‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 380 sur 489 · RÉFORME PROJETÉE DE L'ABBAYE DE PÉBRAC · texte numérisé non relu

RÉFORME PROJETÉE DE L'ABBAYE DE PÉBRAC

songea à un nouveau moyen, Son dessein avait toujours été de rétablir la règle primitive parmi eux : il eut même à ce sujet , avec le père Faure, supérieur général de Sainte-Geneviève, plusieurs conférences , que cependant les religieux de Pébrac rendirent inutiles. Mais sachant que, sans commission particulière, il avait droit de rétablir l'ancienne règle dans cette abbaye , il eut la pensée d'y envoyer l’un de ses ecclésiastiques, pour qu'il y prit l'habit de novice, et disposât en faveur de la réforme , l'esprit des religieux. C'était M. Corbel, homme d'oraison , versé dans la conduite des âmes, et trèscapuble par ses vertus , surtout par son humilité et son parfait détachement, de remplir cette mission difficile. Sa conduite, dans cette circonstance , fut en effet audessus de tout éloge. « Lorsque je lui communiquai , » dit M. du Ferrier, le dessein que M. Olier avait sur » Jui, il me répondit aussitôt qu'il n'aurait jamais d'autre » volonté que celle de Drev, laquelle il verrait toujours » dans celle de son supérieur ; et cet homme , âgé de cin- » quante ans, S'offrit à prendre l'habit de novice, le jour » qu'on lui marquerait. Il me demanda ce qu'il devait » faire de cent louis d'or qu'il avait devers lui, avant » que d'entrer dans la communauté, pour s’en servir en » cas de besoin; je lui dis de es donner aux pauvres : ce » qu'il fit avant de partir. L'année de son novieiat étant » presque écoulée , il m'écrivit pour savoir s’il devait pas- » ser profès ; j'en parlai à nos messieurs, qui, ne voyant » pas de succès touchant la réforme, trouvèrent à pro- » pos de lui écrire qu'il fit encore une autre année de : À la fin » de cette seconde année, il me demanda, comme la

» noviciat : ce qu'il fit sans rien répliquer

» première fois, l’ordre que nous voulions qu'il tint ; » nos messieurs, après avoir reconnu qu'il ne fallait » rien attendre pour la réforme des religieux, voulurent » que je lui écrivisse de quitter l'habit de novice , et de

revenir à Paris : ce qu'il fit avec autant de calme que » 8 n'en eût point bougé. Il est même à remarquer qu'il TE » ne dit jamais un mot des cent louis qu'il avait donnés, 1) Mémoires x ns U | de M, du Ferrier, ” appuyé sur la confiance en Dteu, et le désir de mourir 995, 996,929 , , , , HARMAN à pauvre, dénué et abandonné comme JÉsus-Cnrisr (1) +.» XXVII. $ alore diitn e once s ; r € 0 n : J : désespér:

M OUbr veut M. Olier eut alors un autre projet : désespérant d donner son ab- pouvoir introduire la réforme dans son abbaye, il rébaye à S. Vin- M AS 2 ta va | F cent de Paul, Solut de la céder à saint Vincent de Paul, et de la con- Ses religieux s'opposent à ce 4 dessein. et les pays voisins. Il paraît que saint Vincent se pré-

tait à cet accord : du moins M. Olier était déjà entré en accommodement avec les religieux, à qui iloffrait des pen-

vertir ainsi en maison de missionnaires pour l'Auvergne

(2) Histoire des Chanoines réguliers, 1. HT sions considérables (2) ; et ce dessein aurait probable- HSE ment réussi, sans les démarches du prieur-mage pour le

faire échouer. Il agit si puissamment sur l'esprit des

(3)Réglements religieux , qu'ils écrivirent au général de Sainte-Gencau viève, pour lui demander de nouveau d’être unis à sa txix. fol. 178. réforme (3). Bien plus, sans perdre de temps, le prieur

se rendit à Évaux, au diocèse de Limoges; et fit, le 17 octobre 1644, un traité d'union avec le prieur de cette maison , qui prétendait y être autorisé par le pére Faure. On imagine aisément quelles pouvaient en être les conditions : il était convenu que chacun des anciens religieux aurait une clef de l'église et da cloître, avec la liberté d'entrer dans l'abbaye et d'en sortir quand bon lui semblerait, sans que le nouveau prieur, qui serait en-

+ Quelques années après son retour de Pébrac, M. Corbel fn appelé à la conduite d’une riche et grande paroisse, où ses talents le rendirent très-utile. Lorsqu'il se vit avancé en âge, et incapable, par l'épuisement de ses forces, de satisfaire à toutes les obligations de cet emploi, il choisit pour son successeur un excellent homme qui gouvernait une petite paroisse, la prit, et lui donna la sienne,

({)Mémoiresde demeurant curé, mais fort pauvre, et il continua toujours de mème,

M.du Ferrier,r. ‘2 ; à L à \ 297, ne s'étant point réservé de pension 1).

utant de calme que ne à remarquer qu'il qu'il avait donnés, t le désir de mourir Jésus-Cnrisr (1)-+.»

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linua toujours de mème,

CURE DE SAINT JACQUES DU HAUT-PAS. 519 voyé par le père Faure, püt exercer sur eux aucune juridiction ; mais soit que ces conditions parussent trop extraordinaires , ou que les pouvoirs du prieur d'Evaux n'eussent pas toute l'étendue qu’on leur donnait , le supérieur général refusa de ratifier le contrat. Il eût été d'ailleurs imprudent de conclure une affaire de cette nature, sans le consentement de M. Olier, qui avait déjà protesté de nullité, et qui probitblement porta ses plaintes au Général lui-même. Quoi qu'il en soit, « cette difficulté » toucha si fort les religieux de Pébrac, dit l'historien » des Chanoines réguliers , que leur courage pensa » en être abattu ; plusieurs d’entre eux s’accordaient à » prendre d'autres résolutions , si le Prieur ne les eût ra- » menés à son avis, en leur persuadant de ne pas s’é- » tonner de rencontrer ces obstacles (1). » Les choses demeurèrent en cet état, jusqu’au temps où M. Olier se démit de son abbaye, comme nous le dirons bientôt.

Il avait encore sur les bras une autre affaire non moins importante, La Reine régente, pour accomplir le vœu qu'elle avait fait autrefois d'élever à Dieu un temple magnifique, s’il donnait à la France un dauphin, se proposait de faire achever les bâtiments de l’abbaye du Val-de- Grâce, dont Louis XIV , encore enfant, posa en effet la premicre pierre , au mois d'avril 1645 (2). Cette pieuse princesse, pour maintenir l'esprit de ferveur dans ce monastère, et en éloigner l'amour des nouveautés, désirait en donner la direction à M. Olier ; et comme d’ailleurs elle venait souvent au Val-de-Grâce, pour s'occuper plus particulièrement de son salut (3), elle était bien aise de se ménager ainsi la facilité de l'avoir auprès d'elle, pour sa propre édification. Dans ce dessein , elle lui proposa de permuter la cure de Saint-Sulpice avec celle de Saint- Jacques-du-Haut-Pas +, dans l'étendue de laquelle était

‘ La paroisse de Suint-Jacques-du-Aaut-Pas, tire son nom des re- ] ,

(1) Histoire des Chanoines réguliers, © LE p.

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