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Sciences a Lu 14580
(1) Vie par M.
de Bretonvilliers.
—Giry. partir.
chap. 1v.
Le Parlement ordonne que M. Olier soit remis en pos— session de sa cure.
(2) Mém. aur.
de M.Olier,t. v.
(3) Histoire de Paris, par felibion,t. v. p.122.
et suiv.—Reyistres duConseil du Parlement, Ms.
Bibl, Sainte-Géneviève, L. XX.
—Archives judiciaires, Conseil secret,régistre BR, — Journal du Parlement, ALs.
de la Bibl, R.— Régistre du Conseil, Bibl. de la ville de Paris,
ses parties adverses, qui ne cessaient de le calomnier, « Dites, répondit-il, que ce sont des personnes à qui » j'ai de très-grandes obligations. » L'autre insista, sans que M. Olier voulüt lui dire autre chose. Enfin, voyant que la personne refusait de porter une telle réponse qu’elle savait être contraire à la vérité des faits : « Oui » certainement , ajouta M. Olier, je leur ai de très- » grandes obligations , car ils me servent à gagner le » paradis (1). »
Sa confiance ne fut point vaine. Le Parlement chargé de l'affaire , le 9 juin, s’assembla le lendemain. Heureusement pour M. Olier , l’un des juges qui lui était le plus opposé , et dont l'avis aurait pu entraîner celui d’un grand nombre de ses confrères, alla le jour même à la campagne, espérant qu'il l'y suivrait, pour essayer de le fléchir par des prières et de pressantes sollicitations (2). Cette petite politique, qui devait contribuer à humilicr M. Olier , ne servit qu’à faire triompher sa cause ; car l'absence de ce magistrat assura au serviteur de Dreu tous les suffrages que sa présence aurait pu lui enlever. Le samedi 10 juin, à la requête du Procureur-général, M. Méliand, le Parlement ordonna que M. de Fiesque comparaîtrait en personne , et qu'on tàcherait de se saisir des principaux auteurs de la sédition , pour les mettre dans les prisons de la conciergerie. L'arrêt du Parlement désigne quatre individus , dont le premier était ecclésiastique, et attaché à la paroisse ; il ordonne ensuite que , sans préjudicier aux droits de personne , les choses soient remises dans le même état où elles étaient avant la sédition ; qu'en conséquence M. Olier soit rétabli dans la maison curiale, et qu'on oblige ceux qui s’en étaient emparés , de l'évacuer sur Le champ (3).
À peine cet arrêt eût-il été rendu, que les conseillers ’ayen et Lenain, accompagnés de l'un des suñstituts du procureur-général, se transportèrent sur les lieux,
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PERS'CUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 557 et remirent publiquement M. Olier et ses prêtres en
possession de la maison curiale et de l'église. Ils exé- Ne a ge cutèrent cette commission avec une véritable joie (1), Bretonvilliers, t et prirent les mesures qu'ils jugèrent convenables pour Tee procurer la tranquilité publique, et assurer à M. Olier
la possession paisible de sa maison. Mais cet acte
d'autorité , qui fit renaître l’allégresse parmi les gens
de bien , irrita étrangement les factieux, surtout lors-
qu'ils apprirent que le Parlement avait ordonné de
saisir les coupables , et, s'ils ne paraissaient point
dans l’espace de trois jours, de séquestrer leurs biens,
jusqu'à ce qu’ils eussent obéi. Aussi M. Olier était à
peine rentré au presbytère, que la sédition recommença.
Une nouvelle troupe, ramassée de la lie du peuple par XIX.
les principaux auteurs de la première émeute , vint a Le en armes à la maison cariale, pour chasser de force et tabli,la sédition
recommence.
destituer de fait celui qu'ils ne voyaient qu'avec une M. Olier est
, . . . ‘ureusement sorte de rage rétabli publiquement par les ministres de dd
de la justice. Sans respect pour le jugement des magistrats , ni pour les personnes laissées au presbytère, afin d'en assurer l'exécution, les séditieux investissent de nouveau la maison , dont on ferme aussitôt les portes. Ils s'efforcent de les renverser ; mais ne pouvant y réussir, à cause de la résistance qu'on faisait du dedans, ils es- {2} fbid. pag. saient d'y mettre le feu; et ce moyen étant encore rendu Hô. 158, pre inefficace (2); ils s'efforcent enfin quoique sans succès , 24/65, D. 164. d'escalader le mur du jardin , qui avoisinait la maison.
