautés paroissiales. « Les » autres grandes paroisses de Paris, écrivait en 1660 » M. Godeau évêque de Vence, ont suivi l'exemple de » la communauté de Saint-Sulpice, et la plupart des » prêtres qu'on nomme habitués, y vivent ensemble » avec beaucoup d’éditication (4). »

Ce fut donc par à que M. Olier voulu commencer la réforme de la sienne. Mais l'exécution d’un parcil dessein présentait bien des difficultés. La principale était de le faire goûter aux ecclésiastiques que M. de Ficsque avait laissés dans sa paroisse, el qui étaient trop déréglés pour y donner jamais les mains. Tout faisait même craindre que l'établissement de là communauté ne mit comme un mur de division entre lancien et le nouveau clergé de Saint-Sulpice; et que les ecclesiastiques venus de Vaugirard, ne parussent aux autres des censeurs incommodes , et d'odieux réformateurs. Loin d'être arrêté par ces considérations, M. Olier mit sa confiance en Dieu, le conjura de disposer luiméme les cœurs à ce dessein, vaqua pour cela plus assiduement à la prière, et, enfin, se sentant pressé d'en faire la proposition à ces ecclésiastiques , il leur adressa un discours qu'il nous à conservé en partie dans ses écrits 7 (2). Ce discours produisit sur quelques-uns l'effet qu'il avait eu lieu de s'en promettre ; mais les autres, parmi lesquels se trouvaient les plus anciens et les plus qualifiés, se refusèrent à pratiquer la vie commune ; ils en vinrent même jusqu'à exiger, pour leurs honeraires, presque tout le casuel; en sorte que M. Olier, résolu de se démettre son abbaye de Pébrac et de son prieuré de Pazainville, depuis qu'il avait accepté la cure, se vit comme dans l’impossiblité de fournir à l'entretien de la communauté des prêtres, s’ilexécutait ce dessein. Il était prêt néanmoins à renoncer à ces bénéfices,

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à ces bénéfices,

FORMATION DE LA COMMUNAUTÉ. 129 iorsque ses directeurs l'en empêchèrent, en lui faisant considérer le besoin qu'il avait de ce secours, pour introduire la réforme dans sa paroisse, et pour entretetenir les ecclésiastiques qui devaient le seconder (2).

L'opposition qu'il eut à essuyer dans cette rencontre, loin de diminuer son affection pour ceux qui en étaient les auteurs, lui parut au contraire un motif de les recommander à Du avec plus d’instances. Nous lisons dans ses Mémoires , quil offrait, pour leur amendement les souffrances très-aigues qu'une maladie lui faisait alors éprouver, et qu'il était même disposé à endurer encore pour eux toutes sortes de maux (2). Son grand esprit de foi lui faisait considérer comme ses meilleurs amis tous ceux qui lui offraient de nouvelles occasions de souffrir. Aussi quelque mérite que pussert avoir les autres ecclésiastiques qu'il reçut dans son clergé, il voulut conserver aux anciens leur rang et leurs offices , et de peur que , sous quelque vain prétexte de mécontentement , ceux-ci n’allassent se fixer ailleurs, et ne s’y conduisissent plus mal encore , il augmenta le revenu de chacun d'eux. Enfin ,il s'eforça constamment de les gagner par sa douceur et ses manières prévenantes , les honorant comme les anciens de son clergé, les invilant à sa table , les consultan sur la conduite de la paroisse, s’informant des besoins des moins aisés, et faisant ensorte qu'ils fussent tous honnêtement vêtus, logés, meublés el soignés dans leurs maladies (5).

Se voyant donc, par le refus de ces ecclésiastiques , dans l'impuissance de suflire à une moisson si abondante avec le petit nombre d'ouvriers qu'il avait à sa disposition, il s'adressa à la très-sainte Vierge, son recours accoutumé (4). Il la pria de lui obtenir des prêtres remplis de désintéressement, qui, nullement occupés de leur fortune , regardassent cette communauté , non comme une voie pour s'avancer et par ‘enir à quelque dignité de l'Eglise,

(1)Remarques historiques, t. x.

(2) Mémoires aut, de M. Olier, te I, p. 532.

Bourdoise , Ms.

in-40 p. 517.

Formation de de cette communauté. Elle est composée bientôt de cinquante prètres.

(4 Remarques historiques, L. x.

Olier, par le père Giry,partie dre.

ch. xv. p. 65.

Remarques hist, t I p. 51.

(2) Ibid. t. x.

p. 204. 205. — Année Domiricaine , 12 septembre, p. 422.

