‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 123 sur 269 · PÉNITENCES PUBLIQUES DES JANSÉNISTES · texte numérisé non relu

PÉNITENCES PUBLIQUES DES JANSÉNISTES

des scandales plus graves encore que ceux qu’accréditait la conduite de M. du Hamel, de l’aveu de ses amis (1), «1 Journaux ane renouvelassent les horreurs des anciens Gnosti- {87° {58 150. ques.

Les femmes se livrèrent à ces nouvelles pratiques de pénitence avec tant d’emportement, que plusieurs en moururent, et que d’autres en devinrent folles. Les plus zélées quittaient les villes pour s’ensevelir dans les déserts. On tait, entre autres exemples de ce genre, une fille, qui, rvètue d’habits de pénitence , demeurait entre le village d'Issy, près de Paris, et la ferme des Moulineaux, sous une espèce de grotte, creusée dans une petite roche qui sortait de terre. Elle était en grande réputation de sainteté mrmi les dévotes du parti, qui allaient la voir comme une sitre Pélagie- la-Pénitente (2). Les exils volontaires à 2) Laréntitédu Port-Royal-des-Champs étaient devenus fort à la mode. Fans 419. la protection de l’autorité diocésaine, et la douceur 238, 24. l'Anne d’Autriche, avaient laissé aux solitaires la liberté d'augmenter leur nombre et d’embellir leur désert. On y voyait accourir à l’envi des personnes de tout état (3), et 49) notice sur même des plus distinguées du royaume. Les ducs de Port-Royal, par

Petitot. — Re-

Luynes et de Liancourt, paroissiens de Saint-Sulpice, y ai cadres ‘ . . x res,t. xx, p 75.

avaient fait construire de vastes et beaux ermitages pour x

sy retirer de temps en temps (4); et de tels exemples de- Beaucoup 5

‘ Fa: ; Mr paroissiens de vaient accréditer rapidement, dans les classes inférieures,. saint-Sulpice l'amour des nouveautés. Il était aisé, en effet , de remar- sont séduits par

F 5 Te ; la nouveauté, quer les fâcheux résultats qu'il produisait chaque jour (4) t6id. pag.

ans Ja paroisse. « Je ne puis sans douleur et sans la plus 4” NE » profonde désolation, écrivait M. Olier, à cause de la : Re À » fidélité que je dois à mon ministère, voir des ouailies 1v, p.421.

» que Dieu n’a données, fréquenter des assemblées que le

» Roi même devrait défendre. Plusieurs personnes de ma

» paroisse, et dont je dois répondre à Dieu, entrent dans

» cette tentation malgré mes conseils, et joignent à la dés-

» obéissance formelle à leur supérieur naturel, le mal

200 PARTIR II, LIVRE IX. — PAROISSE, » d'entrer de cœur et d'esprit dans toute l'étendue de ves » nouvelles opinions, autant qu'ils en peuvent comprendre, » et cela contre leur état, leur condition et l'humilit: Ha a » chrétienne (1). » Mais le plus pernicieux de tous les 877. effets que produisaient ces désolantes doctrines, était un refroidissement universel pour la sainte Communion. Dans la plupart des paroisses, il était facile de remarquer que la sainte Table n’était plus fréquentée comme auparavant : | et, au témoignage de saint Vincent de Paul, on comptait pinut par Col. déjà jusqu’à trois mille communiants de moins dans lu let,4,1,p.58. seule paroisse de Saint-Sulpice (2).

Ce fut pour M. Olier une sorte de nécessité d'élever enfin la voix, et de signaler publiquement le venin de ces perfides pratiques. Comme elles semblaient tiver toute leur force du crédit et de la qualité de ceux qui les propugeaient, il voulut les flétrir du haut de la chaire, en présence d’un nombreux et imposant auditoire, espérant en inspirer plus d’horreur par l'approbation tacite que cette assemblée donnerait à son discours. IL choisit, en effet,

(3) Journal de le jour même de la fête de Saint-Sulpice (3), et l’auditoire Saint-Amour, 6e part, ch. x1, p. fut des plus augustes qu’on y eût ‘mais vus ; car, outre la Mémoires Reine (4) et sa Cour, on y remarqua des Arsviqes des ut -Baudrand, Évêques, des généraux d’Ordres + (5), et beaucoup (8) Remontran- d’autres personnes , séculiers et ecclésiastiques de haute ce chrétienne et charitable à M. distinction. Les erreurs qu’il s’efforça de réfuter dans Olier, parle Pé cette action solennelle, et qui faisaient le plus de mal

re des Mares,in- 4,p. 3. parmi les Fidèles, étaient la nécessité de la pénitence pu-

