‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 396 sur 489 · XXII · texte numérisé non relu

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Arrêt duParlement qui dissipe cette émeute, Procession de la Fôte- Dieu escortée par des gardes,

tres distinctifs, qui la font reconnaitre, le vice a aussi les siens; et cette démarche insensée eut tout le résultat qu'on devait en attendre (1). Cependant, toute mal concertée qu'elle était, elle fit connaître que M. Oficr avait grand nombre d’ennemis dans sa paroisse, et que la fermentation y était extrême.

Cette troupe méprisable, quoique repoussée avec indignation, ne fut pas pour cela déconcertée. Elle ne put se porter le jour même au Parlement, qui ne s’assem- Dlait pas le dimanche ; mais le lendemain , 12 juin, il se forma de grand matin, dans la salle du palais, et au mépris de l'arrêt rendu le samedi soir, un rassemblement de femmes et d'autres personnes, qui, ne pouvant obtenir par la ruse l'éloignement de M. Olier, crurent y mieux réussir en employant l'audace. C'était le jour même où tous les membres du Parlement devaient aller à Notre-Dame, avec le Roi et les princes, pour assister au Ze Deum, à l'occasion de la prise de Roses, en Espagne, par le comte du Plessis-Praslin (2). A l'entrée des magistrats , elles remplirent la salle de leurs clameurs et de leurs menaces, se flattant d'intimider ainsi la cour. Ce n'était pas le moyen de se la rendre favorable. Se voyant insullée dans le sanctuaire même de la justice , elle rendit sur-le-champ un arrêt qui fut publié dans la ville et les faubourgs, et dont la sévérité était capable de contenir dans le devoir les plus audacieux de cette woupe. Fly cut ordre d'informer à l'instant même contre les auteurs de cette nouvelle sédition , et défense, sous peine de la vie, à toute personne de s’attrouper,

sous quelques prétextes que ce fût ; comme aussi, dé-

fense aux parties intéressées , et également sons peine de la vie, de venir au Parlement en plus grand nombre que quatre. La cour commanda encore, sous [a même peine, à toutes les femmes et autres personnes qui les assistaient , de se retirer à l'heure même dans leurs

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PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M, OLIER. 563 maisons, déclarant qu'on allait procéder sans aucune forme de justice contre les contrevenants , comme perturbateurs du repos publie. Tous les officiers de la justice, le Lieutenant civil , le Lieutenant criminel, le Prévôt de l'île , le Prévôt des marchands, le Prévôt des archers, et les commissaires du Châtelet, reçurent ordre de procurer l'exécution de cet arrêt, el de saisir tous ceux qui tiendraient des discours tendant à provoquer quelque sédition (1).

La rigueur de ces arrêts , et la sévérité avec laquelle on devait y tenir la main, intimidèrent les ennemis de M. Olicr. Ils n'osaient plus se montrer le jour ; mais, plus d'une fois , ils tentèrent, durant la nuit, de se venger sur sa personne, et ce fut alors qu'on prit le parti de laisser nuit et jour les gardes au presbytère, jusqu'à ce qu'il n'y eût plus pour lui et pour les siens aucune apparence de danger. Cependant la Fête-Dieu approchait : l'agitation des esprits étant encore très-vive, M. Olier, dans la crainte de quelque grand scandale, résolut de ne point porter le saint sacrement à la procession ; et, du consentement de la Reine, il fit prier l'archevêque d’Athènes, M. Pagni, nonce apostolique en France, de présider pour lui à cette cérémonie. Ce prélat, plein d’estime et d'amitié pour le serviteur de Driëu, dont il avait pris hautement la défense dans cette persécution (2) , se rendit volontiers à sa demande (3); et M. Olier se contenta d'assister à la procession, qui fut pourtant escortée d’un certain nombre de soldats (4).

Ses ennemis ne laissaient pas d'agir encore, pour l'obliger de se démettre de sa cure, persuadés que, par leurs vexations continuelles, ils le forceraient enfin à l'abandonner. On ne lui épargna pas surtout les mépris et les moqueries ; et ce qui est bien étrange, à l'occasion de ces troubles, ayant été obligé de paraître à la cour d’un prince, celui-ci prit plaisir à en faire un

(4) Histoire de Paris, t. v. ibid.

(2 Lettres axtographes de M, Olier, p. 2.

Olicr, par M. de Bretonvilliers, À.

(4)Rerrarques historiss 21H p.650. -"éibérations de Saint- Sulpice, Bibl. R, Ms. fol. 6.

M. Olier est moqué à la cour d'un prince. Sa charité envers M. de Fiesque.

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