‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 411 sur 489 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

M. OLIER REPREND LA RÉFORME DE SA PAROISSE , IL JETTE | LES FONDEMENTS DE LA NOUVELLE ÉGLISE DE SAINT- SULPICE, ET TRAVAILLE A LA SANCTIFICATION DES GEN- | TILSHOMMES ET DIS GRANDS. |

Après que M. Olier eut été ainsi éprouvé par cette per- I.

! F 1 oannit In n : : ES M.Oliers’ad- | sécution , il reprit la conduite de son troupeau avec un joint de nounouveau zèle; et on vit alors en sa personne la vérité de

veaux!{prètres

= sh . : pour travailler |

la promesse que le Sauveur fait dans | Evangile, d’exalter dans sa parois- |

. . S) ge n ; 14 à N " °° . x r se,

celui qui s’humilie. En récompense des humiliations aux (4) Remarques

quelles il s'était soumis, il fut environné de l'estime et re ti. * : : : - " A4U.— Vie, par

de la vénération universelle de sa paroisse , de ceux même /e père Giry,par- |

: É ; UT / : tie re, ch.xvir.

qui avaient paru le plus envenimés contre lui (1) ; chacun 4e Domi-

le proclama le père des pauvres, l'ami le plus sincère de Fe ibid, p. | ses paroissiens, un saint pasteur tout dévoué au salut de te) : ses ouailles. Le changement qui se fit en sa personne ne | | | fut pas moins admirable, que celui qu'on remarqua dans 1 les esprits : Dizu lui ayant donné un accroissement de À santé et de force, qui le rendit capable du travail le plus l soutenu et le plus pénible, il en profita pour étendre et | | 1 pour perfectionner , dans sa paroisse, le bien qu'il y avaït {!l ; commencé ; il gagna à Notre-Seigneur un grand nombre : de ses habitants, et fit régner la plus solide piété dans | les familles. Ses prédications, dont il reprit alors le cours, {

furent couronnées d’un succès extraordinaire : on eût dit

que Dreu versait sur cette paroisse sa grâce par torrents,

Jamais on n'avait vu un si grand empressement à assister

aux oflices, autant d’ardeur pour entendre la parole de

Dieu , une foule aussi nombreuse autour des tribunaux de 2° part. 3

(1) Remarques historiques, Lx.

p. 628. — Vie, par M. de Bretonvilliers, À. 11, p 1414 1 p.

(2) Lettres au.

de M. Olier, p.

(3)Remarques historiques, t.ur.

(4) Ibid, tu.

(5) Lettres aut. |

de M1. Olier, p.

M.Olier conçoit le dessein de construire une nouvelle église.

(G) Sermon de LaTour duPin,t.

VI in-12, pag, 216. 224. 2925,

la pénitence (1). II fallut augmenter, pour satisfaire le peuple, le nombre des ouvriers évangéliques ; et M. Olier se vit contraint d'inviter plusieurs ecclésiastiques des provinces , à venir prendre part à ses travaux (2). Ses vœux furent promptement exaucés : il reçut dans sa communauté d'excellents prêtres, pleins de zèle, de désintéressement et de ferveur; et, avec leur secours , ilse livra tout entier à la sanctification de sa paroisse. Bientôt l'église ne put contenir la foule du peuple (3) : les jours de fêtes, surtout, l'affluence était si grande, que beaucoup de personnes ne pouvaient même y arriver, el qu'on permit au comte el à là comtesse de Brienne, et à d’autres personnes de quilité, de percer des portes sur la rue pour arriver par ce moyen à leurs chapelles (4). « Vous savez, écrivait M. Olier, » quelle incommodité l’on souffre dans la chapelle de là » sainte Vierge, à cause de sa petitesse; quelles irrévérences s’y commeltent; quelles impatiences et quelles distractions cela cause à ceux qui y communient (5). » Depuis son entrée dans la cure de Saint-Sulpice, il