Bourdoise, Ms.

in-folio. liv. 1v.

chap. iv. — La même, in-40. p 518. 519.

(4) Vie-de HT.

Le Vachet.chap.

xv.in-12.1692.

p. 61.— Remarques historiques , 4. Ep. 211.

(5) Calendrier histor.,1774.in- 24, p. ci. civ.

(6) Mémoires au. de M. Olier, +. nn. p. 198.

Désintéressement apostolique des prè— tres de la communanté.

(T)Remarques historiques, LE p. 3ù.

h30 PARTIE II. LIV. 1. PAROISSE. — 16/9.

mais comme une école de science et de ‘vertus sacerdotales, Gù chacun ne cherchàt que la gloire de Dreu, Le ciel l'exauça très-promptement (1),de la manière la plus sensible (2). La communauté, composée d'abord seulement des ecclésiastiques venus de Vaugirard, de sept ou huit autres, qui s'étaient joints à ceux-ci, et de quatre prétres, appartenant à l’ancien clergé de Saint-Stupice (3), compta bientôt cinquante memibres , tous remplis de zèle et de ferveur. De ce nombre était M. Le Vachet, dont la vie apostolique à été donnée au public, et que saint Vincent de Paul avait engagé à grossir cette société naissante (4).

« Que la bonté de notre grand maître est admirable, » disait M. Olier, en témoignant sa reconnaissance, de » daigner susciter, pour mon soulagement, des personnes » très-capables ! Elle a donné à la paroisse, pour L soin » des pauvres, un homme des plus zèlés qu'on puisse trou- » ver pour ce genre de ministère , M. l'abbé de Foix ; pour » la conduite des prêtres, M. du Ferrier , personnage » d'une haute piété et des plus entendus parmi ceux de » ma connaissance; pour la décence de l'Eglise et pour là » sacrisiie, un homme des plus zèlés pour le culte exté- » rieur (5),et qui a autant de piété et d'aptitude pour cela, » que je pourrais le souhaiter , c'est M. de Bassancourt. » Les divers emplois que ces messieurs remplissent » sont autant de ministères, auxquels je devrais vaquer par » moi-même; mais, ne pouvant le faire, à cause du gran * nombre d'occupations dont je suis chargé comme cure, » la providence de Dieu m'associe ces personnes pour » suppléer à mon impuissance (6). »

Ayant ainsi réuni tous ceux qui désirèrent pratiquer h vie commune , M. Ulier voulut qu'ils prissent le nom de prêtres de la communauté de Saiat-Sulpice, au lieu de celui de prêtres habitués qu'ils avaient auparavant (7). Pour ôter aux libertins toute occasion de décrier la mai-

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la manière la plus ie d'abord seuleirard , de sept ou et de quatre prè- Saint-Stupice (3), us remplis de zèle fachet, dont la vie et que saint Vinette société nais-

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qu'on y laissât entrer les femmes , sous quelque prétexte, p. 52.

, laua:vaià : füu (1) : règle gniñt Au (2) Vita sancti el pour quelque raison que ce füt (1) : règle que saint Au- 44 à possidio. gustin avait établie dans la communauté de ses clercs à, (5)Réylements

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Hippone (2). Mais sachant que le moyen le plus assuré & de MM. Les NE ; AU . prélres desser —

pour mériter l'estime des peuples, était de leur offrir or la paroisse exe ‘une vie volontairement pauvre et désintéressée, Saint - Sulpice , l'exemple d’une vie Yolopume I DIEPESSeS, Lg 4788, — il régla que toutes les rétributions que les ecclésiastiques Aure exemplaire

, RS Me aient des. fidèles seraie icone 715: plus complet de sa communauté recevraient des fidèles seraient mises Ze précédent. en commun , et que chacun se contenterait du vêtement et 7 Le

AL € pére de la nouriture + (3). Il défendit, en particulier, de rien Giry, partie 1re, ns l'administration: du saint Viati iloidonné Chap.x1v. p.64. exiger pour l'administration du saint Viatique ; il ordonna {4 émoir. de de refuser absolument tout ce qu'on offrirait pour le sa- : RARES

. .——Vie de crement de Pénitence (4), abus que la cupidité avait in- M.Olier,par teP.

A : 4 s À . e Giry, ibid, p.65.

troduit dans plusieurs paroisses, à Paris et ailleurs (5); et ds nn. re afin de leur faciliter la pratique de ce détachement, il leur A LE He pe ce ms.ue eu donna constamment lui-même l'exemple (6). « Dans la M. Olier par M. kde ire RCE nue 4N ACL iv1é de Bretonvilliers,

» place que j occupe, écrivait-il, je dois recevoir les of- t. 1. p. 469. 470. » frandes d'une main , et les donner de l’autre ; fournir aux : (P) 4belly, 2 À + édit.in-80.1667.

