‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 72 sur 489 · VOYAGE A ROME · texte numérisé non relu

VOYAGE A ROME

» sainte âme ; et Dieu n'a obligé plusieurs fois, devant » que de la connaitre , de dire tout haut à nos Messieurs : » Il y a quelque personne qui est la cause de ma » conversion, La sainte Vierge , sous la protection de » laquelle j'étais né , travaillait de toute part , et mettait » en prières toutes ses servantes particulières pour » ce sujet. Je commençai donc de naître alors à Drew, » par désir et par affection légère , sans pourtant quitter » tout-à-fait le péché. J'avais peine à aimer le monde, » el ne pouvais y trouver de divertissement véritable ; » mais toutefois je retombais toujours , malgré tous les » attraits de Dieu , ses sollicitations perpétuelles , les pu- »nitions journalières que je sentais après mes fautes , et » la fréquentation des sicrements , jusqu’au temps que | » j'allai à Notre-Dame de Lorette , où je fus entièrement ne » conçu à la grâce (1), » ps°4080000 IL était dans ces dispositions lorsqu'il résolut d’en- ne treprendre le voyage d'Italie , dessein qui vint assuré à ol ment de Du, comme la suite le fit voir , mais qui ne langue hébraïparut être inspiré à M. Olier que par le désir d’une gloire T°: mondaine. Passionné alors pour les sciences , il ambitionnait de s’y faire un nom. La connaissance de la langue grecque n'était rien à ses yeux , il aspirail à un genre de mérite qui le distinguât de la foule , et il conçut le dessein d'apprendre lhébreu , pour soutenir en Sorbonne quel-

À a L , x (2) Atestations qu'une de ses thèses en cette langue. Ce fut le motif qui le 44 souchant M. déternina à aller à Rome (2), pensant qu'il trouverait 2%, p.199. d'habiles maîtres dans cette capitale, et qu'il s'appliquerail (5)16.—l'Ann. avec plus de liberté à l'étude , en s'éloignant ainsi de ses D or Lo amis. Déjà, depuis trois ans, il fréquentait assidûment la HS Ho Sorbonne ; il avait même soutenu l’acte de tentative, et pris de M. Olier par le degré de bachelier (5). Ayant donc résolu ce voyage . ti que son père approuva volontiers, il se vit obligé d'interrompre ses études. Grand nombre de docteurs ne le virent partir qu'avec peine , persuadés qu'il aurait pu soutenir un

Ed Dre 6 Ta s

(1) Mém. aut.

2h PARTIE 1. LIV. 1. — 1630.

jour par ses grands talents la réputation de l'université. « Un de mes maîtres , écrivait-il dans la suite , et qui est « maintenant professeur en Sorbonne , m'a toujours té- « moigné ses regrets que je n’aie pas poursuivi ma « licence, C’est pareillement ce que m'ont témoigné quan- « tité de personnes , qui, ptr mon premier acte de tenta- « Live ,avaient conçu quelque espérance de moi , quoique « je n’y eusse pas bien fait ; comme aussi à cause qu'ils « m'avaient vu soutenir en philosophie des thèses en

de M. Olier. Lx. « grec , lesquels actes je ne fis jamais qu'à force de

XVIIT.

En arrivant à

« prières (1). »

C'était une conduite bien miséricordieuse sur M. Olier ,

Rome M. Olier Que celte attention de la providence à ne le laisser user de est menacé de ses talents et de ses dons naturels,qu'autant qu'il recourait

perdre la vue.

à celui qui en est la source , et à ne lui permettre de satisfaire sa vanité qu'après lui avoir fait confesser son néant. Ce ne fut pas une moindre faveur du ciel que le dessein qu'il forma du voyage de Rome. Il y allait dans l'intention d'acquérir la science qui enfle , et Dreul'y conduisit comme saint Paul à Damas, pour l’abattre, le terrasser, et en faire un vase d'élection. Il ne permit point que M. Olier se procurât des connaissances et des protections parmi les grands , ni qu'il fréquentàt les savants et les curieux que le goût des arts y attire de toutes les parties de l’Europe. Il y était venu pour y apprendre la langue hébraïque , et Drevu voulut qu'il éprouvât, en arrivant, un affaiblissement des yeux , qui lui interdit tout-à-fait cette étude, et qui lui

ñ 0 LU] h n D LU NS N , oo € U (2) Vie Ms. de fit même craindre de perdre entièrement l'usage de la vue. M. Olier, par Les médecins ne négligérent rien pour le rétablir ; mais

M. de Bretonvil-

liers.t. 1. p. 4 toutes les ressources de leur art furent employées inntile-

et 5. — La Vie du même, par

ment, Dreu lui en réservant une plus efficace dans la pro-

le père Giry. 4re tection de la très-sainte Vierge. Il inspira donc à M. Olier

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