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AFFAIRE DE LA PROPAGATION DE LA FOI

er révoquerait pas ses ordres; puis sachant que le Roi et le

r, A cardinal Mazarin prenaient aussi une grande part à cette

de affaire, il changea de résolution, et donna l'exclusion aux , ÿ oo et deux candidats (1) +. 674, 672, 673.

ss, à Les Jansénistes toutefois ne perdirent pas confiance ;

de connaissant la faiblesse et la mobilité de l’Archevèque, ils

les

sefforcèrent de lui exagérer le préjudice qu'il portait à

le son autorité, par un acte de cette nature; et ils firent tant

pr d'impression sur san esprit, que six jours après, par une

0 M nuvelle ordonnance, il enjoignit de recevoir les deux

EU, «andidats, ainsi que trois autres qu'il désignait, les décla-

le- rant tous très-orthodoxes. Le Prélat fit plus encore :

In- comme l'élection des officiers devait avoir lieu dans cette

ils conjoncture, et que la partie saine de la société avait ré-

Île solu de porter M. Olier à la première place, celle de di-

D recteur, il en vint jusqu’à donner an serviteur de Der

tre l'exclusion formelle, déclarant que, pour des raisons par-

'E- ticulières, il défendait qu'on l’élût à cette dignité (2). Ce, Far . our coup de vigueur augmenta l’audace des sectaires : ils firent 674 et suiv. 679. He, l'élection contre toutes les formes, et nsmmèrent à cette

ea place un ecclésiastique dévoué au parti, M. d’Aubigny, de

nci- la maison de Stuart, et cousin de Charles IE, roi d’Angle-

sé D trre, espérant par là mettre à couvert sous son nom, et | à la rendre inviolables tous les actes de la société ; car cet nn ne

ecclésiastique était considéré comme priuce à la cour de "Pete à . NOTE 5, p.

se France (3) *. 237.

ue Dès ce moment, M. Olier et ceux qui entraient das XXVIL

T x : ’ La Reine

sel, ses vues cessèrent d'assister aux assemblées, et se pour- 54 ja défon-

‘he- vurent au Conscil-d’'Etat, pour faire casser cette élection se de M. Oüer,

me,

nie,

à la + Le cardinal, à l'égard duquel l'opinion publique était bien chan-

che gée, avait recouvré son crédit, et se trouvait encore à la tête du gou-

" vernement, après avoir été reçu à Paris, au retour de son second 4) Histrire de he | UE Ne à a ville de Paris ni exil, avec toute la gloire d'un ministre qui avait rendu à la couronne Ron ne les plus signalés services (4). up. 4445.

illégitime. De leur côté, les Jansénistes y présentèrent aussi un Mémoire. « Mais M. Olier et le curé de Saint- » Germain, dit l’annaliste, s'étaient tellement saisis de » toutes les avenues de la Cour, que ce Mémoire N'y pro- » duisit aucun effet. On y était piqué jusqu’au vif, ajoute- » t-il, de l’exclusion que M. l’Archevêque de Paris avait » donnée à M. Olier; et, sans considérer que la santé de » ce dernier était si faible qu’il n’y avait pas lieu d'espérer » qu’il pût faire par lui-même cette fonction, on était tont » disposé à favoriser son ressentiment par des effets » extraordinaires d'autorité. La Reine entreprit cette af- » faire comme la sienne propre, et leur promit toute sorte

nu Be ul . » d'assistance ({).» Le cardinal Mazarin n’était pas disposé

640, 683, 686. néanmoins à seconder ce zèle, ne voulant pas mécontenter une compagnie dont les officiers étaient utiles à sa politique, surtout l’abbé de Bourzeis, qu’il avait pris en singulière amitié. Il demeura quelque temps en balance, et n’en vint aux extrémités que peu à peu, et lorsqu'il s’y vit comme forcé, par une sorte de commandement qu'employa la Reine. On concoit qu’elle devait avoir de justes motifs d’en user ainsi, puisque l’archevèque, pour calmer les alarmes de cette princesse, osait bien l’assurer qu’il n’y avait point de Jansénistes dans son diocèse, et se faisait garant de tous les membres de la compagnie.

