‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 412 sur 489 · et suir · texte numérisé non relu

et suir

(2) Ibid,

(3) Mémoires aut. de M. Olier.

Sage prévoyance de M. Olier. La Reine pose la premnière pierre de la nouvelleéglise.

(4)Remarques historiques, L. T1.

blications faites au prône, il tint, dans la nef de l’église, une assemblée générale de la paroisse, à laquelle se trouva le prince Henri de Condé, et où ce dessein fut adopté d’une voix unanime (1). On chargea Christophe Gamard, célèbre architecte de l'époque, de dresser le plan de là future église; et comme les constructions projetées devaient s'étendre sur le terrein même du cimetière, M. Olier proposa de donner en échange la moitié du jardin qui était à l'usage de sa communauté (2). C'était avant la grande persécution que nous avons décrite, et lorsqu'il avait à essuycer toute sorte d'humiliations. Dans cette circonstance, ilen éprouva une très-mortifiante, dont il ne fait point connaître le détail; mais qu'il indique en ces termes : « Dans l'assemblée générale du 10 mars 1643 , où il s'est » agi du bâtiment de l’église de Saint-Sulpice, il a plà à » Dieu de m'envoyer une humiliation en public, pour me » récompenser des petits soins que j'avais pris : ce qui me » sert d'indice qu'il fera réussir cette affaire, puisqu'il » semble y mettre pour fondement la croix et la contra-

» diction, en la personne de celui qu’il charge de l’exécuter. » Lorsque cette humiliation m'est arrivée, je n'éprouvais » d’autres dispositions dans mon cœur, que de m’élever à » Dieu, en lui disant : Mon tout et mon amour, j'en suis » content. Mais j'ajoutai : O mon tout, ce n'est rien que » cela; cent mille, et cent mille morts souffertes pour là » défense de votre nom, et le service de votre Église , me

» seraient des roses et des délices. Faites en moi votre » volonté : voilà mon corps et mon âme ; tout està vous : » disposez-en comme il vous plaira (3). »

Après cette assemblée, M. Olier réunit encore, le 2 novembre suivant, les notables de la prrnisse, pour accélérer la conclusion d’une entreprise qu'il avait si fort à cœur. Malgré tous les efforts de son zèle, et quoiqu'il eùt ob-\ tenu du Roi, par l'entremise de la Régente, ae partie des picrres nécessaires aux fondements (4) , les choses demeu-

ans la nef de l’église, sse, à laquelle se trouva ce dessein fut adopté a Christophe Gamard, dresser le plan de la ructions projetées dedu cimetière, M. Olier itié du jardin qui était à ut avant la grande peret lorsqu'il avait à esns cette circonstance, , dont il ne fait point dique en ces termes :

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grands troubles que nous avons rapportés, et le jour même |1)remarques

de l'Assomption 1645, il assembla de nouveau ses fabri- 138 BHO M.

ciens pour examiner les plans dressés par Gamard, et il Royale, Baluze,

en choisit un , au dos duquel tous signèrent (1). On peut FAURE

remarquer ici la sage prévoyance du serviteur de Dreu :

considérant que le faubourg Saint-Germain augmentait

chaque jour, il adopta un plan qui donnait à l'édifice pro-

jeté, trois fois plus d’étendue que n'en avait l'ancien , et

qui devait absorber des sommes immenses. Mais quelque

téméraire que pût paraître l'exécution d'un pareil projet,

il ne fut arrêté par aucune considération, pas même par

la difficulté de trouver les fonds nécessaires; car, au lieu

de mesurer la dépense sur les sommes déjà réunies , il la

fixa d'après celles que la charité des paroissiens devait

fournir dans la suite. Telle avait été la conduite de saint

Charles Borromée , lorsqu'il jeta les fondements de la

magnifique église de Notre-Dame de Rho , près de Milan, (2) Vie de S.

« l'expérience lui ayant fait connaître, » remarque son Charles Borro-

historien , « que plusieurs, pour n'avoir pas eu cette pré- on peus

» voyance, avaient fait des fautes irréparables (2). » chap. vis. Lorsque tous les préparatifs eurent été disposés, M. Olier

invita la Reine régente à poser la première pierre du nou-

vel édifice : cérémonie qui eut lieu le mardi 20 février 1646". ‘* NOTE 1.

La Reine vint à l'église, accompagnée de la princesse de

Condé, de la duchesse d’Aiguillon, de la comtesse de

Brienne, des ducs de Guise et d'Uzès, et d'un grand

nombre d'autres personnes de marque. Elle y fur reçue

par M. Alain de Solminihac, alors évêque de Cahors, et

par M. Olier, à la tête du nombreux clergé de sa paroisse.