On reconnut alors que, dans leur première émeute, Dieu ne leur avait permis de se livrer à toute leur fureur , que pour protéger, par ce moyen, celui dont ils avaient juré la perte. Fn effet, comme le jeudi précédent ils avaient muré , ainsi qu'on l’a dit, les deux ouvertures que M. Olier avait fait pratiquer à ce mur même, et qu'ils ne pouvaient plus pénétrer que très-difficilement dans l'intérieur du presbytère : une sorte de combat s'enga-
rs mn
(4)Vie,par M. gea alors entre ceux qui gardaient la maison , et les de Bretonvilliers, 3e. ‘onf ain RFA dé fe tu. p. 132. séditieux qui en formaient le siége (1). Sur-le-champ,
des personnes dévouées à M. Olier vont en toute
(2) Attestations h: informer 1 agistrats d’ olaui RS autographes, p. hâte, informer les magistrats d'une violation si ma- 164. nifeste de leurs ordres (2). M. Picoté court au Pa-
3) Mémoires s : Load Me net RER de M, Baudrand, Wais-Royal , où résidait la Reine, pour lavertir du p. 21.—hemar— Janger ; et aussitôt cette princesse envoie quelques comques historiques, | un | à t 1. p. 40. — pagnies du régiment des gardes, qui arrivent au mo- Année Dominic. à { 644 :
12 septembre, Ment même où ce peuple irrité, et transporté de fureur, p. 424. allait mettre le feu à la maison (3). Ce secours ne pouvait venir plus à propos; car ceux qui soutenaient le siége, épuisés par une résistance de trois heures, étaient sur le point de succomber. Pendant tout ce tumulte, M. Olier n'eut d'autre défense , et ne permit pas que ses ecclésiastiques employassent d’autres armes que la prière. Il ne
(4) Vie, par le fut pas toutefois nécessaire de répandre le sang pour père Giry,partie 45: PPS so à nd à AE à A dre, Chap. XVIL. dissiper l’émeute : à peine commença-t-on à entendre PAGE M. de le bruit des tambours , que tous les factieux prirent la
retonvilliers,i= , PTE ; bid. p.135. fuite (4). Au plus fort de cette sédition, le lieutenant
civil et le lieutenant criminel de la Prévôté de Paris, s'étant rendus en grande hâte au Parlement, informèrent la cour de ce qui se passait au faubourg Saint-Germain, au mépris de l'arrêt rendu le jour même. Le Parlement s'assembla extraordinairement, et ordonna aux officiers de la justice de se transporter sur les lieux , pour procéder contre ceux qu'ils trouveraient assemblés el attroupés. Cet arrêt fut Lu et publié dans tous les carre-
1 ñ : à » Darice af: N NL à a nl
(5) Histoire de fours et faubourgs de Paris, afin que personne n’en pit
Paris, L. v. Ibid. prétexter ignorance (5); et enfiu, pour assurer la vie de M. Olier et celle de ses ecclésiastiques, on établit,
XX. dans le presbytère même, un détichement de soldats. ovnrès 1e ‘ ; pi 4 ’ APTE Au milieu d’un si grand tumulte, M. Olier était aussi
se le lende- È main. Apostro- paisible que s'il eùt joui dans sa paroisse de la plus parphe que lui a- pe: “tie Malont cn viünniig at ‘cs , É dresse une de faite tranquillité. Malgré sa vivacité et sa promptitude ses paroissien- naturelle , il fut toujours d’une humeur égale, et jamais nes.
