VUE
M. Olier ne mit cepenc .:t point de bornes à sa ferveur, M.Oilier baise
, ’ : . les phies et malgré la douceur et les ménagements dont il usait pour Jes ulevres des ne pas trop aigrir ses proches. Ce même attrait fort et Pauvres. puissant , qui l'avait porté à instruire publiquement les (2) Mémoires pauvres , l'obligea , comme il s'exprime lui-même , à des rép pi actes plus héroïques encore , à baiser leurs pieds et même Aée Dominileurs plaies les plus horribles (2). Les victoires de ce genre dial vis qu’il a remportées sur lui-même sont la preuve la plus décisive de la grandeur de son courage, et l’un des plus beaux triomphes de sa foi. Après que la religion a publié partout les traits semblables d'un père Claver et de l’illustre apôtre des Indes, nous ne pensons pas devoir dérober à l'éditication publique les actes de ce genre d’héroïsme que présente la vie de M. Olier , ni que la délicatesse ces lecteurs chrétiens se refuse à en entendre le récit. Pressé par cet attraitintérieur, M. Olier, après avoir catéchisé ies pauvres dans les rues de Paris, leur baisait ensuite les pieds par respect. S'ils avaient quelque plaie, il leur demandait (3) Vie Ms. de
comme une grâce la permission de la baiser ; ei, étouffant y. Olier, par M. de Bretonvilliers, LE, p. 54 — gnait pas de coller ses lèvres sur des ulcères dont la vue Vie Fa 1. ni PE . par le pere Gtry.
seule faisait horreur aux passants. Une personne qui l’ac- part. 1. eh. 1v. . ie 1 : ‘ Tor — Remarqg. hiscompagnail à compté jusqu à seize occasions différentes , CON.
dit M. de Bretonvilliers (3), où elle l’a vu baiser ainsi les 559:
alors les plus fortes répugnaices de la nature , il ne crai-
plaies les plus infectes, et coller sa bouche avec tant de tendresse et de complaisance sur la pourriture même qui en découlait , qu'il en avait ensuite le visage tout couvert. Traversant un jeur le pont de l'Hôtel-Dieu , il aperçut un pauvre par terre, qui avait une plaie dont les passants ne pouvaient soutenir la vue : il s'approche aussitôt, se jette à ses pieds , et ne voyant que JÉsus-Curisr dans la personne de son membre souffrant , après l'avoir em-
h6 PARTIE 1, LIV, 11, — 1631,
L (1) Vie Ma. Le brassé , il baise la partie affligée de son corps à plusieurs » aprè Me er, Par Ms .. , RE at Cr , * de Bretonvitliers, "prises (2). I revenait alors de l'église de Notre-Dame , ne}
. 39. à LL alie :
po et, selon la coutume qu'il observa quelque temps, il baisait, " cœu en sortant , les pieds de tous les pauvres qu'il rencontrait » la pl
aux portes , sur le parvis , sur les ponts et dans les rues, » bon sans jamais résister à l'attrait intérieur qui le portait si »intér puissamment à ces sortes d'actes, « Qu'il est doux, Ô mon D "imp » Dieu ! de vous obéir, écrivait-il, et que vous rendez bien » afin «
» le centuple à ceux qui font semblant de vous être fidèles; » jusqu » car je ne puis pas dire vous l'être réellement, sinon » [fan
» que j'ai toujours tâché de vous obéir depuis le moment » notre » que je me suis converti, Jamais je n'ai pu souffrir de » Nous » vous rien refuser , en ayant le moyen et la force; et j'ai » faire » toujours adhéré à vos sentiments, pour jeune que j'aie été » Nous
» à votre divin service, Saint Paul disait: Depuis ma voca- Be ” granc » lion je n'ai pu adhérer à mes volontés propres , à mon ju- » chari » gement et aux inclinations du sang et de la chair ; eh ! » Œuvr
» plût à Dieu que cela fût ainsi de moi, qui ne suis que » gneul » superbe, comme en effet j'en suis tout composé! Mon Æ Lors » doux JÉsus , quel que je sois , c'est en vous que je reçois des pau » toutes ces grâces, et c'est pour vous, mon tout, que je baiser |
» veux tout faire, tout dire et tout écrire, pour vous seul que ces (2) Mémoires Ë :
une dis]
an, de M, Olier, ” MON AMOUr , qui rapportez tout à votre père pour lequel
tu,p.210,211. » vous vivez (2).» * soulager VHIL M. Olier, non moins docile à la voix du guide de sa con- quels il On ordonne & 5 non avait did on x . , dit Se Nr à M. Olier de SCIENce , qu il avait été généreux à suivre l'attrait divin, lication. ne plus baiser cessa peu après d'offrir aux yeux de la capitale le spectacle les autr les pleds des pe | de 3 ui la capitale le spectacle es autre pauvres qu'en d'une si étonnante humilité, Son confesseur , satisfait du trait JÉS esprit, lorsqu'il sh aon hévoï / ee a is est dans les vi Courage héroïque de son pénitent , lui fit observer que ces » dit-il, les. actes extraordinaires de charité pourraient à la fin lui don- » etlet ner trop d'éclat: iln'en fallut pas davantage pour les inter- » leur c rompre aussitôt. M. Olier s'abstint donc dès ce moment de » dernic (3) Vie de M. baiser les plaies des pauvres qu'il rencontrait à Paris et » touch: Olier par le père dans les a De) rillac aa À fofaggn! na tr = s At Giry,—10id, D. al utres villes, mais il ne laissait pas alors de les » CÔLE € 555. baiser en esprit (3). « Dansles villes, écrivait-il, douze ans » et mê
s à plusieurs Notre-Dame , ps, il baisait, il rencontrait ans les rues , le portait si doux , à mon s rendez bien s être fidèles; pment, sinon is le moment ju souffrir de force; et j'ai Je que j'aie été puis ma voCares , à mon jula chair ; eh !