XXVINT. Enfin, vaincu par la fermeté de la Reine, le cardinal Fete er Mazarin prit le parti d’obéir, et ne fut plus en peine que la congrégation de chercher un expédient pour que le Prélat semblât se de la Propagu- : À Lo né :

tion de La Foi, porter, comme de lui-mème, à la révocation de ses or-

donnances. Il ne paraissait pas que celui-ci dût s’y refuser ; mais la fermeté qu’il crut devoir montrer dans cette occasion, quoiqu'il n’en usât point ainsi en ce qui concernait la conduite de son diocèse, ne servit qu’à provoquer la ruine entière de la scciété. Car le ministre, voyant qu'il lui résistait de front, et rejetait toute sorte d’accommode-

A ment, songea à tique lui four directeur, un n gua qu'il était un prince étrar exercer Une Si | puisque l’Arch se voyait contr:

de cette comp:

personnes les F être inébranlab cette espèce d” peu après à | fait un sujet « » services à |’ » lui elle ser:

.»tion (5 ©.»

Pour : er teur de :};.4 et du Jansénisme eurent à soute qui fit en effet silence. Ce duc se confesser de parfaitement l'ayant une fois et ne le trouva

+ Fama univers ventes nominatiss titas, nec non cle quorum fructus li doctrinæ contra n sunt ; hæc utique maximè spectabilé

AFFAIRE DU DUC DE LIANCOURT. 221 ment, songea à dissoudre enfin la compagnie ; et sa politique lui fournit, dans la personne même du nouveau directeur, un motif qui justifia cette suppression. {1 allégua qu’il était contraire à la sécurité de l’État de laisser un prince étranger à la tête d’une compagnie qui pouvait exercer une si grande influence dans le royaume, et que, puisque l’Archevèque fefusait de casser son élection, il se voyait contraint d’abolir la société (1). La suppression (4) 2. ch. xu, de cette compagnie, jusqu'alors soutenue du crédit des ? ni personnes les plus puissantes de l’État, et qui paraissait être inébranlable (2), suffirait, ce semble, pour autoriser ” LH Sp cette espèce d’éloge que quelques orthodoxes donnaient 1004." ” peu après à M. Olier, et dont le Janséniste des Lions fait un sujet de raillerie : « M. Olier a rendu de grands » services à l’Église, en criant comme il a fait, et sans » lui elle serait aujourd'hui dans une grande désola- (3) Journaux : dot de M, des Lions, .»tlon (% -. » p. 29.

Pour: r de faire connaître la conduite du servi- XxIx. teur de :};.w et celle de ses ecclésiastiques, dans l’affaire ne du Jansénisme, nous raconterons ici le nouvel assaut qu’ils court. eurent à soutenir, à l’occasion du due de Liancourt : affaire qui fit en effet trop d'éclat, pour la passer entièrement sous silence. Ce duc, toujours attaché de cœur à la secte, venait se confesser de temps en temps à M. Picoté, qui le croyait parfaitement soumis à la constitution d’Innocent X ; l'ayant une fois interrogé sur ses liaisons avec Port-Royal,

et ne le trouvant pas disposé à les rompre, M. Picoté le

+ Fama universa inter cœlites annumerat virum inter pios et ferventes nominatissimum, abbatem videlicet Olerium : vitæ ejus sanctitas, nec non clero destinatæ adolescentiæ seminariorum institutio, quorum fructus latè per totam Galliam effunduntur, puritas tandem n En oi doctrinæ contra novas opiniones, quibus plurimorum mentes infectæ sancti Franc. sunt; hæc utique tria capita, adeu præclara, reddunt illum posteris Joanne Muria ,

