‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 7 sur 489 · XXIV PRÉFACE · texte numérisé non relu

XXIV PRÉFACE

nistère , des moyens à employer pour les surmonter, et surtout des dispositions nécessaires pour les remplir saintement ; en un mot, qu'il soit lui-même un modèle de toutes les vertus sacerdotales et la forme d’un véritable prêtre de Jésus-Cnnisr. Aussi verra-t-0n, dans M. Olier, un abbé commendataire vraiment digne de ce nom, s'appliquant avec un zèle constant à la réforme de ses religieux ; et, quoiqu'il y ait eu peu de succès, tenant ferme contre les obstacles, et épuisant toutes les ressources de la charité, sans jamais se laisser abattre par la malice et l’obstination des cœurs les plus endurcis. On le verra, missionnaire infatigable, parcourir pendant plusieurs années les lieux les plus pauvres et les plus abandonnés, rompre le pain de la parole et des sacrements aux ignorants et aux hommes simples , que tant de prêtres. livrés aux vanités du monde, laissaient misérablement périr. Devenu curé de la paroisse la plus vaste et la plus déréglée qui fût alors, il donnera l’exemple d’une rare intelligence dans la distribution des secours spirituels à tout son troupeau, d’une vigilance parfaite sur les besoins de toutes ses ouailles, et sur les dangers qui les menacent , d’un désintéressement et d’une générosité toujours disposée à de nouveaux

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PRÉFACE. XXV sacrifices, tant qu’il y a des misères à soulager ; enfin, d’un zèle sans bornes, qui le porte à faire le vœu singulier de servitude envers Jésus-Christ et ses membres, en sorte qu'ilest en effet, et à Ja lettre, le serviteur de chaque âme qui a recours à sa charité.

Ajoutons encore que, pour achever de le perfectionner dans la solide vertu , Dreu le fit passer par des peines étranges, qu'il n’envoie qu’à quelques âmes appelées à recevoir les plus hautes communications de la grâce. Le récit de ces épreuves pourrait étonner les personnes peu versées dans la connaissance des voies intérieures. Il est néanmoins comme le point capital et en quelque sorte la clef de toute la vie de M. Olier. Ce fut en effet par ces terribles épreuves que Drau détruisit en lui toute attache aux créatures, tout appui sur luimême , toute recherche de l'estime des bommes, et le délivra ainsi dela corruption de l’amour-propre, pour régner seul en li; ct alors l'Esprit divin, ne trouvant plus en quelque sorte d'obstacles dans cette âme, la posséda pleinement, et se commupiqua à elle avec une plénitude de lumières et de grâces diverses, dont on voit peu d'exemples.

# Ceux qui ont lu les histoires des saints, elles surtout des instituteurs d'ordres , ou

M. Olier est prévenu de faveurs extraordinaires. Ob servation importante à cet égard,

(1)Bened.XIV.

De servorum Dei Beatif, etc. lib.

ai. Cap.52.n.5.

xxv) PRÉFACE.

de sociétés dans l'Eglise, ne seront pas surpris que M. Olier ait reçu, comme la plupart d’entre eux, des grâces et des faveurs extraordinaires (1). Il v aurait assurément de la faiblesse à admettre aisément toute espèce de révélations ; mais ce serait se rapprocher trop de l’impiété et de l’irréligion du siècle,que dene croire à aucune, par cela seul que ces sortes de faveurs sor.

tent de l’ordre commun. C’est la remarque d’un grave et pieux auteur, le père Saint- Jure, que nous laisserons parler ici. « Il » ne faut point, dit-il, mesurer les bontés » de Dieu à notre raison, ou à notre cœur » petit et retréci. Les pères, quoique sages, » sérieux et âgés, jouent quelquefois et bé.

» gayent avec leurs enfants. L’un d’eux, » très-grand personnage, capitaine re- » nommé, et qui fut Agésilas, roi de Sparte, » ayant été surpris par un de ses amis, » comme il courait sur un bâton avec un » petit enfant qu’il avait, et remarquant » que cet ami était étonné de lui voir faire » uue telle aciion, il lui demanda s’il avait » des enfants : l’autre répondant que non; » Ne vous étonnez donc pas de ce que je fais, » lui dit Agésilas; él faut être pére pour avoir » de parcilles tendresses, et venir à ces oublis » de soi-même. On ne doit donc pas trouver » étrange, conclut cet auteur, si Dauu, le

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PRÉFACE. XXVij

» vrai père des hommes, a des bontés si aimables et des douceurs si charmantes » pour les saints, qui sont ses plus chers en- » fants : et, pour juger de la vérité des té- » moignages qu'il leur en donne, il fau- » drait avoir l’amour même dont il les » prévient. Après les mystères de l’Incar- » nation et de l’Eucharistie, après ce que » Diva fait pour l’hommedansle premier, » et ce qu'il fait encore tous les jours dans » le second, et dont nous ne pouvons dou- » ter, iln'y a rien d’incroyable en fait de » grâce. Dans une seulecommunion, Notre- » Seigneur témoigne plus d'amour à un » homme imparfait, et se communique à » lui avec plus de merveilles, qu'il n’en a

» fait paraître à tous les saints, dans toutes & Rey, par le

» les communications extraordinaires (1).»