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maison , et les ). Sur-le-champ, vont en toute violation si maé court au Pajour lavertir du ie quelques com- | arrivent au MOsporté de fureur, ecours ne pouvail nenaient le siége, eures, étaient sur tumulte, M. Olier que ses ecclésiasie la prière. Il ne dre le sang pour za-t-on à entendre factieux prirent la tion, le lieutenant Prévôté de Paris, ‘ment , informèrent wg Saint-Germain, ‘me. Le Parlement onna aux officiers s lieux , pour pro- L assemblés et atans tous Îes carrepersonne n'en pi our assurer la vie stiques, on établit, ment de soldats .
J. Olier était aussi isse de la plus paret sa promptitude wm égale, et jamais
PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 559 on ne remarqua en lui la moindre altération , tant il était maître de tous ses mouvements! « La croix, disait-il, ne » doit jamais nous faire perdre la paix, puisqu'au contraire » c'est elle seule qui nous la procure : c'est la croix qui » à donné la paix au monde, c’est elle qui doit la porter » dans nos cœurs (1). » Le lendemair , qui était le jour de la Trinité, il monta en chaire , et parla à son peuple, avec autant de dignité que d'affection et de zèle. A voir la paix et la présence d'esprit qui se faisaient remarquer dans tout son extérieur , on eût dit qu'il ne lui était rien arrivé ; et commentant ces paroles de l'Evangile du jour : Toute puissance m'a été donnee, dans le ciel et sur la terre; il s'exprima avec tant de force et d’éloquence, que, quoiqu'il ravit ses auditeurs dans tous ses prônes , il sembla se surpasser lui-même dans celui-ci. Il arriva néanmoins dans cette occasion un incident que nous rapporterons ici, et dont la singularité ne servira qu’à faire mieux connaître jusqu'où le serviteur de Dieu savait posséder son âme dans la patience. Depuis plusieurs années, l’usage de la paroisse était de faire la bénédiction de l'eau,à la première grand'messe du dimanche, afin qu'après le prône on pt commencer plus tôt la seconde, qui avait paru trop retardée à un grand nombre, et qu'il ne restàl plus alors que l'aspersion à faire. M. Olier Pavait réglé ainsi, d'après l'avis des paroissiens les plus sages , et de concert avec tout son clergé. Comme il était en chaire, et qu'il faisait le prône, une femme courbée de vieillesse, enhardie par les scènes qui venaient d’avoir
lieu, se leva du milieu de lauditoire , et prenant
parole, lui fit d’une voix tremblante de vives plaintes sur ce qu'il avait, disait-elle , ôté l’eau bénite à ses paroissiens, Elle ajouta , qu'il eût beaucoup mieux fait de laisser l'ancienne coutume, et de n'y rien changer. Toute cassée qu'était la voix de cette femme, M. Olier ne perdit rien de l'apostrophe qu’elle lui adressa. Encouragée par le silence
(1) Esprit de M. Olier, t. it
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de toute l'assemblée qu'elle le prit pour une approbation elle ne se tut qu'après avoir déchargé tout ce qu'elle avait sur le cœur ; puis, regardant à droite et à gauche , comme pour s’'applaudir et recevoir les applaudissements de l'auditoire, elle se remit sur son siége, fort satisfaite de la leçon qu’elle avait bien osé faire publiquement à son pasteur. Celui-ci édifia autant qu'il étonna tous les assistants , par sa douceur et sa modestie, I la laissa parler jusqu’au bout, sans témoigner en aucune manière son mécontentement; et ayant attendu qu'elle se fût assise , il se contenta de lui répondre tranquillement : Æ/e' bien, ma bonne amie, on y pensera. Puis il reprit son discours, comme s'il n’eût point été interrompu. Plus les gens de bien furent surpris d’une scène si extraordinaire , plus ils admirèrent le grand empire que M. Olier avait acquis sur lui-même; et la (1) Vie de M. douceur qu'il fit paraître en cette circonstance , aug-
Olier, par M. de é. ». :
Bretonrilliers. t. menta encore la haute opinion qu ils avaient conçue de
tn. p.133.154.