+ Parmi ces généraux d’Ordres, il faut placer, selon toutes les apparences, le Père Innocent de Catagironne, général des Capucins, qui est mort en odeur de sainteté, et de qui l'on rapporte plusieurs miracles. Un jour, M. Olier lui demandant ce qu’il pensait des nouvelles opinions, la réponse de ce saint religieux fut qu'il les regardait comme la semence de plusieurs hérésies : Multarum hæresum mihi

(6, Grandet, lis Vs. L1,p. , 126, Supplément. videtur seminarium (6). :

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qu'elle parait la Sorbonne :

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IL PRÈCHE CONTRE LES PÉNITENCES PUBLIQUES. 201 blique pour tous les pécheurs, et l’inutilité de l’absolution lorsqu’elle n’est point précédée de la satisfaction et de la contrition parfaite. La première, toute déraisonnable XI. qu'elle parait d’abord, était cependant si accréditée, que à préla Sorbonne avait eu dessein d’en demander la condamna- dr rgie tion au Saint-Siége ; du moins le docteur Cornet, dans un de la pénitence premier projet de condamnation des erreurs nouvelles , P“Plique. avait noté cette proposition : La puissance des clefs ne réside dans l'Eglise, que pour ceux qui font pénitence publique (1). Pour en montrer la fausseté, M. Olier nier allégua les paroles du Sauveur dans saint Luc : Si vous fuires étrangene faites pénitence, vous périrez tous +. a Mes très- ur TA » chers frères, dit-il, que je vous éclaircisse cette maire Juillet, » tière de la pénitence, qui fait à présent tant de bruit et si de Rodez au

ardinal Maza- » peu de fruit, puisque les discours inutiles, contentieux, » rin, »injurieux qu’on tient là-dessus, tendent à dissiper ce » qu'il y a de pénitence dans les âmes. Ces paroles de » Notre-Seigneur ne regardent-elles pas tous les hommes : » Si vous ne faites pénilence, vous périrez tous : omnes » similiter peribitis ? Oui, grands et petits, jeunes et » vieux, sains et malades, riches et pauvres, tout homme » qui a pris un plaisir criminel, s’il n’en a horreuret aver- » sion, périra. Mais, se servant de termes si universels, » JÉsus-CuHRisT ne peut pas parler de cette pénitence » extérieure, qui fait dire de nos jours à plusieurs, qu'il » faut quitter le monde et aller au désert, puisque tous » ne peuvent quitter les villes, le trafic et le négoce né- » cessaires à la vie (2). On allègue, il est vrai, la nécessité (2) Fragment » d'introduire de temps en temps des pratiques nou- "on" » velles pour réveiller la ferveur. Sans doute, il est juste

+ Nous rapportons ici un fragment du discours de M, Olier, tant pour servir de correctif aux fausses relations qu’en publièrent les Jansénistes, que de monument à l’hisioire de cette controverse, à laquelle il prit beaucoup de part.

