‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 397 sur 489 · PR DE · texte numérisé non relu

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(1) Lettres spiruuelles de M, Odier, p. 198,

(2) Esprit de A. Olier ,t. mm.

(5) Mémoires aut. de M. Olier, tv. p. 151. — Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers, À. 11.

sujet de risée, M. Olicr reçut cette humiliation, comme on devait l'attendre de sa part, c'est-à-dire, avec les sentiments de la plus vive reconnaissance pour celui qui en était l'auteur, et en s’unissant, durant ce temps, aux dispositions intérieures du Sauveur, moqué devant la cour d'Hérode. « Je n’eusse jamais désiré un si grand » honneur , écrivait-il; je bénis et je loue Dreu, de tout » mon cœur, d'une telle grâce. Quant à la personne que » VOUS savez, je ne pouvais pas lui avoir plus d'obligation , que de m'avoir servi dans cette précieuse ren-

» contre, J'en porterai toujours la reconnaissance dans » mon cœur, et je promets à Dieu que je prierai pour »* elle tous les jours de ma vie 1). » M. Olier éprouvait les mêmes sentiments , à l'égard de tous ceux qui lui fournissaient quelque occasion de souffrir (2), surtout envers M. de Fiesque, qui le traita d’une manière si injurieuse et si révoltante, que les ennemis de M. Olier ne purent s'empècher d'en témoigner eux-mêmes de l'étonnement. Il en écrivait en ces termes, le 28 de juin : « Dieu m'a » fait traiter avec furie par là personne de M. de Fies- » que, que je devais honorer comme Dieu lui-même » jrrité contre moi. Aussi la bonté divine n'a jamais per- » mis que j'aie éprouvé contre lui le moindre ressenti- » ment intérieur, Au contraire, lorsqu'on vint me dire » qu'on le menait en prison , ce qui, toutefois , n'arriva pas » entièrement, les larmes m'en vinrent aux yeux, tant » j'en sentais de chagrin et d'affliction dans mon âme. » Je ne fus pas moins affligé, que si le traitement qu'il » essuya füt arrivé à la personne du monde que j'aimais » le plus ; et, en effet, je le considérais comme celui que » je devais honorer davantage, me tenant la place de Dieu » armé contre moi (3). » M. Olier rappelle ici ce qui arriva peu de jours après la sédition dont on vient de parler. M. de Fiesque , ayant offensé une personne de condition du faubourg , celle-ci obtint contre lui un décret de

niliation, comme à-dire, avec Îles sance pour celui durant ce temps, r, moqué devant ésiré un si grand ue Dieu, de tout | la personne que ir plus d'obligae précieuse rennnaissance dans ‘je prierai pour I. Olier éprouvait ceux qui lui four- ), surtout envers ière si injuricuse , Olier ne purent de l'étonnement.

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prise de corps. Mais dès que M. Olier eut appris que sa maison était investie par les archers, dans le dessein de se saisir de lui , il se transporta, à l'instant, chez la personne offensée, et lui fit tant d'instances , qu'il obtint enfin que M. de Fiesque fût épargné.

ar son arrêt du 10 juin, le Parlement avait ordonné de mettre dans les prisons de la concicrgerie tous ceux des perturbateurs que M. Olier désignerait; mais, loin de poursuivre l'arrestation des coupables, le serviteur de Dieu cherchait, au contraire, à faire mettre en liberté tous ceux qui étaient déjà détenus à cause de lui. Une personne voulant lui persuader qu'au lieu de les protéger de la sorte, il devait plutôt user de son crédit pour les faire châtier , il lui répondit ces paroles , bien dignes d'un pasteur des âmes : « Je dois les aimer, et prier pour eux, » à l'exemple de Jésus-Curisr, qui a prié pour ceux qui » le mettaient à mort. [ls n’en sont pas venus si avant, » par la miséricorde de Dreu; ce qu'ils m'ont fait n’est » rien; et puis, quoiqu'ils aient témoigné quelque mau- » vaise volonté contre moi, ne sont-ils pas toujours mes » enfants? Dieu me les à donnés ; je tächerai, avec le se- » cours de sa grâce, de conserver pour eux un cœur de » père. David ne voulut jamais qu’on fit aucun mal à son » fils Absalon , quoiqu'il cherchàt sa vie et son royaume ; » pourquoi ne l'imiterais-je pas? [ls n'ont jamais eu la » volonté de me faire un si grand mal. Ah! si leur salut » dépendait de ma vie et de mon sang, et si Dreu me con- » servait le désir qu'il n'a donné de leur procurer ce » grand bien, ils seraient tous assurés du paradis (4). » Ayant appris qu'on avait conduit en prison un homme qui s'était montré l’un des plus ardents pendant l'émeute, ce charitable pasteur s'empressa d'aller le visiter; et, quoiqu'il en ft reçu avec des paroles insolentes, accompagnées d’injures et de moqueries , il ne laissa pas de lui témoigner une tendresse et une douceur excessives , en

M. Olier sollicite la grâce de ceux qui avaient été mis en prison à cause de lui,

(1) Espra de HN, Olier, — Vie par M, de Bre= tonvilliers, LE, p. 120, 199,

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