POSE ça vertu (1).
MA l'irri- Voyant les esprits si irrités , les ecclésiastiques de Saint-
ere Ho Sulpice supplièrent M. Olier de ne point se montrer au ne néglige au- dehors, pour ne pas mettre sa vie en péril; mais leurs cun des devoirs . N s brandt pas de sa charge, instances ne purent enchainer son zèle. Quoiqu'il fût si sage et si prudent en toute sa conduite, il ne voulut rien omeutre , dans cette circonstance, des fonctions de sa charge; etle trait que nous allons rapporter montre évidemment que cette résolution lui était inspirée d'en haut. On vint l’avertir qu’une jeune personne, logée dans une maison qui s'était déclarée contre lui, était malade à l'extrémité. Il y voie aussitôt, sans prévenir ses confrères, que son absence jette dansles plus vives appréhensions. La malade, consumée par une fièvre «rdente, était sans connaissance quand il entra; néanmoins , jugeant à propos de l’administrer , il envoya quelqu'un à l'église pour avertir d'apporter, sans délai, le très-
pour une approdéchargé tout ce lant à droite et à cevoir les applauit sur son siége, bien osé faire puédifia autant qu'il ur et sa modestie.
témoigner en auet ayant attendu ui répondre tranje, on y penser.
’il n'eùL point été ‘ent surpris d’une mirèrent le grand r lui-même; et la reonstance ; augavaient conçue de
siastiques de Saintint se montrer au ipéril; mais leurs le. Quoiqu'il fût si duite, il ne voulut , des fonctions de rapporter montre était inspirée d'en rsonne , logée dans > lui, était malade prévenir ses cons plus vives appréne fièvre ardente, tra ; néanmoins , envoya quelqu'un ins délai, le très-
saint Sacrement. Les parents de la jeune personne
voulaient l'en dissuader, lui représentant que, dans son délire, elle n'était point en état de communier, I insiste d'une manière ferme et assurée ; et lorsque le prêtre est arrivé avec le saint Viatique, prenant alors entre ses mains le corps de Notre-Seigneur, et se tournant vers la malade, il commande à la fièvre, avec l'accent de la foi la plus vive, et par la puissance de JÉsus-Cnnisr réellement présent , de se retirer , ou de lui laisser assez de liberté d'esprit pour recevoir la sainte Eucharistie. Ensuite il s'adresse à la malade elle-mème, et lui demande si elle ne désire pas de communier. Chacun fut surpris d'entendre sa réponse , et de voir qu'à l'instant mème elle avait repris sa liberté d'esprit. M. Olier la communia ; et la visite de ce zélé pasteur, dans ces circonstances , fü si agréable à Dieu, qu'elle sembla avoir mérité la guérison de la malade , car elle recouvra pleinement la santé (4).
Cependant les femmes de mauvaise vie, qui restaient encore sur la paroisse, craignant de ne pouvoir y subsister si M. Olier en reprenait la conduite, concertèrent, avec la plupart de celles qu'il en avait chassées , un dernier effort pour demander son éloignement. Elles eurent la hardiesse de s’assembler, au nombre d'environ trois cents, de se parer magnifiquement, et de se rendre ainsi au palais du Luxembourg, occupé par la maison d'Orléans, pour y porter leurs plaintes contre leur pasteur. Elles demandérent avec instance son changement, parce que, disaient-elles, il devenait tous les jours plus incommode aux paroissiens, par ses VéxAtions , et troublait, lui seul, tous les habitants du faubourg. En se revêtant de ce qu'elles avaient de plus précieux, elles espéraient qu'on les prendrait pour des personnes des plus considérables de la paroisse, et qu'on aurait égard à leurs désirs. Mais , comme la vertu à des carac-
(4) Atestations au. p. 162.
Les femmes de mauvaise vie demandent sa destitution, et vontremplir de leurs clameurs la salle du Pafais.