202 PAUTIE HE, LIVRE IX, — PAROISSE, » et utile que les choses changent, les hommes étant » touchés ordinairement par la nouveauté, Ainsi l'Esprit » de Div, qui, dans un temps, avait jugé les pénitents » publics, utiles à l'Eglise, leur substitna les saints reli. » gieux, qui, sous leur extérieur de mortification, ont » porté l'exemple des pénitences des déserts et l'horreur » du péché au milieu des villes. Mais, dans: l'Eglise, c'est » à Dieu seul d'établir un ordre de choses nouveau; et » alors il ne manque pas de l’approuver par des hommes » insignes en miracles, en vertus, et en dons dn Saint-Es. » prit, qui font paraître, avec évidence et certitude pour l'Eglise, que cette nouveauté est de Tui, De plus, le Saint-Esprit, véritable directeur de l'Eglise, donnant ce mouvement aux inférieurs, donne aussi #n chef, qui est le Pape, l’inclination de l’approuver; quand ce divin ‘sprit vient à mettre en mouvement ur riembre pour donner des démarches et des progrès au corps, le chef y consent et les autres membres n’y résistent pas, Je ne sais si l'on observe ces m :hodes dans l'institution nouvelle de ces pénitences. Je ne sais si l’on est soumis au Saint-Siége, ou si l'esprit qui les reproduit n’est pas le même qui fait écrire contre lui et s'élever contre sa sainte puissance. Je ne sais si c’est avec démission de leurs propres lumières, que ceux dont je parle proposent leurs sentiments; ou plutôt que d'excès. que d’aigreur! Mon Dieu, voit-on dans de tels procédés l'esprit d’un saint François, qui veut paraître un fou, un ignorant, un pauvre misérable pécheur et le plus grand pécheur » du monde? qui le premier donne l’exemple de ce qu'il » dit, qui souffre avec plaisir les mépris et les injures? » D'ailleurs, ces pénitences étant pour tout le monde, » comme on le prétend, il faudrait que Dieu les approuvât » par des dons plus excellents, et des miracles plus éela- » tants que ceux qui ont prouvé la mission de tous les fon- » dateurs d'Ordres, puisque ceux-ci allaient seulement à

IL PRÈ

M. Olier, p l'opinion qui geant la satis dans le sacren I soutient qu rrine enseigné clarée conforn assemblées gé «es paroles du peuvent s’ent pour ètre justi mes : « Chréti » gneur à vou » sacramentell » disposition s » charité, n’a] » comme on » vent par le s » parfaite char » la croix. Car » délivrer du n s ler ni dans u

+ «De dilectior » ita ad sacramern » quisita, ne nec » CX Sacrosancta » ne quis putet i » tionem, eam qi » antequam actu » ne quis putet in » et spei actus, n » fontem (1).

tant sprit ents reliont reur c'est l, et \mes t-Espour s, le nant F,qui divin pour chef Je ne nou- $ au as le e sa pn de sent eur !

d'un rant, heur qu'il 1res ?

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IL PRÈCHÉE CONTRE LES PÉNITENCES PUBLIQUES, 2093 » donner leurs pratiques à quelques particuliers, et non » pas à tout le corps des Fidèles ( 1).»

M. Olier, passant au second article, combat avec force l'opinion qui troublait alors tant de consciences, en exigant la satisfaction et La contrition parfaite, pour obtenir dans le sacrement de Pénitence la grâce de la justification. {soutient que l’attrition suffit dans le sacrement; docrine enseignée depuis dans tous nos catéchismes, et déclarée conforme au saint concile de Trente, par l’une des assemblées générales du clergé +. Après avoir montré que «es paroles du Sauveur : Si voñs ne faites pénitenre, ne peuvent s'entendre de la contrition parfaite, nécessaire pur ètre justifié hors du sacrement, il conclut en ces termes : « Chrétiens, je demande de vous ce que Notre-Sei- » gaeur à voulu rendre plus facile, qui est la pénitence » sacramentelle. Celle-ci n’oblige pas de nécessité à une » disposition si pure. Les âmes qui n'ont pas la parfaite »charité, n'ayant encore que le principe de l'amour, » comme on l’exige des adultes, pour les baptiser, recoi- » vent par le sacrement de Pénitence la participation à la » parfaite charité de JÉsus-Cunisr mourant pour nous sur » la croix. Car ce sacrement est une seconde table pour se » délivrer du naufrage. Il faut donc tenir le milieu, et n’als ler ni daus une extrémité ni dans une autre, si vous ne

+ «De dilectione Dei, sicut ad sacramentum Baptismi in adultis, » ita ad sacramentum Pænitentiæ, quæ est laboriosus hautismus, re- » quisita, ne necessariam doctrinan omittamus, hæc duo imprimis » ex sacrosancta synodo Tridentina docenda esse duximus. Primum, » ne quis putet in utroque Sacramento requiri, ut præviam contri- » tionem, eam quæ sit caritate perfecta, et quæ cum voto sacramenti, » antequam actu suscipiatur, hominem Deo reconciliet. Alterum, » ne quis putet in utroque sacramento securum se 6:58, si præter fidei » et spei actus, non incipiat diligere Deum, tanqu'uin omuis justitiv » fontem (1).

(t) Divura écrils spirituels deM,.Olier tn,

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