DES VERTUS
image miraculeuse de xiraordinaire , Pan 155$, rendirent, et y laissérent duc d'Alençon , 1e comte at aussi des présents. Ce
t divers miracles opérés
de témoins , et qui lirent c'est-à-dire des muracls, , par le mot des vertus à is : on la trouve dans le 1. Pensant bien que tons ce récit, cet écrivain | des gens de bien et ji
ajoute-t-il, ne me chant
HN raconte que, dans une grande sécheresse qui désolait le
pays , une jeune fille étant venue , le second mardi du mois de
mai 1538, pour parer de fleurs la statue de la sainte Vierge de
l'église d’Aubervilliers , elle vit cette statue comme toute baignée
de sueur , malgré la chaleur qu’il faisait alors, et que tous les habi-
tants, convoqués au son des cloches , ayant été témoins du prodige , il survint une pluie très-abondante qui fit renaître la joie dans tous les cœurs, et donna lieu à ce concours extraordinaire.
Bien qu’en ce temps il fit une chaleur extrême, Et qu'aux champs tout bràlât , jusqu’aux racines même ; Mais la Vierge eut alors de son cher Fils le don De muer le temps chaud en pluies de saison (1).
(1/Théâtre des anliquilés de Paris. p. 1045.
Cet événement fut le prélude de plusieurs prodiges non moins
extraordinaires , entre autres de la résurrection de deux enfants,
opérée subitement en présence de h statue , et avec un concours
de circonstances si particulières , qu'on ne saurait révoquer en doute
ces miracles , dont l’un donna mème lieu à l'établissement de la
confrérie des Merciers de Paris, qui existait dans cette église,
I eût été difficile d'ajouter à la dévotion que les Parisiens conçurent
depuis pour Notre-Dame-des-Vertus. En 1529 , toutes les paroisses
de eette capitale s’y étant rendues simultanément en pélerinage ,
pour s'opposer aux progrès des nouveaux hérétiques ; l'on porta tant
de torches et de flambeaux à cette procession , que ceux qui étaient 2).
(2) did, 1055,
dans le voisinage de Montlihéry, crurent que Paris était en feu (
108, Pour avoir dans le bourg d'Aubervilliers un elergé nombreux , et satisfaire par ce moyen au concours des pélerins , en donna la cure de ce bourg aux prètres de l'Oratoire. On s’y rendait surtout les jours de fètes et les samedis : le père Jean Garnier, savant Jésuite, y allait, tous les ans, à pied et à jeun ; Madame de Pollalion y venait, de Paris, . (3) Lebeuf, 46,
nu-pieds , en pélerinage , mème l'hiver (5) ; sans parler encore de p. 279. 182.
M. Alain de Solminihac et d'une foule d'autres saints persemnages, Mais personne ; peut-être , n'eut plus de dévotion que M. Olier à
honorer la très-sainte Vierge dans ce lieu. Ge fut à Notre-Dame
des-Vertus qu'il se retira , comme il a été dit, pour consulter DIEU (4) Ci-dessus,p,
avant de commencer l'établissement de Vaugirard (#, et, à son ra
exemple, le séminaire de Saint-Sulpice a toujours eu ce pélerinage en
vénération, M. de Bretonvillicrs commençait ordinairement par là ses
ane Time
(4) M. Bourbon, Vacances (1). On a dit que tous les ans, le mardi de la Pentecôte, le Le Moto HT a séminaire de Saint-Sulpice s’y rendait en corps, en se joignant à là liers, p. 45.49. procession de la paroisse. On partait environ à trois heures qu
matin ; lorsqu'on était arrivé à Notre-Dame-des-Verwus, l'on y
(2) Journal de ; 4 J es ;
M, Tronson. 1677, Chantait la grand'messe, et on revenait ensuite à Paris en procesfol.z1.verso.1619. : i fül: si ART te sion, en s'arrêtant à La Villette et à Saint-Lazare (2). On ignore
ñ 7 a l'origine de cet usage. La paroisse de Saint-Sulpice se rendait en-
PS Eoydr core , en dévotion, à l’église de Saint-Antoine-du-Buisson, au-del} Ms. in-40, p. 10. qu parc de Versailles (3). Mais en 1689 , sous M. Baudrand , quatrième successeur de M. Olier , dans la cure de Saint-Sulpice, on supprima ces deux processions , à cause de quelques abus qui s'y étaient introduits. Le pélerinage de Sainte-Antoine-du-Buisson fut transféré, à ce qu'il paraît , au petit Saint-Antoine, rue Saint-Antoine, sp eRenes à Paris ; et celui de Notre-Dame-des-Vertus , d'abord au Val-de- PE rat por Grâce (4), puis à Notre-Dame-de-Paris, jusqu’en 1750, où cette pra- P- 101. tique fut entièrement supprimée (5). La cessation de cet usage ne diminua point la dévotion du séminaire de Saint-Sulpice pour Notre- Dame-des-Vertus ; et encore aujourd'hui plusieurs ecclésiastiques
de cette maison s’y rendent en pélerinage pendant les vacances. SUR LA SECTE DES BLLUMINÉS.
NOTE 10. — Les principaux de ces fanatiques, qui périrent par la main du bourreau, furent Simon Morin , Lagrange , et le baron de Beausoleil. M. Olier , dans une de ses lettres , parle en ces termes d'un religieux qui était venu à Paris pour y répandre ces détestables erreurs. : Quant à ce pauvre homme que vous m'adressâtes , il v à » quelque temps , il ne le faut pas nommer bon pauvre , car il s'est » trouvé très-méchant. C'estun Capuein apostat , illuminé , qui à » semé en cette ville des abominations les plus horribles de l'enfer : » jusque-là qu'en étant averti, on me demanda deux personnes de
notre maison, pour Ôtre témoins de sa doctrine ; et ceux-ci, s'étant
» cachés sous une tapisserie , l'entendirent proférer les blasphémes » les plus effroyables contre la pureté de la sainte Vierge, qui aient
jamais été ouïs. J'en eus mauvais augure à son abord, ne lui voyant
point de profession ni d'emploi ordinaire , el n'ayant que des pa-
» roles en bouche , sans recueillement , sans simplicité, et sans hu- (G Lettres aut.
de M. @ier, p. » miliation ni obéissance (6).
FIN DU PREMIER VOLUME