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M. Olier expose à ces gentilshomimes les moyens de se perfectionner au milieu du monde.
(4) Mémoir. de
M. Baudrand, p.
Dans les réunions de ces pieux gentilshommes , il parlait à chacun avec l'affection d'un père et la confiance d'un ani; il répondait à leurs questions, éclaircissait leurs doutes , et inspirait à tous un zèle courageux pour la pratique des maximes de la perfection chrétienne. Un jour qu'il les exhortait à ne considérer jamais que Du en tout, l'un d'eux, prenant la parole, lui dit, que la pratique constante de cette maxime était bien difficile au milieu du commerce du monde, Comme M. Olier eut répondu qu'on pouvait, à l'imitation des premiers chrétiens , vivre dans le monde sans affection pour le monde , le gentilhomme lui objecta que cette conduite était presque impraticable , à cause des exemples et de la conversation des méchants,au milieu desquels on estobligé de demeurer. « C'est » pour cela même, reprit M. Olier, que ceux qui vivent » dans le monde ont plus d'obligation d'être unis à Dre, » afin qu'ils trouvent en lui la pureté et la sainteté, néces- » res aux chrétiens, et qu'étant rendus participants de »* son être divin, toujours parfaitement saint au milieu des + pécheurs , ils ne contractent eux-mêmes aucune tache, » ni aucune souillure , parmi les vices et es impiétés des
méchants. Et d'ailleurs, ajouta-t-il, ce n’est pas la pré- , I
sence du corps qui nous unit au monde , mais bien l'attache et l'affection à ses misérables vanités ; deman-
nctrant, prompt à concevoir , et d’une étendue fort vaste pour les sciences. Les vues que la lumière divine lui communiquait dans : l'oraison, étaient bien d'une autre élevation que celles qu'il avait
» acquises par son travail. I semblait, en l'entendant parler, que ce
n'était plus un homme sur la terre,qui s'enonçât sur les mystères les » plus relevés de notre religion ; mais que c'était un saint Paul dan: » le ciel, où un saint Jean P'Evangéliste dans son désert, Ses con-
ceptious étaient hautes, et il avait le don de les exprimer avec » tant de lumière, de netteté et de grâce, qu'on y reconnaissuil
» quelque chose de plus qu'humain (1). »
tilshommes , il paret la confiance d'un éclaircissait leurs ugeux pour la prahrétienne, Un jour unais que Dev en dit, que la pratique à diflicile au milieu
Olier eut répondu rs chrétiens, vivre » monde , le gentilait presque impratinversation des mée demeurer, « C'est que ceux qui vivent d'être unis à Drrv, la sainteté, nécesdus participants de it saint au milieu des èmes aucune lache, et ies impiétés des ce n'est pas la prénde, mais bien l'at- *s vanités ; deman-
idue fort vaste pour les lui communiquait duns on que celles qu'il avait atendant parler, que ce Gât sur les mystères les tait un saint Paul dans Son désert, Ses conde les exprimer avec
qu'on y reconnaissuit
» dons sans cesse à Dieu qu'il nous en inspire le mé- » pris (D). »
Les princes et les personnes du plus haut rang éprouvèrent aussi le zèle et la charité de ce bon pasteur, La haute opinion de sa sainteté les porta souvent à recourir à ses vonseils; et, dans toutes ces occasions , il s'efforça de leur inspirer les vrais sentiments que le christianisme exige des grands du monde, On voit parmi ses écrits plusieurs lettres adressées à des princesses, où il leur trace les règles de conduite les plus parfaites. Nous ne pouvons entrer ici dans le détail; mais ce ne sera pas nous éloigner de notre but, que de rappeler quelques traits de sa belle instruction à la princesse de Condé, sa pénitente. Après la mort du prince Henri de Bourbon son mari, arrivée le 26 décembre 1646 +, elle désira que M. Olier lui traçât une règle de conduite , qui lui apprit à sanctifier sa condition par Ja pratique parfaite des vertus. Il répondit à ses désirs cn lui envoyant, sur l'usage de la grandeur , une très-ample instruction, qui est une belle exposition des devoirs des princesses chrétiennes, Pour lui faire connaître l'excellence de cette condition, il lui rappelle qu'en créant l'homme, Dieu avait eu dessein d'exprimer en lui une image de sa grandeur ; et qu'après le péché, qui réduisit les enfants d'Adam à une misère extrême , il avait conservé quelque chose de cette première splendeur dans la personne des grands : révélant par eux sa puissance aux yeux grossiers el terrestres, aussi bien que par le spectacle de l'univers; qu'enfin Jrsus-Curisr venant tout réparer, avait sanctifié ces deux états : celui de la misère, commune à Ja plupart des hommes, par sa vie pauvre et souffrante ;
+ Ce prince donna, per son testament , 6,000 livres pour le bâtiment de l'église Saint-Sulpice, Archives du royaume , section historique,
Nécrologe dé Saint-Sulpice. L. 1112. p. 85.