À ces réflexions si judicieuses , nous pourrions ajouter que l’apparition de la mère Agnès de Langeac à M. Olier, ayant déjà été discutée à Rome, et démontrée indubitable , cette faveur, la plus étonnante de celles qu'il a reçues, est un fort préjugé de la vérité des autres Mais, sans entrer ici dans une discussion qui nous conduirait trop loin, il suffira de rappeler une observation qu’on a déjà faite, au sujet des visions de sainte Thérèse : dans le récit de ces sortes de grâces, il peut s'élever deux doutes, premiè-

père Saint-Jure.

Conclusion.

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DUREE Dane ES

XxVi) PRÉFACE.

rement , si la personne qui les rapporte est » lit sincère, et ensuite si elle n'est point abu- » bl sée par son imagination. Or ceux qui exami- » J’e seront sans préventionlesécrits de M. Olier, » tÔ seront d’abord pleinement convaincus de » jo son entière sincérité; et, quant à ce qui » au regarde la réalité de ces grâces, il leur sera » qu difficile de se persuader que de pures ima- L’éd ginations missent Îles âmes dans un état comi aussi saint , et aussi divin que celui où nous faisa le verrons élevé, et surtout que des illu- Cefr sions eussent eu un accomplissement si la nc précis, et des résultats si exactement véri- M. «( liés par l'événement : comme il est arrivé cons de plusieurs visions de M. Olier, que nous avan

rapporterons dans la suite, et qui sont essentiellement liées à sa vocation.

ÊTES En publiant cet ouvrage, nousne pouvons . de M. Olier pue nous dispenser de parler des Vies du servi- su Piésjusqui. teur de Dieu qui ont déjà paru, et d'indiquer st

au lecteur les sources où nous avons puist conte nous-même. Malgré l'éclat que la vertu du à Amien fondateur deS. Sulpice avait jeté dans son Dominice siècle, le souvenir deses actions s’affaiblitin- Bit à la sensiblement, sans doute par le peu de soin ue Fago que l’on eut de les faire connaître ; car ce . ne fut guère que trente ans après sa mort Fee que parut la première notice sur sa vie, noiice su encore ne forme-t.elle qu’un vol'ime in-18, dans cel

d'environ 150 pages. « Il y a iong-temps, ment M.

porte est oint abuui exami- M.Olier, aiucus de à ce qui leur sera ures imas un état ui où nous e des illusement si ment vériest arrivé que nous t qui sont on.

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PRÉFACE. XXix

» lit-on dans l’Avis au lecteur, que le pu- » blic soupire après la Vie de M. Olier :

» l’assiduité de ses enfants à travailler plu- » tôt qu’à écrire, nous a caché jusqu’à ce » jour ce précieux trésor; nous le devons » au R. P. Giry, provincial des Minimes, » qui l’a mis à la fin de la Wie des Saints. » L'éditeur ne produisit cet abrégé, que comme un échantillon de la pièce entière, qu’il faisait espérer de voir bientôt paraître.

Ce fut néanmoins, pendant près de 140 ans, la notice la plus somplète qu’on eût sur M. Olier. Une autre Vie beaucoup plus considérable a été composée peu de temps avant la révolution, par M. Nagot +, mort

+ M. Nagot assure cependant dans sa Préface (1) , qu'un religieux de l'ordre deS. Dominique publia en 1657 une petite Vie de M. Olier de 30 pages in-40. Il parle de celle que composa le père de S. Vincent, et qui parut pour la première fois, non en 1657, mais en 1702, à Amiens, dans la première partie du mois de septembre de l’Anncée Dominicaine. On en a détaché quelques exemplaires ; et comme on y

lit à la marge la date 1657, qui est l'année où M. Olier mourut ,

: M. Nagot a cru par mégarde, que la notice avait été publiée cette an-

née même. La Vie écrite par ce dernier est tirée presque dans son entier de celle que M. de Bretonvilliers avait composée ; on y retrouve aussi quelques fragments du Mémoire de M. Baudrand, et de la noiice sur M. Olicr par Grandet. Comme nous nous sommes attachés dans celle-ci aux pièces originales , nous n'avons cité que rare-

ment M. Nagot. Nous n'avons pourtant pas fait difficulté d'emprunter

(1) P. vi.

Matériaux de

cette nouvelle vie.

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