i ne suis que omposé ! Mon s que je reçois 1 tout , que je ur vous seul re pour lequel
de de sa conattrait divin, le le spectacle , Satisfait du Server que ces la fin lui donpour les inter- ‘e moment de ait à Paris et ùs alors de les -il, douze ans
«nage
M. OLIER CATÉCHISE LES PAUVRES, h7
après , souvent et quasi toujours, je les baise en esprit , ne pouvant pas le faire extériewP#ement. Je sens mon cœur porté par l'esprit de Notre -Seigneur jusqu'à la plaie, avec grande tendresse. Cela apprend qne ce bon maitre aime beaucoup ces sortes doreupativtié intérieures ; qu'à l'intérieur rien ne doit nots paraitre impossible ; et que nous ne devons rien laisser à faire , afin que dans l’occasion où Dieu nous demandera la chose jusqu'à l'extérieur , nous soyons toujours prêts à obéir, Il faut donc que notre intérieur soit bien plus grand que notre extérieur , et que ce que nous faisons au dehors nous paraisse si petit à l'égard de ce que nous désirons faire pour Dieu à l'intérieur , que l'œuvre extérieure nous fasse rougir, étant si peu de chose pour une aussi grande majesté. Alors elle sera pleine d’humilité et de charité : deux conditions qui doivent accompagner nos œuvres , et qui étaient l'esprit dans lequel Notre-Seigneur faisait toutes les siennes (1).»
Lorsqu'il marchait par la campagne, et qu’il rencontrait
des pauvres , cédant alors à son attrait, il demandait de baiser leurs pieds ou leurs ulcères. Il rapporte lui-même que ces rencontres semblaient souvent être ménagées par une disposition particulière de la Providence, tant pour le soulagement spirituel et corporel de ces malheureux auxquels il faisait toujours l'aumône , que pour sa propre édilication. Un jour, il vit venir à lui trois pauvres les uns après les autres , et sous lesquels sa foi vive et ardente lui montrait Jésus , Marie et Joseph. « Le premier qui passa,
dit-il, ce fut un bon vieillard , l’autre une bonne femme, et le troisième un jeune homme. Je les interrogeais de leur croyance, à quoi ils me répondaient fort bien; le dernier surtout , qui me représentait JÉsus-CHRIST , me toucha beaucoup : c'était un jeune homme qui avait un côté du corps tout brülé , le bras tout retiré , tout perdu et même écorché. Je lui demandai entre autres choses
(1) Mémoires aut, de M, Olier, tou, p. 157.
Es mme eme)
(1) Mémoires «ut. de M, Olier, t.u,p.156,157.
A Chartres , M. Olier est délivré de peines intérieures.
(2) Mémoire Ms. de M. Leschassier, — Attestations autographes,p. 207.
» d'où lai était venu cet accident ; il me répondit que pour » avoir voulu sauver ses enfants du feu,il s'était ainsi brülé » le corps. Il ne pouvait répondre plus justement à ma » pensée ; ce rapprochement entre lui et mon Sauveur » couvert de plaies pour avoir voulu sauver ses enfants » me toucha vivement, Hé ! Dreu vous bénisse , lui disais- » je à chacune de ses réponses. Après que je l’eus consolé » et que je lui eus souhaité la bénédiction de Drew , il s’en » alla content ; je le fus aussi beaucoup moi-même , de ce » qu'ilm'avait permis de lui baiser sa plaie (1). »
Un autre sujet de joie pour M. Olier, fut que ce pauvre malheureux lui dit qu'il était de Notre-Dame de Chartres , circonstance qui augmenta sa tendresse et sa générosité pour lui. I fut ravi de témoigner à la très-sainte Vierge, dans la personne de ce pauvre , la reconnaissance qu'il conservait pour les grâces dont elle venait de le combler tout récemment dans cette célèbre église. Après son retour de Rome , Dieu avait voulu l'éprouver non plus seulement par ceux de ses ainis et de ses proches qui censuraient sa conduite , mais par lui-même. M. Olier s'approchait déjà tous les jours de la sainte table , et même du tribunal de la pénitence , afin d'éviter jusqu'aux plus légères imperfections ; lorsque Dreu, pour le purifier davantage encore , permit qu'il fût assiégé de peines intérieures les plus accablantes. « Je me souviens, dit-il lui- » inême , qu'au commencement que je fis profession de » servir notre bon maître et sa très-sainte mère, j'éprouvai » cles scrupules si grands, que je me confessais trois fois » chaque matin, jusqu'à aller interrompre à l'autel le cha- » pelain de notre chapelle pour qu'il me donnât Pabsolu-
tion. » C'était le père Dufour, chapelain de la paroisse Saint-Paul, et qui avait été aumônier de saint Francois de Sales (2). En vain, pour calmer les peines de M. Olier, cet ecclésiastique employa-t-il tous les secours qu'offre la foi aux justes éprouvés ; quelque soumission qu'il trouvàt en
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