(4) L'Esprit de M, Olier,
XVHEL.
Zile de M.
Olier pour la sanclification de ln princesse
de Condé,
sd MAR inmeté
(1) Lettres spi- 1 celui de la grandeur, par sa vie glorieuse, étant, depuis riluelles de M, , . : e : DE Olier, lettre ce. Sar'ésurrection;le roi des princes et des rois de la tire 1
p.498.499.500. « Je ne suis pas, Madame , lui dit-il, de l'opinion de ceux
» qui, mal fondés sur la parole de Notre-Scigneur, pre-
» tendent que la condition des grands est en abomination
devant Dieu. Ilesi vrai que l'abus d'un état si auguste
eLsi sainten lui-même,devientune abomination aux yeux
de Div, lorsque des hommes osent bien attirer à eux
la gloire et l'honneur, se faire passer pour les dieux de
la terre; el que, comme d’autres Nabuchodonosor , ils
(2) Leure au. ” Youdraient d'un coup de trompette faire fléchir le ge- Pièce détachée, nou à toute créature, et être adorés commes des idoles (2), Dans ce sens, la condition des grands est une abemination; el c'est ainsi qu'Esther parlait de sa couronne, parce qu'elle la partageait avec Assuérus, véritable suppôt du démon, qui se faisait rendre des honneurs divins, et tenait la place d’une idole, dans le temple du monde, Mais à considérer là grandeur en elle-même, surtout depuis qu'elle à été réparée en Jésus-Carisr, je ne trouve rien de plus beau, de plus aimable , ni de plus saint; car si les chrétiens doivent contempler, dans les grands, la grandeur etla royauté de J£sus-Curisr, et lhonorer eu leurs personnes ; les grands doivent être revétus de sainteté, de douceur, de bonté, et de toutes les perfec-
tions de Dreu, donr ils expriment la grandeur par leu
état. Souvenez-vous done, Madame, que vous es sur la terre une participation de la divinité, qui prend plaisir d'habiter en vous, non seulement pour faire paraitre sa majesté aux veux des hommes, mais pour recevoir leurs hommages et les combler de ses bienfaits. Je vous supplie donc de ne jamais rien recevoir qu'au nom de Dire, et pour Dieu que vous représentez; et de vouloir, où contraire,que tout ce qu'on vous offre de respeet passe à » Jui, sans s'arrêter à vous, L'image de Dieu dans le tem- » ple ne reçoit rien pour elle-même, mais seulement pour
icuse, élant, depuis rois de Ta tésie 0 e l'opinion de ceux tre-Scigneur, pré est en abomination l'un état si auguste omination aux Yeux , bien attirer à eux r pour les dieux de abuchodonosor , ils faire fléchir le ge.
mmes des idoles (2), is CSL une abemina- IL de sa couroonc, crus, Véritable suples honneurs divins, e temple du monde, elle-même, surtout ÉSUS-CuRiST, je nc aimable , ni de plus ontempler, dans les ÉSUS-CURIST, et l ho:
doivent étre revétus de toutes les perfecà grandeur par leu *, que vous êies sur té, qui prend plaisir ur faire paraitre sa pour recevoir leurs faits. Je vous supqu'au nom de Dre, ; et de vouloir , 4 : de respect passe à Dieu dans le tem:
fais seulement pour
» Dieu qu'elle figure ; ainsi en doit-il être des honneurs
» Faites-en de même lorsque vous donnez : ne désirez » point qu'on vos regarde dans vos présents ; mais sou- » haitez que Dieu seul soit reconnu comme l'origine de vos dons. Ainsi Dreu fait souvent des miracles par les » images ; mais elles ne prétendent pas qu'on leur en ait » Ja moindre obligation, Au contraire, si elles étaient » douces de sentiment, elles s'estimeraient trop heureuses, » au lieu d'avoir été brûlées, comme un bois commun, » ouappliquées à quelque usage profane, de se voir élevées » À cel honneur, et d'être les instruments par lesquels » Dreu opère des merveilles (2), Quand vous verrez votre » COUF Qui VOUS environne, SOUVENCZ-VOUS Que vous devez » être en eela image de Du , environné de ses anges et de ses saints. Dites souvent à Dau : C'est à cause de
» vous, Seigneur, @t de ce que j'ai de vous , que ce monde » m'honore ; et comme je ne puis sans larcin prendre quel- » que chose de ces Bonneurs, que toute cette cour fasse » hommage à votre grandeur et que votre pauvre créature » S'andantisse (3). Votre train doit être l'image de la ma- » jesté dela gloire de Dreu. faute vouloir en Dreu et pour ,* Daru , étnon en vous-même ni pour la vanité (4). Si vous » aliez visiterle Roïou la Reine, faites-le dansl'intention des » principautés du ciel, qui rendent hommage de leur gran- » deur à fimajesté de Drecu, etle reconnaissent pour souve- » rain, Si vous visitez quelque grandeur inférieure à la vô- » tre, honorez-Y toujours la participation de Ia grandeur » de Dieu, qui désire être honoré en elle ; et lorsque vous » visitez des personnes de moindre condition, allez-y dans » la disposition de Dieu même visitant les petits, et des- » cendant avec bonté, douceur et charité, dans le des-
sein de les aider, de les consoler et de les servir. Rece-
» cevez aders pour Diec Fhonneur qu'ils vous rendront,
* afin que, lui rapportant ce qu'ils ne pensent pas à lui
(1) Lettres spi-
, riluelles, ibid, p.