» riches matière de donner à Notre-Seigneur , et donner à liv. 1. chap. x.

7 ve . 60.

» Notre-Scigneur en entretenant ses membres (7); ne d (6) Année Do- »bre % n or 1 vi ne à |s , minic. 12 sepric x m a ppropr ier enfin de ce qui viendra de la cure; tanbre: p.483.

» mais en appliquer une partie aux pauvres, une partie à 425. — femar- , nr : ; : ur ques historiques,

» l'entretien des prêtres, et l’autre à la communauté (8). » tr. p. 33. 54. Dreu bénit cette : ie de prêtr ur inspira (7) Mémoires à ette assemblée de prêtres , et leur inspir: NE l'amour et la pratique du désintéressement (9), qui fut le LEE tu p.

caractere particulier de la maison. Ils avaient tout en com- (8) Ibid. pag. 92, — Remar-— ques historiques, t. 1. p. 224.

(9) Memoires de M. du Ferrier, quelques années après, par Jean-Baptiste de Champagne , un P: 186.

: Pour leur rappeler sans cesse ce détachement, on fit exécuter,

Wbleau où saint Sulpice-le-Débonnaire, patron de la paroisse, (tait représenté dans un concile d'évèques, montrant du doigt , à celte assemblée , dans un livre ouvert, les paroles de saint Paul à Timothée : Habentes alimenta et quibus tegamur his contenti sumus. Ce sujet fut gravé par Pitau, en 1667.

(1) Mémoires de M.du Ferrier, p. 233.

Ÿ, Simplicité dans fa table et les vütements des prêtres de la commuuau-

té,

(4) Mémoires de M.du Ferrier, p.255.

(2) Ibid.

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h32 PARTIE 1, LIV,. I. PAROISSE. — 16/42,

mun; on donnait abondamment à ceux qui étaient peu aisés + , et tous vivaient avec une confiance en Drri et une simplicité singulières (D) ++.

Ces ecclésiastiques se contentaient du vêtement et de la nourriture , et encore était-ce ce qu'on pouvait imaginer de plus simple et de plus commun. On nous permettra de rapporter ici le détail qu'en fait M. du Ferrier , quelque minutieux qu'il puisse paraître. On tâcha, dit-il, d'accon-

tumer ces prêtres à une vie frugale et simple : chacun avait à diner une écuelle de potage, et une petite portion

» de chair de boucherie bouillie , sans dessert ; et le soir de même, un peu de mouton rôti. Encore M. Bourdoise

ne laissa point de se moquer de nous , qui prétendions

former des vicaires pour les villages , après les avoir ac-

+ Sur la recommandation du père Saint-Jure, on reçut un jenne prêtre, M. Joly, mort évèque d'Agen, à qui on donnait non seulement son entretien, mais encore trois cents écus par an, quoi envoyait en Lorraine,à ses parents, pour subvenir à leur indigence ‘1. Ceux qui avaient des revenus payaient la plupart leur pension.

+1 M. du Ferrier parlant de la confiance et de la simplicité qui régnaient dans la communauté de la paroisse de Saint-Sulpice, en cit un trait fort extraordinaire dans la personne de M. Picoté. Celui-ci étant allé à Orléans, d'où il était natif, fut abordé dans la vallée Trois-Croix, par six voleurs à cheval, qui lui demandèrent la bourse. Ne pensant pas qu'ils cussent aucun mauvais dessein, à peine les eutil entendus, qu'il leur répondit : Polontiers , Messieurs, et de tout nu cœur. AlovSs prenant sa bourse, qui renfermail cinq ou six éeus, et li vidant sur sa main gauche, il la leur présenta vide en disant! voudrais, Messieurs, qu'elle fût plus belle. Les cavaliers surpris, Mi demandèrent ce qu'il voulait dire par Pt Je crois, vépoudit-il, gr tous avez besoin d'une bourse; je vous offre La mienne. La Simplicité de ce bon serviteur de DIEU, tout-à-fait étranger à la sagesse du siècle, les stprit si agréablement, que ne pouvant S'empêcher d'éclater de virée Voilà qui vaut mieux que votre argent, direntils ? alles » monsieur, allez, nous ne voulons point votre bourse ; » Lil se ie

üircrent en riant de toutes leurs forces 2.

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