CONFÉRENCE AVEC LE PÈRE DES MARES
jus- MM sueet si chrétienne, j’eus une conversation d'une demi-
oire, M , heure avec M. le maréchal de Gramont, sur votre su-
Olier M » jet, sur l'esprit de votre communauté, et sur celui de
uisit | » M. de Liancourt et des Jansénistes; et je vous réponds
irent » que je parlai avec franchise. J'ai joué un personnage
ment MN qui m'aura bien perdu à l’hôtel de Liancourt, et me * NOTE 2, p. inte- ! ) procurera, à mon tour, s’il plait à Dieu, quelque Ze- dl ) Parmi les qui M » montrance charitable * (1). » M Dire Fra ns et ! L'hôtel de Liancourt était, en effet, un lieu de réunion XVI. n,et M pour tous les écrivains de la secte. Le duc, qui les accueil- Ne Poe | fut hit volontiers, avait habituellement auprès de lui le Père Mme de Lian- Meux des Mares, et un autre défenseur ardent du Jansénisme, Court, leur pro-
pose une con- Amable de Bourzeis *, abbé de Saint-Martin-de-Cors, l’un férence.
alom- JS des quarante de l’Académie, et le premier écrivain du * NOTE 3, p. et sa ! parti après Arnauld (2). Depuis sa conversion, le duc de (2) Vies Ms. de mon M Liancourt avait mené une vie si réglée et si édifiante, y" . Dieu 4 que M. Olier crut honorer ses paroissiens en le nom- Fo Psy de à ses M mant à la place de marguillier. Mais, par complaisance é*.IL À pour sa femme, ce seigneur donna malheureusement dans geait, M le Jansénisme (3), et s’y engagea même si avant, qu'il (3 Journaux, tache- 8 n'osa plus jamais revenir sur ses pas. Voulant faire cesser de idren, le scandale qu’ils donnaient l’un et l'autre à toute la paà l’un roisse, M. Olier essaya plusieuïs fois de les ramener à la
onçue soumission, par la voie de la persuasion et le langage de la
saint 4 piété. Mais, comme ces moyens étaient insuffisants pour
naul- soumettre des esprits raisonneurs, et enclins par système à (4) Lettres di- > leur la dispute, il leur proposa de faire discuter les points de QT Hs ., Les ca- cette controverse, en leur présence, par le Père dom Pierre re ro : ation, de Saint-Joseph (4). C'était un religieux Feuillant, connu RU Sn nr e elle par plusieurs ouvrages sur ces matières. Ils accepterent yuise du XIIe la pa- volontiers la proposition, à condition que la discussion au- “ PA la dé- rait lieu en présence du Père des Mares (5). Celui-ci, qu'ils an ne rinait avaient déjà mis aux prises avec un autre docteur catholi- rétuble de la connstan- que (6), n’était pas seulement réputé le plus célèbre pré- chez vie barita- dicateur de ce temps; il joignait à sa grande facilité d’élo- 6 be. de
208 PARTIE I, LIVRE IX, — PAROISSE, cution toutes les ruses et les finesses du sophiste le plus exercé à la dispute; et, à l’école de‘Saint-Cyran, il s’était tellement nourri, disait-on, de la doctrine de saint Augustin, que les Jansénistes, en l’entendant, s’imaginaient en-
a Lee tendre saint Augustin lui-même (1). 1] accepta avec em-
xvi, Pr. p. xxx. pressement la conférence, et répondit par une lettre que la
nr duchesse envoya à M. Olier, pour lui faire connaître ses
ep. Re Per du intentions. Il exigeait que celui qui aurait avancé quelque jure se proposition ne fit pas difficulté de la souscrire, quand il en
férence, p. 7. Serait requis par sa partie; la condition fut acceptée (2).
Cette conférence, qui fit éclat dans le public, eut lieu à la fin du mois de mai 1652, au presbytère de Saint- (3) Mémoires Sulpice (3). Le duc et la duchesse de Liancourt y vinrent,
MES Baudrand, accompagnés du maréchal et de la maréchale de Schomberg ; et ces quatre personnes furent les seules du côté du Père des Mares. Il y en eut aussi quatre du côté du Père Feuillant, M. Olier, M. de Bretonvilliers, M. de Parlages, docteur de Sorbonne, et M. Hudon, ancien offi-
Rene Ka cial de Rodez (4). Comme la maxime la plus pernicieuse nl t1,r. de la secte était : que la grâce manque quelquefois aux ; XVIL. justes eux-mêmes, lorsqu'ils ne font pas le bien ; M. Olier M. Olier ré- ouvrit la conférence par cette question, qu'il adressa
ee pis d’abord au Père des Mares, et qui fut la seule qu’on y
question, et traita : « Mon Père, condamnez-vous d’erreur ou d’hérésie
re » l'opinion de ceux qui soutiennent qu'il y a des grâces
res d'y répon- » suffisantes qui ne sont point efficaces ; c'est-à-dire : Y a-
fa » t-il ou non des grâces suffisantes données par Jésus-CHnisT, » qui soient rendues inefficaces et inutiles par le mauvais
{8 Relation vé- » Usage qu'on en fait (5) ? » Le Père des Mares regardant
a cette question comme un écueil fatal, s’il osait l’aborder, épuisa durant trois heures entières toutes les ressources de son art pour donner le change à ses adversaires ; et, au lieu de répondre, fit une exposition des divers systemes des théologiens sur la manière d’expliquer la nature de
la grâce suffisante, entre autres de celui de Molina, qu'il
CONFÉRE uxa d'hérétiqu prenant à son to wétait point « prouver son a séchauffait, lor ne cherchait qu manége et dit :
» faire le bien i » des Jacobins, qui ne fait pa » avoir tout le s » lui offre de sa
Ces paroles, Père des Mare:
un expédient pe jeu digne d'un ingua encore la des textes de sai » que j'ai peu lu » mités et mes o » n'est pas ici q » comme a fait lé » siste la différe »ficace serait u » rions : il s’agit » à grâce suffis » question généi » qu'il appréhe presser longtem ‘expliquer nette jours qu'il était une question éq pris en divers s tourt, voyant l’e treprit cinq ou s nl,