‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 5 sur 489 · PL · texte numérisé non relu

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xviij PRÉFACE.

Ainsi, après plus de seize siècles, l'Eglise Gallicane paraît encore aussi illustre et aussi féconde en saints, de tous les ordres et de tous les rangs, qu’elle l’avait été dans son premier âge.

Mais cet élan universel se serait bientôt ralenti, et auraitété presque sans résultat, s’il n’avait eu pour principe la sanctification du clergé, essentiellement chargé d’entretenir la communication de la vie dans tout le corps de l’Église. Pour ce dessein, Dieu fait naître, dans le clergé même, diverses sociétés de prêtres, destinés à travailler, par les séminaires , à la formation et à la sanctification de l’ordre sacerdotal : la congrégation de l’Oratoire et les autres sorties de celle-ci, ou du moins dont les fondateurs furent disciples des premiers pères de l’Oratoire, savoir, la congrégation de la Mission, celle du père Eudes, la société de Saint-Nicolas du Chardonnet, et celle de Saint-Sulpice , la seule qui doit nous occuper ici, et à laquelle M. Olier donna naissance.

Dès que ce digne ouvrier de la vigne du Seigneur connut les desseins de la Providence sur lui, on le vit s’employer, avec un zèle infatigable , à établir partout des séminaires, n’épargnant, pour les multiplier, ni travaux personnels, ni dépenses

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PRÉFACE. xix

de ses propres biens, ni sacrifices des meilleurs sujets de sa compagnie, travaillant sans cesse, lui et les siens, à former Jésus: Christ dans les âmes des jeunes clercs, à les enfanter à la vie sacerdotale, et à relever, soutenir ou perfectionner les prêtres dans les voies de la sainteté, où l’éminente dignité de leur caractère les oblige de marcher constamment. À peine a-t-il institué son premier séminaire, qu’on y voit accourir, de tous les points du royaume, de nombreux disciples pour se former sous Sa conduite aux fonctions et aux vertus de leur saint état, ou pour participer à son esprit de zèle envers les jeunes clercs, en devenant ses imitateurs dans les provinces. Grand nombre de prélats désirent, comme à l’envi, des sujets formés de sa ain , pour commencer leurs séminaires ; ét enfin , jugeant de l’œuvre par les fruits de bénédiction qu’elle produit de toutes Parts, une assemblée générale du clergé loue hautement les desseins de M. Olier , äpplaudit à son zèle, et lui donne la plus &uthentique et la plus honorable approbation (1). Aussi, unemultituded’écrivains, de tous les ordres et de toutes les sociétés, ont-ils célébré unanimement ses vertus et sës travaux. Bénédictins, Chanoines régu-

‘ liers, Dominicains, Franciscains, Minimes,

(1) Projet de l'établissement d'un séminaire

dans un diocèse, in-40. 1651, 4verlissement, — Lettres aut. de M.

Olier,p.1 etsuiv.

(1) Vie de S.

Vincent de Paul, par Collet, 1. v.

liv. at. p. 189.

Vues générales surM.Olier; ses dons de natureetdegrâce.

XX PRÉFACE

Jésuites, prêtres de l’Oratoire, dela Mission et autres, l’appellent à l’envi l’ornement du clergé, un homme au-dessus de tout éloge, par son zèle pour le rétablissement de la discipline, un prêtre qui a possédé dans le plus haut degré l'esprit de Jésus-Christ, un nouvel Elie, un homme apostolique, éminent en science , en grâce et en sainteté ; un personnage si connu, si respecté dans toute l'Eglise , que son nom seul rappelle l’idée d’un des plus dignes prêtres qui aient jamais été (1) ; et, pour tout dire en un mot , l’assemblée générale des évêques écrivant, en 1750, au pape Clément XÏF, ne craint pas d'appeler M. Olier, dans le bel éloge qu’elle en fait, l’ornement et la gloire insigne du clergé de France.

Mais, pour préparer l'esprit du lecteur à l'exposition des faits qui feront la matière de cet ouvrage , et lui donner lieu de remarquer plus aisément la convenance des moyens que Dieu ménagea par sa providence , et leur proportion avec la vocation spéciale de M. Olier , ilne sera pas hors de propos de faire entrevoir déjà les dons de grâce et de nature dont ce saint prêtre fut pourvu, et de donner ici une légère esquisse et une vue générale de sa personne.

Il appartint , par sa naissance, à l’une des premières classes de la société, à la

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PRÉFACE, XX

haute magistrature du royaume ; avantage, il est vrai, qui ne donne pas toujours l'élévation de l’esprit, ni la noblesse des sentiments, mais qui sert à développer ces dispositions dans ceux qui en ont recu les heureux germes. La pénétration , la fécondité, la vivacité, l'élévation de son esprit, paraissent assez par ses ouvrages; l’on en verra, d’ailleurs, mille preuves dans cette Vie. Les qualités de son cœur sont encore plus remarquables : la noblesse, la générosité , le courage , joints à la bonté et à une sensibilité pleine de tendresse pour les maux d'autrui, semblent être ses caractères distinctifs. Il est vrai que son naturel impétueux causa, dans son enfance, bien des inquiétudes à la piété de ses parents; mais la grâce corrigea , et tourna même en autant de précieuses qualités, ce qu’il y avait d’excessif dans ces premières ardeurs de

‘son âme. Dieule prévint surtout, dansl’ordre

surnaturel, des plus précieuses faveurs : il lui donna un grand fouds de religion, avec une tendre et ardente dévotion envers le très-saint Sacrement de l’autel, et envers

la très-sainte Vierge : dispositions les plus

essentielles dans les prêtres, et dont il sembla remplir abondamment son serviteur , afiu qu’il pât un jour verser , en quelque sorte , de sa plénitude dans

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Xxi) PRÉFACE:

les âmes des clercs qu'il aurait à former.

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