voulu faire
Pour hâter le succès de cette négociation, on envoya à Rome trois docteurs des plus expérimentés et des plus habiles. M. Olier, ne pouvant les y accompagner en personne, voulut au moins contribuer d’une autre manitre à une si importante mission ; et, conjointement avec saint pute Pau Vincent de Paul (5) et M. de Bretonvilliers, il fournit aux pur Collet, t 4 frais du voyage des trois docteurs et de leur séjour à
a ' Rome (6). Les Jansénistes, de leur côté, envoyerent trois aeM.Baudrand, : : AS 1: 76e des leurs, dans le dessein de les mettre aux prises awer
( ls premiers, ] les Mares étai lsne balancèt weiation. Mai 1e permit pas ls autres. Il le ments dans un mettre à cet dans cette cin de son éloque:
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CONDAMNATION DU JANSÉNISME, 215 ks premiers, pour éterniser la dispute; et comme le Père les Mares était le plus redoutable champion de la serte, ls ne balancèrent pas à lui confier le succès de cette néweiation. Mais Innocent X, qui pénétra leur dessein, ‘permit pas aux députés Jansénistes de disputer avec Ls autres. Il les invita seulement à exposer leurs sentiuents dans une grande assemblée (1); et il fallut se sou- su ra bts mettre à cet ordre (2). Le Père des Mares déploya (aires é'rangédans cette circonstance solennelle toutes les ressources 4 de M. 2 le son éloquence; du moins, il parla devant le souve- noue rin Pontife avec la mème confiance que si c’eût été à lui février 1653,
ir à : (4) VWiedesuint de juger ce différend. « Je ne me lasserai jamais de Fincent, pur
» dire, rapporte dans son Journal le docteur de Saint- 91 4.
» Amour, que jamais je n’ai oui le Père des Mares mieux
» prècher à Paris, qu'il parla en cette occasion. C’est tout
» dire à des gens qui ont été assez heureux pour entendre
» autrefois quelques-unes de ses prédications. Enfin, il
» parla jusqu’à ce que, la nuit arrivant, il lui fut impossi-
» ble de lire les t:xtes dont il s’était muni, et qu’on luidit, * noru 6, p.
» malgré le charme de son éloquence , qu'il avait assez E PE
» parlé. I remit néanmoins au Pape cinq ou six maius de saine ymour, @e 4 y + : + * part, ch. xx,
» papier où il exposait ses sentiments * (3). » D A4, 608.
Ge fut peu après, que le Pape publia enfin sa constitu- xxu1. va solennelle, Cm occasione. Dès qu’on en eut appris OR ha nouvelle à Paris, les Jansénistes en furent atterrés, « Je les Jansénistes » crois que dans peu de jours, écrivait l’un d’eux, on en UE » fera des feux d'artifice , aussi bien en Sorbonne et à » Navarre, qu’à saint Louis, sans parler de Saint-Ger-
» main-l’Auxerrois et de Saint-Sulpice (4), » Néanmoins, (4 Hbid part. M. Olier était bien loin d’affecter ces airs de triomphe, "‘"""? %%: Personne peut-être n’avait désiré plus ardemment que lui là condamnation du Jansénisme ; personne aussi n’usa de procédés plus humbles, plus doux, plus charitables à l'urd de ceux qui l'avaient soutenu avec tant de chaleur et de passion. La bulle fut répandue dans le public,
EE ee mme ==
(t)Lettresaut, de M, Olier, p.
Subterfuge des Jansénistes pour décliner le jugement d'innocent X.
le premier juillet; et le # du mème mois, étant à Verneuil pour y rétablir sa santé, ilécrivait à M. de Bretonvilliers : « Ma pensée serait, dans ce commencement, de ne point » blesser les Jansénistes, mais d'agir envers eux avec » douceur et grande ouverture de cœur, pour les attirer » à l'union, et les faire servir à la gloire de Dieu et au » bien de l’Eglise. Si tous les sujets qui se sont séparés » s’unissaient simplement et cordialement dans la cha- » rité,on se trouverait bien forts contre les pécheurs, et » pour avancer la gloire de Dieu dans son clergé, Je vous » supplie de vous informer de M. du Four, quels sont les » sentiments de M. de Liancourt, et sa conduite sur cette » affaire; et s’il voudrait entrer dans ces vues, pour ré- » parer par-là le tort qu’il a fait à l’Eglise, dont un jour » il se trouvera accusé et chargé devant Dieu. Car autant il » a servi à élever ce parti et à le révolter, autant il doit » travailler maintenant à le détruire et à le ramener dans » la sainte Eglise (1). »
Loin de partager ces sentiments, les Jansénistes prétendirent que la constitution d’Innocent X n'avait point condamné leur doctrine. Comme ils avaient présenté au Pape un écrit à trois colonnes, dont la première exprimait le sens Calviniste qu'on pourrait attacher à chacune des cinq propositions ; la seconde, le sens particulier qu'ils y attachaient eux-mêmes ; et la troisième, celui des catholiques ; ils publièrent, à Paris, que la condamnation tom. bait sur la première colonne seulement. « Lorsque la bulle » eut été distribuée, rapporte à ce sujet un annaliste de la » secte, on redoubla les 7e Deum et les actions de grâces » dans Saint-Sulpice et dans Saint-Germain-l’Auxerrois. » Les personnes équitables remontrèrent cependant que » cette bulle ne pouvait ètre appliquée, de bonne foi, à la » doctrine des disciples de saint Augustin. Et il y en eut » qui, par leur charité particulière pour le curé de Saint- » Germain, lui firent observer sa méprise. Mais comme le
AFFA » curé était at » avec tous ll » étaient cond » qu'ils soute » ne firent au veau sujet d M.de Gondi, pour leur pl fondu* du Pi la Cour de fa «rendit enfi:
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AFFAIRE DÉ LA PROPAGATION DE LA FOI, 217 » curé était attaché aux sentiments de M. Olier, qui tenait, » avec tous les siens, que les disciples de saint Augustin » étaient condamnés par la bulle, et que ces propositions » qu'ils soutenaient étaient des erreurs, ces remontrances » ne firent aucune imprèéssion sur son esprit (4). » Un nou- (1) Histoire de
Fr N l'Eglise du
veau sujet de déplaisir pour les Jansénistes, fut que xw17 siècte, 1. M. de Gondi, archevêque de Paris, leur protecteur, et qui W }; ag" "" pour leur plaire avait déjà condamné le Jansénisme confndu* du Père Brisacier, Jésuite, se voyant pressé par * sors 1, p. la Cour de faire un mandement en faveur de la bulle, ?*7serendit enfin, quoiqu’à regret; et, par son ordre, la bulle (2) Ibid ch. au, fut publiée, le 20 du même mois, dans toutes les parois- po à Les ss. Plusieurs curés se permirent néanmoins en chaire des ». Feydeau, v. observations qui allaient à en éluder le sens; et M. du Ha- #9, 97,4,
nre. 1 i Le . — Lettre d'un mel, qui en fit lecture sans rien ajouter, porta l’imper- #0 que.