in-fol, 1686, maximè spectibilem (4). 597. “

pria de lui donner deux ou trois jours pour prendre conseil sur la manière dont il devait en user dans sa direction. M. de Liancourt ÿ consentit ; mais au lieu de revenir au jour convenu, il se plaignit que les prêtres de Saint- Sulpice lui avaient refusé l’absolution, et divulgua la chose, qui devint bientôt publique dans Paris. Saint Vincent de Paul, à qui il alla se plaindre, voulant emptcher cet éclat, vint le lendemain matin en conférer avec M. Olier, M. de Bretonvilliers et M. Picoté; et comme l'affaire était déjà connue, on résolut de consulter en Sor- * nore9,p. bonne sur le parti qu'il fallait prendre. Plusieurs docde Lattre d'un UTS de cette maison, des plus célèbres et des plus expéecélésiustique à Yimentés, répondirent que le confesseur serait bien fondé se purs à refuser l’absolution au duc de Liancourt, mais qu’on ne un ass P,. devait pas lui refuser la communion, s’il se présentait à la

rue A sainte Table, y ayant une grande différence entre l’admide la Cour, in- é ë FE &- re 4,655, par L. Distration publique du sacrement de l'Eucharistie et le.

LV ee jugement secret du tribunal de la Pénitence * (1). Le due,

de M. {touset, qui jusqu'alors s'était prêté avec trop de complaisance

L4,p. di, 445, . k au Pere Rapiu. aux caprices de sa femme, voyant le grand éclat de cet 4679. Ho . ‘ F à

* nore 10, événement (2), protesta, dit des Lions, « que, s'il avait à repe Nu ire ge ” L0MMENCEr, il ne s’'embarquerait pas dans ce parti” (3).»

2 ‘Stotre de ; :

Eglie du Le docteur Arnauld, néanmoins, publia, pour le venger, AlIIe siècle, t. Jo dsrte, h naiss lans 1 lle : mu, div. x, ch. Sa Lettre à une personne de condition, dans laquelle il ne nus Se déchaina contre M. Olier et ses disciples. Plusieurs LE des Lions, p. écrivains catholiques prirent alors la plume, et, dans

. dns) l’espace de deux mois, il parut jusqu'à neuf brochures

: 11, AE p. 210. contre cet écrit *.

XXX. Arnauld y répondit par une nouvelle lettre, où il traita

PE M. Olier et les siens avec encore plus d’emportement, et par la Sorbon- qui fut, pour le parti, une sorte de triomphe. Il y parlait F” des cinq propositions, comme si elles n'étaient point dans le livre de Jansénius, et soutenait expressément que la grâce avait manqué à saint Pierre dans sa chute. Cette lettre, qui donna lieu à une multitude d’écrits, fut dénop-

cée à la Sorl teur de Sai voués à Port ou cent tren leur tête. Ar violement de prêtres de N prétendant q cette contest:

être juges et n'avait pour cent X. Aus qu'Arnauld $ quinze jours, sista dans sot logétiques fra Malgré le déz sa premiere € plume ; et ses en sa faveur t nus sont les bées par un dé Après tout quelle opinior et que les écri amertume leu leurs producti

+ L'historien « M. Olier d’avoir:

mité, sur sa paroi que, cetie année depuis neuf aus, mort. Sileût cc moires qu'il avai dont il s'agit éta

*onrecenir intà la Vin- 1pè- \vec 1me Sordoc- Xpémdé | ne à la lmit le.

duc, ance ) cet àre- 3).»

\Ler, le il eurs ans ures

r'aita t, et rlait e la

ette non-

CONDAMNATION D’ARNAULD,. 293 cée à la Sorbonne ; et, malgré les mouvements du docteur de Saint-Amour et de soixante-deux docteurs dévoués à Port-Royal, elle fut consurée par cent vingt-sept ou cent trente membres de ce savant corps, le doyen à leur tête. Arnauld regarda cette condamnation comme un violement de toutes les règles, et se plaignit que quatre prêtres de M. Olier l’eussent signée [comme docteurs, prétendant qu'ils ne pouvaient porter leur suffrage dans cette contestation, émue eontre leur communauté, sans être juges et parties tout ensemble (1). Mais la censure (1) Histoire

Ê £ , des cinq propon'avait pour objet que les erreurs condamnées par Inu0- sitions ln. 12,

cent X. Aussi la Faculté, en les proscrivant, statua on le qu'Arnauld serait exelu de son sein, si, dans le délai de Matt, !: xix, p. quinze jours, il ne se soumettait à cette censure. Il per-

sista dans son obstination, inonda le monde d’écrits apo-

logétiques français et latins, et fut exclu de la Faculté.

