MOYENS POUR PROCURER LA SAIÏNTÈTÉ DES MORURS
» prisons, donnant en proie à ses sbires tout ce qu’elle avait » dans sa chambre.Le motifde sa conduite était que n'ayant
droit pas le d'imposer de peines au-delà d’une prison de quinze jours au pain et à l’eau, au moins il mettait ainsi » la personne hors d'état de faire du mal , jusqu’à ce qu’elle
se füt pourvue de nouveaux ajustements : ce qui allait
loin , et l'empêchait d’ailleurs de revenir sur notre pa- » roisse, aussi bien que celles qui en entendaient parler, el
» qui craignaient un pareil traitement (4). »
Mais un moyen plus conforme à la douceur de M. Olier, et qu'il employait de préférence , était d'essayer de les gagner, pour assurer ensuite leur salut. On le trouvait toujours prêt à fournir de quoi lever le plus grand obstacle à leur conversion , en leur procurant quelque moyen de subsister. Tantôt il appelait à son secours les person nes les plus vertucuses des différents quartiers de Ia paroisse, et les engagait à prendre toutes les voies de la persuasion et de la douceur, pour retirer ces pauvres pécheresses du gouffre où la misère les avait précipitées (2). Tantôt il les confiait à des personnes charitables , à qui il payait leur pension, afin de les mettre ainsi à portée de recevoir des instructions capabies d'assurer leur retou: à Dreu (3). Cette œuvre ne lui coûtait pas moins de dépenses, que de travaux et de soins (4). Mais, disaitil, si le Fils de Dreu a donné, pour cette àme que je veux retirer du vice, sa vie et son sang; et si pour la sauver il n'exige pas que je me sacrifie moi-même, n'est-il pas raisonnable que j'y contribue au moins de mon argent (5) ?
Souvent il essaya de travailler par lui-même à leur conversion, mêlant à propos l'huile avec le vin, dans les corrections qu'il leur faisait, c'est-à-dire, imprimant la terreur, et frappant par la crainte lorsqu'il ne pouvait réussir à émouvoir par le langage de la compassion et de la bonté (6). Sa pratique la plus ordinaire en leur parlant, était de s'unir aux dispositions intérieures de
(1) Mémoires deMT. du Ferrier, P. 259. 240,
XVIET.
M. Olier travaille à la conversion des femmes de mauvaise vie et leur procure
des secours.
(2) Remarques historiques, t.ux, p. 619,
(3) Année Dominic, 12 septembre, p. 425, — Remarq. hisloriques, Lt. 1, p.
Olier, par le père Giry, Are partie, chap. xv.
(5) Remarques historiques, tar.
— Vie de M, Olier, par A. de Bretonvilliers, t.
(6) Ibid,
Notre-Seigneur conversant avec la Samaritaine. « Aujour- » d’hui, dit-il dans ses Mémoires, devant aller visiter , » vis-à-vis le puits de l’abbaye, une femme séparée d'avec » son mari, pour les reconcilier ensemble , j'ai parlé en- » core à une autre personne de mauvaise vie, pour tâcher » de gagner quelque chose sur elle, et de la ramener ; et j'ai » vu que je devais me conduire dans cette circonstance, » comme Notre-Scigneur à l'égard de la Samaritaine. Cette » femme semble en être une véritable copie ; car elle à » eu plusieurs maris, qui ne l’étaient pourtant point, et » celui qu’elle a en ce jour n'est pas à elle, Je com- » mençai mon discours par lui parler de Notre-Sei- »* gneur et de la soif qu'il avait du salut de son âme, » m'unissant alors d'autant plus aisément à ce divin Sau- » veur, qu’à son imitation j'allai parler à cette fille étant » déjà fatigué du chemin que j'avais fait, et ayant grand » besoin de manger et de boire, quoique je dusse avoir plus » de faim encore de son salut ; il était bien plus de midi. » Au peu de paroles qu’il plut à Notre-Seigneur de dire
(1) Mémoires , par ma bouche, elle s’est rendue , et s'est trouvée
autog. de M. Olier , t. Li. p.
Belle réponse
» toute calmée de la mauvaise humeur où elle était d’a- » bord (1). »
Une personne de piété représentant un jour à M. Olier
de M. Olier sur que tout ce qu'il entreprenait à si grands frais pour les
l'inutilité de ses
efforts pourga- Pécheresses , était peine perdue, puisque tous les jours
gner à DIEU ces
on en voyait qui, après leur conversion, retournaient à leurs premiers désordres, il répondit avec douceur : « Non, la peine que l’on prend pour Notre-Seigneur n’est »* point perdue. Elle n'a pas toujours le succès que nous nous » proposons; mais elle ne laisse pas d’en avoir un autre, » sur lequel nous pouvons toujours compter : c’est de nous » avancer nous-mêmes dans le bien , d'augmenter nos mé- » rites, de nous procurer une plus grande gloire dans le » ciel, et sur la terre le plus haut point d'honneur au- » quel puisse aspirer une créature, qui est de travailler
aritaine. « Aujour-
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me séparée d'avec
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