tinence jusqu’à lise le nom et l'enseigne même du li- que à une dame : à N de condition ete.
braire, chez qui se vendait la bulle (2). in-4v, 4685, p. 11. Les Jansénistes, se voyant condamnés, s’efforcèrent alors XXV.
de mettre à exécution un inoyen qu'ils méditaient de- pris
puis plusieurs années, pour propager impunément leurs s'emparer de la
erreurs en France ; et tout porte à croire qu’ils y auraient Piper
réussi, au moins pour un temps, sans le zèle ferme et pru- de M. Olier.
dent de M. Olier. Il existait à Paris une congrégation
connue sous le nom de Propagation de la Foi, formée
en 1632 par le Père Hyacinthe, prédicateur Capucin,
approuvée par l'Archevèque, par le Saint-Siége apostoli-
que, et confirmée par lettres patentes du Roi. Cette société
avait pour fin la conversion des protestants et l’assistance
des nouveaux catholiques (3). Comme elle étendait ses, Did rite
relations dans toute la France, qu'elle jouissait d’un grand 4005, 1004.
crédit, et dépendait immédiatement de l’Archevèque, les
Jansénistes, assurés de la protection du Prélat, avaient ré-
solu de se réfugier dans ce corps comme dans un retran-
chement inviolable, où, sous prétexte de défendre la foi
catholique, ils pourraient librement répandre leurs er-
reurs. Plusieurs y entrèrent en effet. Dès que M. Olier eut pénétré leur dessein, il voulut, pour le déjouer, entrer lui-même dans cette compagnie, avec le curé de Saint-Germain-l'Auxerrois, M. Colombel, son ami; et
cette résolution alarma les Jansénistes. « Quelques-uns,
» dit l’annaliste déjà cité, représentèrent aux membres de :
» la société, que M. Olier et son confrère étaient capables
» de leur susciter, eux seuls, plus d’affaires que tout le
» reste des particuliers ensemble ; qu’ils devaient tout ap-
» préhender d'eux, et se conduire dans leur réception avec
» beaucoup de circonspection et de sagesse. Mais Div,
» dont toute la conduite est cachée aux hommes, ajoute-
» t-il, permit qu'ils y fussent recus, pour exercer la com-
» pagnie, et la récompenser, par la persécution qu'ils
» devaient attirer sur elle, de tous les services qu’elle
di Histoire de » avait rendus à l'Eglise depuis son établissement (1), » ne 1 Les Jansénistes avaient craint que M. Olier, après être Go sou.” °° entré dans cette société, ne fût élu à quelqu'une des premières charges, et qu'il ne se servit de son autorité pour
exclure du corps ceux qui étaient accusés de Jansénisme,
et empècher les autres d'y ètre reçus. La chose arriva en
effet de la sorte. M. Olier fut nommé à l’une des prini-
(2) David Blon- bales dignités (2);:et, après la condamnation du Janséone Ur dt dise, il s’opposa, par-devant l'Archevèque de Paris, à la Fine Ex- réception de deux prètres exclus l’un et l’autre du clergé de Saint-Germain-l’Auxerrois, pour avoir refusé de se
soumettre à la bulle, et reçus depuis dans la communauté
de Saint-Jean-en-Grève, dont le curé, Pierre Loysel,
XXVI. s'était déclaré leur protecteur. Mais voyant que l'Arche- Dors . vèque n'avait aucun égard à une opposition si légitime, défend de nom- il crut que la place qu'il occupait dans cette compagnie, de et le zele de la foi, l'obligeaient de porter ses plaintes à la recteur. Cour. Il s’adressa donc à la Reine; et cette démarche donna lieu à une négociation entre la Cour et l’archevèché.
Le Prélat, faible par caractère, déclara d’abord qu'il ne
AFFA
révoquerait pa cardinal Mazar affaire, il chan deux candidats Les Janséni connaissant la s'efforcèrent de son autorité, p:
l'impression s nuvelle ordor «andidats, ains rant tous très comme l’électi conjoncture, et solu de porter recteur, il en l'exclusion forr ticulières, il dé toup de vigueu l'élection cont place un ecclés à maison de S terre, espérant rendre inviola ecclésiastique é France (3) *.
Dès ce mom ses vues cessè vurent au Con:
+ Le cardinal, à gée, avait recouvr
veraement, après exil, avec toute la j les plus signalés s