‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 400 sur 489 · XX VE · texte numérisé non relu

XX VE

Réponse de ÂL.

Olcr.

568 PARTIE Il. LIV. IV. PAROISSE. — 1645.

» avait égard aux contradictions , on ne ferait jamais rien pour Dieu. La croix n'est-elle pas l'apauage des œuvres dont il est l'auteur? Elles ne se font jamais sans elle. Jésus-Cnrist n’a pas fondé autrement son Eglise; et il ue faut pas espérer de rien faire pa d’autres voies. Laissons le monde et le diable s’irriter. JÉSüs-Cnrisr, qui les à nutrefois vaincus, Be peut-il pas en triompher encore? Je n'ai embrassé cet emploi que pour sa gloire, je nele quitterai que iorsque je saurai que c'est sa vo-

» lonté (1).» Cependant la Reine ayant entendu dire que l'on

conseillait M. Olier de renoncer à sa eure, voulus d'abord

qu'il la conservàät (2), et donna ordre à saint Vincent de

’aul de terminer le différend entre l’ancien et le nouveau

euré de Saint-Sulpice. Mais malgré son extrême douceur ,

saint Vincent ne put rien gagner sur l'esprit de M. de

Fiesque (3).

L'affaire paraissait désespérée, lorsque M. de Corneillan (4), évèque de Rodez, envoya son neveu, en poste, à Paris, pour proposer à M. Olier d'accepter son siége, dont ilenvoyait la démission en sa faveur. El y avait plus d’un an que ce prélat avait résolu de le choisir pour son successeur, el toutes les cireonstances semblaient se réunir pour déterminer M. Olier à accepter ses offres :

Fopposition générale qu'il rencontrait dans sa paroisse,

les instances de plusieurs de ses amis, invitation d'un évêque qui n'avait en vue que à gloire de Dieu, enfin Fapprobation et même le désir bien prononcé de a Reine régente. Car eelte princesse, dès qu'elle connut le dessein de M. de Corneillan, ne se contenta pas de l’approuver; elle daigna encore témoigner à M. Olier qu'elle désirait beaucoup de le voir aecepter ee siège (5), afin de lui procurer le ealme et le repos, dont il ne paraissait pas qu'il püt jamais jouir dans lc faubourg Saint-Germain. Ses amis redoublèrent alors leurs instances , et lui représentèérent toutes les fatigues qu'il aurait à endurer.

ferait jamais rien auage des œuvres Ljamais sans elle.

L son Eglise; etil uw d’autres voies.

er. JÉSUS-CHRIST, L pas en triompher que pour sa gloire, ai que c'est Sa Voatendu dire que l'on ire, voulut d'abord à saint Vincent de ancien et le nouveau extrême douceur, l'esprit de M. de

‘sque M. de Coron neveu, en posle, ccepter son siège, ur. El y avait plus le choisir pour son semblaient se rettepter ses offres :

t dans sa paroisse, is, Linvitatios d'un ire de Dreu, enfin ononcé de Ha Reine le connut le dessein pas de l'approuver; lier qu'elle désirait ‘ge (5), afin de lui il ne paraissait pas Saint-Gerinain.

istances , et lui re- L'aurait à endurer.

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 569 « Ces fatigues et ces croix, leur répondait-il, seraient, au » contraire, pour moi,un nouveau motif de demeurer at- » taché à cette église. Quand nous considérons JÉsus- » CurisT en croix, abatiit sous le faix de ses souffrances , » couvert de mépris et de confusions, qui ne se peuvent » exprimer, il semble que toutes les nôtres doivent pa- » raître donces et aimables. Si le Fils de Dieu n'avait con” » sidéré que soi, il n'aurait pas embrassé les peines qu’il » a endurées ; mais le désir de la gloire de son Père et du » salut du monde lui à fait oublier ses propres intérêts ; » c'est pourquoi l’Ecriture nous dit que jamais il ne s’est » recherché ni satisfait en rien. Il faut suivre l'exemple » qu'il nous a donné, et chérir les peines qui sont atta- » chées à l'emploi dont il a plu à la bonté divine de nous » charger. Quand on s’y consomme, c’est une mort glo- » rieuse, puisqu'on meurt dans l’accomplissement des » volontés de Dreu sur nous (1). »

Comme les amis de M. Olier lui représentaient , pour ébranler sa résistance , que s’il était placé à la tête d’un diocèse , il procurerait bien plus efficacement la gloire de Dieu que dans une cure, illeur répondit : « Le service » du prochain, ni l'excellence des œuvres, ni même la » vue du fruit que nous pourrions faire dans l'Eglise, ne » doivent point être la règle de notre conduite; mais bien » Ja seule volonté de Dieu, à laquelle nous devons être » attachés uniquement et invariablement. Quand je serais » assuré de faire des miracles, quand je verrais à ma dis- » position le moyen d'entreprendre les plus grandes œu- » vres dans l'Eglise, et la facilité pour y réussir ; quand » même en les faisant, je me rendrais le plus grand de » tous les saints, je ne les entreprendrais jamais qu'au- » ant que ce serait la volonté de Dieu. Et si j'étais cer- » ain de sa volonté , je ne m'y porterais pas dans la vue » de la grandeur de ces œuvres , ou de la gloire du ciel, » qui ne soat pas les règles les plus parfaites de notre 2° part. 37

Olier, par M. de Bretonvilliers, t.

ul. p. 139.

ns

Se

Er

SRE — ee

(1) Esprit de M, Olier, t. 1.

L'abbé de S.

Germain détermine M. Olier à conserver sa cure , et lui accorde sa protection.

(2) Vie, parle père Giry, part.

4re, chap. xv1.

(3) Lettres de D. Tronson, t.

Page 1