‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 415 sur 489 · M. OLIER DIRIGE LE BARON DE RENTY · texte numérisé non relu

M. OLIER DIRIGE LE BARON DE RENTY

» son assistance à Notre-Dame. » Ils devaient y aller en-

core à leur retour, pour la remercier des grâces et des fa-

veurs qu'ils en avaient reçues. L'emploi principai et le

plus ordinaire de ces gentilshommes devait être de ne

rien négliger « pour abolir les duels, les blasphèmes et

» les jurements,si communs dans leur profession. » On leur recommandait encore de «fortifier les faibles contre la

» honte qui les empêcherait de se déclarer pour le service

» de Dieu, » surtout dans le commerce de la cour,

et coutre la tyrannie du siècle, qui semblait faire du liber-

tinage uüe nécessité pour vivre et paraître dans le monde.

Les principaux membres de cette compagnie furent le

baron de Renty, le duc de Liancourt , le maréchal de Fa-

bert, le marquis de Fénélon , le vicomte de Montbas, maréchal-de-camp, M. Desgraves, M. d'Alzan, M. de Bour- : donnet , estre-de-camp, M. du Four, M. de Souville, es M. du Clusel (1) de Bretonvilliers.

Celui qui seconda le "SM. Olier, fut le baron de Renty, XI.

dont la vie édifiante à été donnes :: public, et que le doc- de eur Burnet met parmi les plus grands moëèies que là M — France ait fournis en ce siècle (2). Quelques années après pincent de Paul, la mort du père de Condren, son directeur, il se mit sous la ir “ conduite de M. Olier , et eut avec lui, dès ce moment, les

apports les plus intimes. Comme il avait obtenu cette

grâce en faisant intervenir la sœur Marguerite du Saint-Sacrement, religieuse Carmélite de Beaune, dont

nous parlerons dans la suite, il écrivit à M. Olier, après la

mort de cette grande servante de Dreu : « Je ne lui ai pas

» une petite obligation de vous avoir prié de me souffrir.

» Vous le ferez encore pour l'amour de Notre-Seigneur , et

» celui que vous portez à cette sainte àme; et je serai

» à votre égard pénétré de tout le respect que je vous

» dois, où qu'au moins ma faiblesse me permettra de ren-

(3) Auestations aut. touchant M.

» frir alliance de ce pécheur (3). » Quoique M. de Renty Olier, p. 254.

» dre au règne de Dieu en vous. Je vous supplie de souf-

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ne füt point paroissien de Saint-Sulpice , il s'était offert à M. Olier pour travailler, sous sa conduite, à gagner des âmes à Jésus-Cnrisr, et à répandre dans le monde les maximes de la piété chrétienne ”.

| Antoine de Salignac, marquis de la Motte-Fénélon , fut re con- l'un de ceux qui profitèrent le plus de ses conseils et de ses Us pouiz exemples. Celui-ci passait avec raison pour l'un des plus lon, braves militaires de son temps +. Le désir de se distinguer par des entreprises hardies ne l'avait porté que trop

souvent à exposer témérairement sa vie, sans épargner da-

vantage celle de ses soldats. Mais par un fond de religion,

que la dissipation des camps n'avait pu éteindre, il allait en-

lever les blessés sous le feumême des ennemis,les chargeait | sur ses épaules,et les rapportait à la tranchée, pourleur puocurer les derniers sacrements. L'’ambition et une sorte de | fureur pour les duels ternirent toutes ses belles qualités : 1 non content de se battre pour des querelles particulières, f il soutenait que le duel était permis, et il savait donner €

des couleurs si séduisantes à sessophismes,qu'il embarras-

sait sans peine la plupartdes ecclésiastiques qui essayaient le

fl de Le détromper. Dieu se servit de M. Olier pour léclai- ( rer et le convertir. Le marquis de Fénélon ayant en- S tendu parler; de sa vertu et de son zèle, vint le prier de D le prendre sous sa conduite. « Comment pourrai-je me pe | » charger de vous, dit M. Olier, si vous n'êtes dans là À } » résolution de renoncer au duel? — Eh ! quel mal y at-il Y | » donc”? un homme de qualité peut-il souffrir une injure n » sans en tirer raison? — Puisque vous n'en connaissez pas le

» le mal, reprit M. Olier, demandez à Dreu qu'il vous le

+ A l'âge de seize ans, Antoine de Salignac, ayant appris que son

frère ainé avait été emporté par une volée de canon, au siége du Ca-

telet, alla demander sa compagnie à Louis XIE ; et comme le mo-

(1) Vie de ta narque faisait observer qu'il était bien jeune : « Sire, répondit-il, mère Gautrcn, HA'AITE

» j'en aurai plus de temps pour servir Votre Majesté (1). » »

il s'était offert à te, à gagner des

ns te monde les

otte-Fénélon , fut conseils et de ses our l'un des plus sir de se distinit porté que trop sans épargner da- \ fond de religion, eindre, il allait enemis,les char geait hée, pour leur proion et une sorte de ses belles qualités :

elles particulières, et il savait donner 1es,qu'il embarrasques qui essayaient Olier pour léclai- ‘énélon ayant enle, vint le prier de ent pourrai-je me ous n'êtes dans là 1! quel mal y à-t-il souffrir une injure n'en CONNaÎsseZ pas Dieu qu'il vous le

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fajesté (1). ”

CONVERSION DU MARQUIS DE FÉNÉLON. 599 » fasse connaître et promettez-lui qu'après que veus en » serez CON aineu, vous combattrez vous-même le duel,

» et travaillerez à la conversion des duellistes (1). » Il pa-

rut qu'en exigeant cette promesse, M. Olier avait déjà quelque vue surnaturelle de l'avenir. Le marquis de Fénélon la donna avec sa franchise ordinaire ; bientôt il se sentit ébranlé (2). A la fin d’une campagne, il revint tout autre, avec une forte résolution de renoncer publiquement au duel. Non-seulement il y renonça pour luimême ; mais nous verrons, dans la suite, avec quel zèle il seconda M. Olier pour l'extinction de ce fléau (3). Jugeant bien que la carrière militaire était trop dangereuse pour le salut d’un homme aussi prompt etaussi vif, M. Olier lui conseilla de quitter pendant quelques années le service. Le marquis de Fénélon se retira en effet pour un temps, et refusa plusieurs charges importantes dont voulait le gratifier la Reine-mère , qui l'estimait beaucoup , le regardant comme un homme également propre pour la conversation, le cabinet et la guerre,et ses talents militaireslui ayant d'ailleurs mérité l'estime et l'amitié des plus grands capitaines de son temps (4). Hs’attacha entièrement à l'affaire de son salut, et épousa Catherine de Monberon, à cause de sa piété extraordinaire. Etant devenu veuf à l'âge de trentetrois ans, il eut la pensée d'entrer dans l'état ecclésiastique. M. Olier le détourna de ce dessein , persuadé qu'il ne travaillerait pas moins efficacement au bien des àmes, en demeurant dans le monde,qu'il le pourrait faire dans l'Eglise ; le marquis de Fénélon se soumit à sa décision. Il eut toujours l'affection la plus tendre et la plus respectueuse pour M. Olier ,et fut jusqu'à sa mort sincèrement dévoué au séminaire; ce qui à fait dire à l'illustre archevêque de Cambrai, son éiève et son neveu : « Saint-Sulpice où j'ai » été nourri, est une maison que ma famille à toujours » chérie et vénérée , long-temps avant que je fusse au » monde (1). »

(1 Vies Ms.de Grande, LE p.

(2) Vie de la mère Madeleine Gautron, in-12.

> 1689. 1iv. HE. p.

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