Malgré le décret de la congrégation de l’/ndex, qui prohiba

sa premiere et sa seconde lettre, il reprit plusieurs fois la

plume ; et ses amis, les solitaires de Port-Royal, publièrent

en sa faveur un grand nombre décrits, dont les plus cen-

nus sont les Lettres Provinciales de Pascal, aussi prohi-

bées par un décret de l’année suivante.

Après tout ce qu'on vient de dire, on comprend assez XXXI. quelle opinion les Jansénistes avaient conçue de M. Olier, nr et que les écrivains de ce parti, accoutumés à eritiquer avec pour la mémoiamertume leurs adversaires, n’ont pas dù le ménager dans NS ER leurs productions +. Nicole, quoique l’un des plus modérés,

+ L'historien de l'Abbaye de Port-Royal (2) va jusqu'à chatger (2) T, v, p. M. Olier d’avoir voulu extorquer de M. Feydeau, malade à l'extré- 181. mité, sur sa paroisse, une rétractation de ses sentiuents. Mais il oublie que, cetie année 1661, M. Olier n'était plus curé de Saiut-Sulpice depuis neuf ans, et que même il y avait déjà quatre ans qu'il Cait vu

ALES . re : +1 (3) Mémuires

mort. Sil eût consulté avec un peu moins de préoccupation les Mé- 4e M. Feydeau, moires qu'il avait sous les yeux, il aurait pu remarquer que le curé re de la Bibl.

; | | azuarine, in-4o dont il s’agit était M. de Poussé (3). n. 4489, É ï

Te CE SRES À a en

224 PARTIE II, LIVRE IX, — PAROISSE, attribuant la condamnation des Jansénistes aux intrigues des Jésuites et à celles d’un certain grand directeur, qui est M. Olier, et de ses prêtres, compare les premiers aux démons, et appelle ironiquement les seconds des âmes angéliques; puis, citant quelques passages isolés des écrits de M. Olier, pour le taxer de visionnaire, il dit au Père Quesnel et à Arnauld, à qui il adresse cette épitre fort connue : « Je vous envoie cet extrait, afin que vous » sachiez que les personnes que vous aimez n’ont pas eu A AS » seulement pour adversaires des âmes achérontiques, pour servir de» Mais ces sortes d’âmes angéliques, et que leur ruine is gs pre »est arrivée par la conspiration de ces deux sortes mes de ses let-, janges (1). » C’est cependant cette lettre de Nicole, ou

tres. Nouvelle

ot Ra plutôt cette fantaisie, comme il l'appelle lui-même, qui a Quesnel, letrreformé, sur le caractère de M. Olier, l’opinion de presque sue FE fous les écrivains du parti.

On ne saurait trop reconnaître le bonheur qu’eut la paroisse de Saint-Sulpice d’être gouvernée, dans ces temps difticiles, par un pasteur si vigilant et si ferme dans la foi, Tandis que la plupart des autres paroisses de Paris se virent infectées de la contagion, celle de M. Olier se conserva pure et sans tache ; et c’est sans doute aux impressions salutaires que ce sage et zélé pasteur laissa dans les cœurs de ses paroissiens et de tous ses ecclésiastiques, qu'il faut attribuer l’attachement constant et inviolable à la foi, dont ils ont toujours fait la profession la plus sincère et la plus ouverte.

Nous avons montré jusqu'ici quelle a été la conduite du serviteur de Dieu dans le gouvernement de sa paroisse, Avant de passer à des récits d’un genre différent, et de le considérer comme supérieur du séminaire et de la société de Saint-Sulpice, il nous reste à parler de la maladie qui le contraignit à se démettre de sa cure ; et ce sera par ce trait que nous terminerons cette seconde

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