‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 402 sur 489 · DR EE · texte numérisé non relu

DR EE

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(1) Esprit de

M, Olier, t. 1x.

(2) Actes de Marreau, notaire à Paris, 4 septembre 1645.

»* serviteurs n'ont jamais plus de joie, que lorsqu'ils en » sacrifient davantage pour son service. À quoi peut-on » mieux employer tout ce qu'on possède, qu’à procurer » Ja gloire d’un si grand Seigneur (1)? » Il souscrivit donc à cet engagement avec sa générosilé accoutumée, dans la persuasion oùilétait, que Dieu voulait consommer l'œuvre du séminaire par le moyen de la cure de Saint-Sulpice. Il trouva de grandes diflicultés à tenir sa promesse ; mais la Providence vint à son secours.

M. de Fiesque, en exigeant dix mille livres de revenus, provenant de bénéfices simples, était si difficile dans le ch: x de ces bénéfices , qu'il paraissait presque impossible de le contenter. Malgré la loyauté que firent paraître MM .Picoté et Houmain, et M. Félix Vialar, évêque deChàlons + (2) , en se dépouillant en sa faveur de divers bénéfices , on ne serait point parvenu à le satisfaire , si M. Barrault, neveu de l'archevêque d’Arles de ce nom, et disciple du père de Condren , n’eût fait un acte de générosité, qui mérite de trouver place dans cette vie. « La Reine, dit » M. du Ferrier, ayant obligé M. Vincent à terminer ce » différend , celui-ci voulut que je l’assistasse. Après avoir » beaucoup travaillé assez inutilement, sans pouvoir con- » tenter M. de Fiesque , je m’avisai de lui dire : Voulez- » vous le prieuré de Saint-Gondon, si on vous le donne’? » Lui, qui connaissait ce bénéfice honorable et riche, situé » sur la Loire, l’accepta aussitôt, et l'affaire fut terminée. » M. Vincent me dit, le voyant satisfait : Mais avons-nous » ce prieuré que vous avez promis? — Il est, dis-je, à » M. Barrault , qui ne me le refusera point ; et ensuite j'al- » Jai le voir pour le disposer ; d’abord il me demanda des » nouvelles de cette affaire. — Elle est, dis-je, comme

+ On lit dans les Remarques historiques sur la paroisse de Saint- Sulpice, que M. l'abbé de Sève se démit aussi d’un bénéfice pour apaiser ce grand différend (1).

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la paroisse de Saintsi d’un bénéfice pour

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 579 » terminée, si vous agréez ce que j'ai avancé. — Vous sa- » vez, répliqua-t-il, comment je suis vos sentiments en » tout. — Cest que j'ai promis votre prieuré de Saint-Gon- » don , pour terminer ce grand désordre : je ne sais ce » que vous en direz ? Il vint se jeter à mon cou,<et, m'em- » brassant , voilà , dit-il, la plus obligeante et la plus véri- » table marque d'amitié que vous m'ayez jamais donnée : » car elle me témoigne que vous me croyez, comme je le » suis parfaitement, votre ami; et sur l'heure il fit sa dé- (A) Mémoires » mission, qui donua autant d’admiration que de joie à tous de M. du Ferrier, » les gens de bien (1) » +. peter Toutes les difficultés étant ainsi aplanies du côté de Pr ns a M. de Fiesque , et l'abbé de Saint-Germain étant tout dis- dation de la soposé à ériger le séminaire en communauté, M. Olier ne te Lo s'occupa plus que des moyens de consommer cette œuvre. Pour ne pas s’écarter des formes ordinaires , il jugea nécessaire , avant tout, de passer avec quelques-uns de ses prêtres, un acte d'association qui servit de base à tout le reste , et qui fit connaître la fin de la société. Il choisit pour cela ceux mêmes qui avaient acquis conjointement avec lui la maison Méliand, MM. de Poussé et Damien ; et, le mercredi 6 septembre, ils signèrent cet acte dans le presbytère , en présence de deux notaires publics, selon l'usage de ce temps. En voici les dispositions principales : Ils y déclarent que , reconnaissant les effets visibles des

+ Outre ce concordat,conclu le 20 juillet 1645, il fallut que,deux ans après, M. Olier en vint à un nouvel accommodement avec M.de Fies-

que; et ce fut alors que M. de Lantages se dépouilla spontanément [1}4ctes deMar- : , St , , A EE + reau, nolaire à de son prieuré de Saint-Simphorien de Romilly, ainsi qu'on le lit dans paris, à septembre 1645. -— 17 juillet 1657, — 2 seplembre 617.

près Saint-Martin-du-Tertre , à sept lieues de Paris (1); et comme qe ONE DV M. de Lantages refusa apparemment un bienfait de cette nature, Mémoires de M. . : Baudrand, p.22.