Jamais spectacle, dans l’ancienne église de Saint-Sulpice ,

n'avait peut-être plus honoré la religion : tant la dignité

de la personne auguste qui fixa tous les regards, et la

modestie qu'elle fit paraitre, imprimèrent le recueillement

el le respect à tous les spectateurs. Après que la Reine eut

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(t)Remarques historiques, tn, p. 145. et suiv.

t. 1, p. 10, 179, —Ms, de la Bibliot, R. supplément, fr, 1287.

fol, 8, verso, — Vie de M. Olier, par M. de Bretonvilliers, €. x.

p. 487, — Dictionnaire de la ville deParis,par Hurtaut et Ma= gny, LAV.p.548.

historiques, tx,

M. Olier ne compte que sur le secours de DIEU pour construire la nouvelle église.

été conduite dans le chœur, et qu'elle eut prié Dre quelque temps, devant le maître autel, elle fut reconduite processionnellement à la porte de l'église , et de là, dans le cimetière, à l'endroit désigné pour l'autel principal de l'édifice projeté. Tout étant disposé pour la cérémonie , l'évêque bénit la première pierre, qui était revtue d'une inscription ; et la princesse la posa et |: maçonna (1). M. Olier lui présenta le plan de l'église : elle l'examina , et désira que l'une des chapelles les plus voisines de celle de la sainte Vierge, füt dédiée sous l'invocation de sainte Anne, sa patronne, et l'autre sous celle de saint Louis, patron du jeune Roi, et elle promit une somme considérable. Le duc d'Orléans, oncle du Roi, retin aussi pour lui une chapelle, et promit de donuer chaque année dix mille livres jusqu'à l’entier achèvement des travaux. Le prince de Condé retint pareillement une ch1pelle ; et cet exemple fut bientôt suivi par plusieurs illustres familles du faubourg Saint-Germain (2).

Mais pour fournir aux frais de ces constructions, extrémement dispendienses, M. Olier ne compta jamais sur la faveur et la protection des grand: ; et il fut confirmé dans cet abandon à la Providence, par un accident singulier, qui fit sur lui limpression la plus profonde et La plus durable, Comme il désirait beaucoup de voir avancer p'omptement la construction de ce nouveau temple, el qu'il aimait à visiter les travaux, lorsque Ja multitude de ses occupations pouvaient le lui permettre , il remarqui que les ouvriers avaient creusé un puits, dont l'eau leur était nécessaire. Ce puits était à fleur de terre et sans mur d'appui : voulant en examiner la profondeur, M. Olier s’approcha du bord , et apercevant un pieu jeté au tra vers, et vers le milieu de ce puits, il mit un pied sur celle pièce de bois, pour s'avancer par ce moyen, et juger de la hauteur de l’eau. Mais à peine y eut-il appuyé le piel, que le pieu, quittant sa place , roula sur lui-même ju: qu

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NOUVELLE ÉGLISE DE SAINT-SULPICE, 591 l'autre bord , tandis que M. Olier demeurait comme suspendu, au grand étonnement de toutes les personnes qui étaient là présentes. Dans un accident si périlleux, et où il était si naturel de ne penser qu'au danger, il ne fit point paraître Ja moindre émotion ; et, au lieu de ces mouvements involontaires dont on ne peut guère se défendre en pareille rencontre, il ne fut occupé intérieurement que de cette pensée : « Ainsi est trompeur l'appui des créatures : » celui qui met son assurance en elles, n’y trouvera que » faiblesse et fragilité, » Cette protection visible de Dieu sembla avoir renouvelé sa confiance, et quoique jusqu'alors il n’eût jamais compté sur les hommes , depuis ce moment, il n’y fit aucune espèce de fond. « Il n'y a que Drew » seul, disait-il, qui puisse faire ses œuvres, qui ait la » puissance de les conserver et de les soutenir ; l’homme (4) Vie de M. » n'est qu'un sable mouvant , sur lequel on ne peut bâtir AU » qu'un édifice ruineux (1) ». nr. p. 10. 11.

Après que M. Olier eut jeté les fondements du chœur Y.

de la nouvelle église, il voulut commencer les construc- RUES tions par la chapelle de la sainte Vierge , comme pour en pendre Fa Ne offrir les prémices à cette auguste Reine, et mettre ces im- guet + re menses travaux sous sa protection. On ne rapportera pas ne ici tout ce que son zèle lui inspira pour accélérer ce grand ouvrage. [l'aurait eu sans doute la consolation d'en élever une partie considérable avant sa mort, sans les troubles politiques dont la capitale fut le théâtre, et qui réduisirent le peuple à la plus affreuse extrémité. Malgré ses soins et son zèle, il ne put qu'achever les murs de la

chapelle de la sainte Vierge, qui, l’annéc de sa mort,étaient (2) liemarg.

| . historiq. À. 1. p.

élevés à la hauteur qu'ils ont maintenant (2). M. Languet 10. 11.16.1498, de Gergy , sixième successeur de M. Olier dans la cure de Saint-Sulpice, eut le bonheur d'y mettre la dernière main. Plein de confiance en Dieu et en la protection des patrons de sa paroisse, il répandit parmi ses paroissiens une estampe, où l'on voyait dans le fond, le chœur

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