qu'on vous rend (1). DO D
(2) Ibid. pag.
(5) Ibid. pag.
(4) Ibid. pag
MER D UT RU ie
EE
(t)Leures spi- + donner , vous fassiez votre devoir et le leur tout ensemrüuelles, p.514.
» ble (4). »
EU ai Jamais peut-être personne n'honora plus sincèrement honorer Dieu les grands que ne le fit M. Olier ; jamais aussi on ne vit PARU SINRE plus de vrai zèle pour faire honorer Dieu par les grands du monde. Dans les cérémonies ecclésiastiques, telles que l’adoration de la croix, la distribution des cierges bénits (2) Vies. de VU des rameaux , il régla que tous les membres du clergé A1. Olier, par M. auraient le pas sur les paroissiens, de quelque rang qu'ils de Bretonvilliers. ï; . / D tabs fussent, même sur les princes du sang (2). Tous applauhistoriques, t, 1. dirent à ce réglement, et les princes eux-mêmes furent les pa premiers à l'appuyer de leur suffrage (3). On aurait peine à concevoir le grand ascendant que sa vertu lui donnait sur eux. Un jour que le duc d'Orléans assistait aux vêpres, M. Olier, par un motif que nous ignorons , n'alla point l'encenser, contre la pratique commune, qui déférait cet honneur aux princes. IE se rendit néanmoins chez le duc pour lui porter des excuses ; mais celui-ci, le voyant enter , lui dit avec l'expression de la bienveillance la plus respectueuse : « Je n'ai point de satisfaction à recevoir, » puisque c'est vous, Monsieur, qui en avez usé de la (a dtestattone sorte ; » el, en même temps, il commanda qu'on lui re- TETE cal mil une somme d'argent, en le priant de laccepter pour 77! les pauvres de sa paroisse (4).
PR M, M: Ulier ne souffrait pas que, dans la célébration des Oliet De saints mystères , On Se mit à genoux sur des chaises ou sur MATTER © des bancs. Dans ses prônes, il parlait quelquelois contre
cet usage, qu'il regardait comme une irrévérence : souvent il parcourait en personne toute l'Eglise, pour s'assu-
rer de la modestie des fidèles. I cbhargea même quelques-
(5) Calendrier ; PARLE | RE ; SE historique 1778, UNS de ses prêtres d'examiner, pendant les saints oflices, si P. 55. 56.—Le- os assistants avaient un maintien religieux, et de contenir marques histori- | :
ques, L.1. p.225. dans le devoir ceux qui ne garderaient pas le silence (5°.
Les dames de qualité avaient alors la sotte vanité de faire
porter les longues queues de leurs robes, même dans l'e-
le leur tout ensem-
plus sincèrement ais aussi on ne vil EU par les grands lésiastiques, telles ü des cicrges bénits membres du cleroé juelque rang qu'ils 3 (2). Tous applau- -mêmes furent les 3). On aurait peine à vertu lui donpait ssistail Aux vépres, orons , n'alla point e, qui déférait ces inoins chez le duc i-ci, le voyant enmveillance la plus action à recevoir, nn avez usé de Ja anda qu'on lui rede l'accepter pour
la célébration des des chaises ou sur quelquefois contre irrévérence ; sou glise, pour s'assua même quelqueses saints oflices, si ux, et de contenir pas le silence (5).
He vanité de faire , méme dans l'é-