M. Olier lui assigna une pension sur le prieuré de Clisson, que M. de er FA pi LE : , ; e M. Olier,l.\.

Fiesque lui avait rendu (2). pe 155.

sa Vie. M.Olier, touché de ce désintéressement, lui donna, en dédommagement, la jouissance de sa terre seigneuriale de Fontenelle, située

7h PARTIE II. LIV. IV. PAROISSE. - - 1645.

bénédictions qu'il a plu à la bonté divine de répandre sur le dessein qu'ils ont déjà conçu de l'établissement d'un séminaire , el voyant que, de toutes parts, des personnes signalées en doctrine eten vertu se joignent à eux pour concourir à une si bonne œuvre ; ils ont jugé que si ce séminaire était érigé en corps de communauté, avec toutes les approbations convenables, il augmenterait de jour en jour, et produirait les fruits, que l'Eglise, les conciles, les ordonnances royales , et les assemblées du clergé ont attendu de cette sorte d'établissement : qu’en conséquence, estimant ne devoir pas retarder davantage l'exécution de ce dessein, qui a pour objet la gloire de Dreu et l’honneur de son Eglise, sous la direction et disposition de nosseigneurs les évêques, dans la juridiction desquels se feront de semblables établissements ; après avoir invoqué l'assistance du Saint-Esprit , ils promettent de faire un corps de communauté pour vaquer à toutes les fonctions d’un séminaire , aux termes et selon l’esprit des canons : le tout sous les articles, statuts et réglements qui seroni convenus entre eux, et ceux qui s’uniront à eux pour com-

poser tous ensemble le corps du séminaire. Fls entendent

n'être aucunement à charge à nosseigneurs les évêques,

chapitres, "bbés, dans les diocèse ou juridiction des-

quels ils feront de tels établissements ; mais seulement } te contribuer de leur chef , et par ?es libéralités purement vo: den dan lontaires, de ceux qui désireraient concourir à cette bonne Royaume section œuvre , lorsque le séminaire sera rendu capable d'acqué- He Ga “a rir, À cette fin, ils chargent M. Olier de se pourvoir par de- XXxIL vant l’évêque de Metz, abbé de Saint-Germain, pour

Pt se obtenir de lui l'autorisation du présent concordat ; auprès Ar du Pape, pour en obtenir une bulle de confirmation , et la société et du du Roi Très-Chrétien pour des lettres patentes (1). A deS. L'abbé de Saint-Germain autorisa en effet cette associa- (2) Remarques tion, le 23 octobre 1645, et l'érigea en communauté ecclé-

historiques, 1.1. pa p- 45. 46. siastique (2). « Comme nous désirons de tout notre pou-

e de répandre sur {ablissement d’un 1s, des personnes ignent à Eux pour ont jugé que si ce unauté, Avec tougmenterait de jour glise, les conciles, olées du clergé ont qu’en conséquence, tage l'exécution de > de Dreu et l’hon- 1 et disposition de diction desquels se près avoir invoqué ettent de faire un outes les fonctions esprit des canons :

lements qui seront nt à eux pour comaire. Ils entendent neurs les évêques, ju juridiction desmais seulement \ alités purement vo- ‘ourir à cette bonne u capable d’'acquése pourvoir par deint-Germain, pour concordat ; auprés e confirmation , et patentes (1).

effet cette associacommunauté eccléde tout notre pou-

PERSÉCUTION SUSCITÉE CONTRE M. OLIER. 575 » voir, dit-il dans ses fettres, contribuer au progrès et à » l'avancement d’un si pieux et si louable dessein, espé- » rant que la miséricorde divine y continuera ses grâces » et ses bénédictions , pour le faire réussir à sa gloire, à » l'honneur de son Eglise, à l'édification du public etla con- » Solation des âmes chrétiennes; pleinement informés » d'ailleurs de la vertu , du mérite, et des autres bonnes et » recommandables qualités des sieurs Olier, Raguier (de » Poussé ) et Damien, dont la piété, la doctrine et la vie » exemplaires ne peuvent qu'attirer et convier beaucoup » d’autres personnes, portées du même zèle pour se joindre » avec eux, et concourir à leurs bonnes et saintes inten- » tions : nous, par l'avis de notre conseil, avons approuvé, » loué et ratifié leur association... permettant, à cet effet, » audit sieur abbé et à ses associés de s'établir dans l’em- » placement par eux acquis, d'y construire tous les bâti- » ments convenables pour leur communauté, et d'y avoir » une chapelle. Leur donnant pouvoir de faire entre eux » {ous statuts et réglements, qu'ils jugeront convenables et » nécessaires, pour la direction , la police et la subsistance » deleur communauté... Le tout, néanmoins, sous la con- » duite et supériorité dudit sieur abbé Olicr, duquel, » comme nous avons dit, le grand zèle pour le service de » Dreu, la piété, la doctrine et la capacité nous sont plei- » nement connus; et, après son décès ou sa démission,

(DArchives du Royaume , ibid.

; — Gallia Chris- » pareillement sous la direction et supériorité de celui du tiaur, édit. 1056.

à À ; R pe +. Liv. p. 988.— » séminaire qui sera élu par le corps du même séminaire, nn de 1 4 .,.» . , ) ie » Par:

» à la puralité des voix, dont sera dressé acte en leur 474% de Paris, par Sauval, Lx, » assemblée (1). » p.455.

Enfin la Reine régente, qui avait pris si hautement la XXXHE. léfanse M. Olier dans la sédici E É ps Eettres padéfense de M. Olier dans la sédition , s'empressa , pour lui t&ontes du Roi donner une nouvelle marque de son estime, de joindre qui approuve le NA | À dessein de M.

les lettres patentes du Roi à l'autorisation de l'abbé de Olier.

Saint-Germain, ct de faire jouir le séminaire de Saint- Sulpice de tous les priviléges que la protection du mo-

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