‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 73 sur 489 · partie, ch.3. p · texte numérisé non relu

partie, ch.3. p

1 el suiv.

de faire vœu d'aller en pélerinage à Lorette (2) , lieu où, selon une tradition incontestable, se trouve Ia maison dans laquelle s’est opéré le mystère de l'Incarnation , et qui est

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PÉLERINAGE A LORETTE, 25 célèbre dans tout le monde chrétien par des miracles sans nombre. *

Ce fuu vers la fin du mois de mai 1630 qu'ilse miten che-

M. Olicr va à

win, au fort des chaleurs du pays. Il se couvrit d'un habit pied de Rome

d'hiver , par esprit de pénitence ; et commença son

à Lorctte.

(4) Mem. au.

pélerinage à pied (1). Un voyage de cinquante lieues de M. Olier. tx. je Sen MES . 194.

pour un homme de sa condition , et déjà affaibli par LS,

les remèdes , était plus qu’il n’en fallait pour l’épuiser dès les premières journées ; néanmoins sesentretiensavec Dreu et Marie le soutenaient et le soulageaient, jusqu'à lui fâire oublier la fatigue du corps. Tantôt il récitait le chapelet ; tantôtil se délassait en composant, à la louange de la Reine du ciel, de touchants et pieux cantiques. Mais lorsqu'il ne lui restait plus qu'une journée de chemin à faire, il fut attaqué d’une violente fièvre, occasionnée par la fatigue,et qui le contraignit de s'arrêter, comme si Dreu eût voulu d’abord le réduire à cet état pour lui faire éprouver plus sensiblement le pouvoir de sa sainte mère. Délivré d’un premier accès , il crut retrouver toutes ses forces dans le désir qui le pressait d'arriver au terme de son voyage ; elles ne répondirent point à son ardeur : il ne put s’y rendre qu’en se ainant pour ainsi dire sur la route, tant il se trouva af-

(2) Vie Ms. de

M. Olier, par M, de Bretonvilliers,

faibli dès la première lieue (2). Cependant plus il appro- t: 1 p.28, 29.

chait du saint lieu , plus il goûtait de consolations intérieures ; el ces grâces sensibles, augmentant sa confiance en Marie, lui faisaient croire qu’elle agréait ce pélerinage , et les fatigues qu'il endurait pour lui plaire. Dès qu'il apercut de loin l'église de Lorette, il éprouva tout-à-coup les impressions les plus tendres, el tout ce que Pamour peut exciter de plus vives émotions. « Je sentis alors mon cœur,

(5) Hein, ant,

» dit-il, comme blessé d’un coup de flèche, ce qui me rem- 4:11. Olier, La.

» plit tout du saint amour de Marie (3). »

Aussitôt qu'il fut arrivé à la ville, ceux qui l'accompagnaient s'empressèrent d'appeler un médecin ; mais il leur témoigna, de son côté, une si vive impatience d'aller se

À Lorette , M. Olicr est tout changé.

prosterner aux pieds de l'image miraculeuse de la trèssainte Vierge, qu'ils n'osèrent y mettre obstacle. El s’y transporta donc peu de moments après, et c'était là que Dieu lui avait préparé le remède qui devait opérer la guérison de son corps et l'entière conversion de son âme. Une femme possédée du malin esprit, qu'il rencontra en se rendant à l’église, lui adressa des paroles qui l’étonaèrent. Quoique je n’eusse point de soutane, dit-il, et que jamais elle ne m’eût vu, m'appelant par le nom de ma condition, elle me dit en italien : Abbé français , si tu ne te conver- Lis pour vivre en homme de Dieu, attends d'étranges

comme toute inondée de consolations intérieures. « En

traitements. »

Dès que M. Olier eût mis le pied dans la grande église, au milieu de laquelle s'élève la sainte maison , « car je n'o- » sais pas, dit-il, entrer ce jour-là même dans cette cha- » pelle, n'ayant pas été à confesse ; » son âme se sentit

entrant dans l’église , ajoute-t-il, je fus touché vivement jusqu’à verser des larmes en abondance. Je fus tellement attendri par les caresses de la très-sainte Vierge, et je ressentis des secours si puissants, qu'il fallut me rendre à mon Sauveur qui me poursuivait depuis un si long-temps. Je me trouvai si puissamment touché , et je sentis des mouvements si vifs,que,tout baigné de larmes, je demandai avec instance à la très-sainte Vierge , qu'elle m'obtint la mort quand elle prévoirait que je devrais tomber dans mes péchés passés , dans lesquels, grâce à Dreu, je ne suis point retombé depuis. Mon Dieu ! qu'ils sont utiles aux pécheurs , les lieux dédiés à la piété de la très-sainte Vierge. Ce fut le coup le plus puissant de ma conversion ; et, comme cette admirable princesse fait plus de bien qu'on n'en demande , au lieu de la guérison des yeux du corps que je lui demandais , elle me donna celle des yeux de l'âme qui m'était bien plus nécessaire,sans que je le connüsse toutefois. Je

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