avait formé le dessein de construire un vaisseau proportionné à l’immense population du faubourg, et qui répondit mieux au bel ordre qu'il avait mis dans les cérémonies, ainsi qu'au nombre de ses ecclésiastiques. Il ne pouvait s'empêcher surtout de déplorer l'indifférence des grands de sa paroisse, qui faisaient construire pour leurs personnes de magnifiques palais, tandis qu'ils laissaient le Fils de Drev dans un édifice sans dignité et près le tomber en ruine (6). Lorsqu'il apprit la mort de Marie de Médicis, femme de Henri IV, qui avait employé des sommes énormes à bâtir le palais du Luxembourg, et négligé le soin de h maison de Dieu, il se sentit porté à satisfaire pour elle en sa qualité de pasteur, « Je priai, dit-il, avec toute » l'instance et l'eflicace dont j'étais capable, ayant été » averti intérieurement qu'elle était redevable à la justice » divine, à cause de ce superbe et vaste bâtiment du

our satisfaire le peuques ; et M. Olier se isiastiques des proaux (2). Ses vœux dans sa communauté désintéressement et e livra tout entier à l'église ne put cons de fêtes, surtout, up de personnes ne ermil au comte et à personnes de quipour arriver par ce z, écrivait M. Olier, ns la chapelle de la sse; quelles irrévépatiences et quelles communient (5). »

le Saint-Sulpice, il in Vaisseau proporjourg, et qui réponans les cérémonics, ques. Il ne pouvait rence des grands de rleurs personnes de tient le Fils de Dreu omber en ruine (6).

e Médicis, femme sommes énormes à oligé le soin de là ÿ à satisfaire pour

, dit-il, avec toute ‘apable, avant été levable à la justice vaste bâtiment du

» Luxembourg +, où elle à fait tant de dépenses super-

» flues, pendant que Notre-Seisueur était si mal logé en sa » paroisse, Sielle eût vouli employer à l'église, les sommes » qu'elle avait destinées à l'achèvement de quelques ailes » de ce palais qui ne sont pas finies, elle eût pu la re- » bâtir, et la mettre dans un état convenable, pour le peu- » ple et pour Dieu. C'est une chose étrange, que les hom- » mes prennent d'aussi grands soins, et fassent tant de » dépenses si excessives pour se loger, eux qui ne sont

» que de chétives créatures et des fumiers ; et qu'ils n'aient (1) WMémotres aut. de M, Olier,

» fices convenables à sa dignité et à sa grandeur (1). » tou p. 552. M. Olier, se croyant, comme pasteur , plus étroitement

obligé que personne, à reconstruire l'église de sa paroisse, (9)Remarques

avait réuni , dès le mois de décembre 1642, ses fabri- ni

ciens (2), pour leur faire goûter ce projet, qui n'était DE ELLE

point nouveau (3), mais qui jusqu'alors n'avait eu aucun

résultat. Au mois de mars suivant ++, après plusieurs pu-

» ni la pensée, ni le mouvement d'élever à Dreu des édi-

+ On sait que Marie de Médicis fit construire à grands frais le (1) Histoire de . Paris, par Féli- Luxembourg sur les dessins de Jacques de Brosses (1) et qu'elle ne bien, tu. p.1297. égligea rien pour lui donner rang parmi les édifices de la capitale les pius somptueux. Il esi placé en effet au premier rang après le Add hisorique deParis, Louvre ; etle Bernin avouait qu'il n'en connaissait pas qui pat lui per Saint-Vicètre préféré (2). M. Olier nous apprend que Marie de Médicis avait | voulu, en le construisant, élever une maison à sa mémoire et à sa persoune ; et ce fut en effet pour cela qu'elle s'efforça de lui faire porter le nom de Palais Médicis. Mais comme les grands après leur mort ne sGnt pas toujours obéis, Gaston de France, due d'Orléans, à qui la Reine sa mère l'avait légué, y fit mettre le sien sur une inscription, et voulut qu'on l'appelât : Palais d'Orléans, Enfin, malgré toutes ces précautions, l'ancienne habitude prévalut, et lon continua de le désigner, comme on fait encore, sous le nom de Luremboury, du due de Pinei-Luxembourg, qui avait acquis, durant le siècle précédent, l'hôtel à la place duquel ce palais fut construit. + Dans les Remarques historiques , la date de cette assemblée est

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