FIN DE MARIE ROUSSEAU, MARCHANDE DE PARIS
NOTE 8. — Marie Rousseau persévéra jusqu'à sa mort, dans le genre de vie admirable dont nous avons parlé. « J'ai appris d'elle, » disait M. du Ferrier, beaucoup de choses pour la conduite des » âmes, ct pour découvrir les imposteurs hypocrites ; et quoiqu'il » n'y eût rien d'ordinaire dans sa vie, sa conduite était fort régulière; » je sais par expérience , qu’elle connaissait les choses occultes. Un » jour elle m'avertit qu'une conférence que j'avais préparée, ct mis
» par écrit pour la faire à nos ecclésiastiques, et que personne n'avait
»vue, était trop forte et trop relevée, me marquant de quelle
» sorte je devais l’adoucir. Je puis rendre ce témoignage à sa vertu,
» que j'ai vu en elle une grande humilité et une fidélité exacte à sa
(2)Mémotr. de M, du Ferrier, » Elle a continué jusqu'à la fin : plena operibus bonis (2). » Elle mourut P: 21.
» manière de vivre, n'y ayant jamais reconnu tant soit peu d'intérêt.
en odeur de sainteté, le 4 août 1680 +, dans la communauté des sœurs de l'Instruction chrétienne , qu'elle avait fondée comme on , (3) Remarques
re ; historiques, t. 1.
; elle fut inhumée le 6 du p. 6s.
a vu, et qu'elle gouverna jusqu'à sa mort 5 mème mois, dans un des caveaux de l’église Saint-Sulpice, qui sert
aujourd'hui de sacristie à la chapelle basse, située sous ceile de la (4) dbid. tr. p
sainte Vierge (4. 26.
+ Jailliot in-80, t Y.p. 65. et l’auteur des Remarques his!oriques ont placé la mort de Marie Rousseau au 4 août 1688 ; elle arriva en 1650, — Archives du Royaume, sect. hist. M, 157, fol, 1, verso.
(4, Règles du Tiers-ordre de la pénitence.expliquée par le père Frassen, Re édit, in-12, 1752.
P: 294. elc.
(2) Lettres diversesde".Tron- SON, L. 1H: p. 94,
(3) Règles, elc.
(4) Journal de M, Tronson, fol.
(5) Ibid. f. 139.
(6) Lebeuf, Histoire du diveèse de Paris, t, mi.
(7 Thédtre des antiquités de Paris, iN=4n, 1639, Fe 10%,
Marie Rousseau fut remplacée, quelques années après, par une parente de M. Olier, qui fit revivre, dans la communauté de l'Instruction, les grands exemples de la fondatrice. Ce fut Marie Françoise du Plessis-le-Picard, veuve de M. de Pâris, maitre des comptes. Après la mort de son mari, voulant s'aonner aux exercices de la pénitence , elle alla dans la chapelle de Notre-Dame de Lorette, à Issy, s'y dépouilla de tous les ornements du siècle, et se consacra sans réserve à Marie. Depuis ce moment elle se revêtit sous ses habits d’une rude bure, et n'ayant point la liberté d'entrer en religion, elle voulut y suppléer , en s'obligeant, par vœu, au jeûne et à l'abstinence (1), et probablement aussi en entrant comme elle fit dans la communauté séculière des sœurs de l’Instruction (2). Elle couchait sur des planches, ou sur une simple paillasse , et ses mortiflcations étaient excessives. On a publié une notice très-édifiante sur cette sainte veuve /5). On lit, dans le journal de M. Tronson, que le mardi 44% août 1696, elle vint à Issy, dans la chapelle de Lorette, accompagnée de la supérieure de la communauté du Bon-Pasteur, et qu'elle y offrit, pour la statue de la sainte Vierge, une robe de brocard, et communia à la Messe que célébra pour clle M. de Saint- Anioine (4); qu'au mois de juin de l'année suivante, madame de
pâris et sa mère y portérent encore d'autres ornements (5).