‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 414 sur 489 · IL ÉTABLIT LA COMPAGNIE DE LA PASSION · texte numérisé non relu

IL ÉTABLIT LA COMPAGNIE DE LA PASSION

Ce fut cette charité vraiment pastorale qui attira sur le ministère de M. Olier les plus abondantes bénédictions. On vit des magistrats, des seigneurs, des dames de la pius haute qualité, s'appliquer tous les jours à l’oraison mentale , à la lecture spirituelle, et adopter l'usage des exercices les plus édifiants, sans toutefois que les devoirs propres de chaque condition en souffrissent le moindre préjudice , et qu’une dévotion mal entendue donnt lieu de décrier la piété. Il exhorta, avec le même succès, un grand nombre de ses paroissiens à suivre un réglement de vie, qu'il traça pour eux , et leur assigna certaines heures, soit pour de pieuses lectures, soit pour visiter le très-saint Sacrement, soit pour aller assister les pauvres , les malades et les prisonniers. T1 recommandait à tous les maîtres, de veiller fidèlement sur la conduite et sur les mœurs de leurs domestiques, de respecter et de faire respecter, par leur exemple, les lois de l'Eglise, en particulier, celles du jeûne, de l'abstinence, de la sanctification des dimanches et des fêtes; menaçant des plus grands malheurs ceux qui,non contents de les transgresser, les faisaient ou les laissaient tansgresser par les autres. [lexhortait les pères de famille, surtout les riches etles grar :s , à régler leur maison , leur table, leur ameublement, toute leur dépense, en un mot, se- Jon les lois de la modestie chrétienne, etde la sobriété évangélique; à pacifier les différends; à racheter leurs péchés par des aumônes proportionnées à leurs facultés ; à remplir fidèlement et les devoirs communs à tous les chrétiens, et ceux qui etaient propres de leur état; à sanctifier enfin toutes leurs journées par le bon usage d'un temps dont ils devaient rendre un jour à Dieu un compte sévère (1).

Mais pour accréditer hautement la piété, il conçut le projet d’une association composée de gentilshommes, qui, en travaillant à leur propre sanctification, se proposassent de contribuer à celle de toute la noblesse , selon les moyens que Dieu leur en donnerait, comme aussi d'em-

Lespersonnes de condition

embrassent Ja

pratique des exercices de

piété,

(1) Vie Ms. de M, Olier, par M.

Leschassier, p.

29% ,— Vie du méme, par M. de Bretonvilliers.— — Par le père Giru, part, re ch.

XVI — {nn Dominicaine , ibid, p. 424, 4925, — Remarques historiques, L.1,p.40.

Pour autoriser la piété dans le monde, M. Olier établit la compa- «nie de la Pas-

sion.

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pécher le mal et de procurer tout le bien qu'ils pourraient, toutes les fois qu’ils en auraient l'occasion. M. Olier avait reçu de Dieu le don d'inspirer le goût de la vertu, et de faire embrasser les pratiques de la vie chrétienne aux personnes du monde les plus engagées dans le siècle, ou les plus exposées à en prendre l'esprit. Aussi parvint-il a réaliser ce projet , si difficile en apparence; et ,ce qu'il y a de plus étonnant , c’est qu'il composa cette société d’environ cent gentilshommes de la première distinction, la plupart connus par des exploits militaires , et encore engagés dans l'armée ou à la cour. Ils se proposaient « de » faire revivre en eux, par l'union la plus sincère et la * plus cordiale, l'esprit des premiers chrétiens. » A la persuasion de M. Olier , ils pratiquèrent tous de concert les exercices de la retraite, et ils s'engagèrent à faire « une » profession publique, mais discrète , de renoncer aux » maximes du monde , contraires à celles de l'Evangile ; » menant toutefois à l'extérieur une vie commune, chacun » selon ses obligations particulières |, eu égard à son » état, à sa condition et à ses emplois. » [ls convinrent aussi d'honorer, par une dévotion particulière, le mystère de la passion de Notre-Seigneur ; ce qui leur fit prendre le nom de Compagnie de la Passion. Cette dénomination devait les faire ressouvenir d’être toujours prêts à « con- » damner , à l'exemple de JÉsus-Curisr, les maximes du » monde, aux dépens même de leur sang, afin de s'opposer » avec force à tous ceux qui, pour les soutenir, sont si » prompts à répandre le leur.» Ce sont les termes du réglement qui fut dressé à ce dessein, et dont tous les articles, au nombre de trente-six, ne respirent que piété el sagesse.

Un serviteur de Marie, aussi zélé que M. Olier, ne pouvait oublier les intérêts de cette Reine du ciel dans le plan de vie qu'il leur donna. Les membres de la compagnie ne devaient point «faire de voyage, soit à l’armée , soit dans » les provinces , sans aller, en partant de Paris, implorer

u'ils pourraient, 1. M. Olier avait » la vertu, et de chrétienne aux ans le siècle, ou Aussi parvint-il ice; et ,cequ'il y tte société d'ene distinction, la S, et encore enproposaient « de lus sincère eL la iens. » A la pers de concert les nt à faire « une le renoncer aux s de l'Evangile ; mmune, chacun u égard à son » [ls convinrent lière, le mystère leur fit prendre te dénomination s prêts à « conles maximes du afin de s'opposer soutenir, SOL si termes du régletous les articles, piété et sagesse.

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