‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 130 sur 269 · partie · texte numérisé non relu

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L'année 1 sa paroisse.

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M. OLIER SE DÉMET DE SA CURE. 225 L'année 1652 était la dixième depuis qu’il gouvernait XXXHI.

sa paroisse. Un serviteur aussi fidèle ne devait pas, ce Se ere semble, quitter sitôt un ministère dont l'Église avait reçu Olier est malatant de consolation, et les âmes de si grands fruits. ee Éextes Mais sa mission publique était remplie. Il savait depuis longtemps que Dieu, en l'appelant à la cure de Saint-Sulpice, avait borné à dix ans les services qu’il exigeait de lui, comme pasteur; lui-même avait fait part de cette circonstance à plusieur: d= s ecclésiastiques. « tant » allés un jour à la . npas prendre l’air, rap, :& » M. de Bretonvilliers, un de nous lui dit: Monsieur, » voilà que les dix ans seront bientôt expirés, et comment 4) pie de M. » pourra-t-il se faire que vous quittiez votre cure, puis- lier, par I: » qu'il n’y a nulle apparence que vous le puissiez, et se # LL à » mème que vous deviez le faire, quand vous le pourriez ? ques historiques, » — C’est à Dieu, répondit M. Olier, à vérifier ses paroles A OU ds »et à accomplir ses desseins. Pour nous, nous n’a- {e Père Giry, 4e

à : . part. ch. xIx, » vons qu’à nous abandonner à lui, sans retour sur nous- Remarques his-

A : . \ + ‘ .1 toriques, t. 111, p.

» mêmes, afin qu’il dispose à jamais de nous comme il 54. — Vie Ms.

M. Leschas- » voudra (1). » pre à: Lescha

Au mois de mars de cette année, sa santé avait éprouvé déjà un dépérissement considérable, qui l’obligea de recourir à divers remèdes. Le principal était le repos ; mais son zèle ardent ne lui permit pas d’en prendre assez pour se rétablir, ni de se dispenser d’aucun des soins attachés à la charge des âmes. Cet infatigable pasteur, toujours prêt à donner sa vie pour ses ouailles, s’employait à les servir comme s’il eût été en pleine santé, et sans considérer que la multitude des soins dont il était assiégé continuellement, l’affaiblissaient toujours davantage. Enfin, une cérémonie extraordinaire, qui eut lieu au mois de juin 1652, fut l’occasion qui acheva de l’abattre. On avait indiqué, pour le jour de saint Barnabé, une procession générale, où la châsse de sainte Geneviève devait (2) Histoire de

\ , 4 40! . la ville de Paris, ètre portée à l’église de Notre-Dame (2). Comme la cou- # 1, p. 4428, If, 15

(4) l'ie de M, Bourdoise 1 imprimér) in-êr, p.678, 679

VI Vie de M, Olier, par M, de Bretonvilliers, 1, 1, p. 324, 325

Sa résignation dans cette maladie, Dieu lui fait connaitre qu’il en relèvera,

(3 Jhid, pag.

4) Vie Ms.par M. de Rretonvitliers, P: 328, 329, 430,

tume était que les religieux, lorsqu'ils descendaient « sacré dépôt du feu où il reposait toujours, passassent toute la nuit en priéres (1), M. Olier, oubliant l’abatte. ment où il était réduit, voulut, cette nuit même, demeurer en oraison devant les saintes reliques. Il y resta, depuis neuf heures du soir jusqu'an lendemain à cinq heures du matin, et se contenta d'aller prendre deux heures de repos dans une maison voisine, Mais, depuis ce moment, son corps s’affaiblit de plus en plus, et, quelques jours après, il fut attaqué d’une violente fièvre, qui, devenant continue, donna les plus grandes inquiétudes (2).

l accepta cette maladie avec joie, et dit à un de ses plus familiers amis, que, puisqu'elle était l’effet de la volonté divine, il la préférait à la plus parfaite santé (3). Sa patience fut toujours inaltérable ; jamaïs on ne le vit perdre un instant son égalité, ni proférer un mot de plainte, au milieu des ardeurs de la fièvre. Îl en était comme dévoré, éprouvant une chaleur si extraordinaire, qu’il lui semblait quelquefois que son lit était en feu. Son âme, néanmoins, continuellement unie à Digu, goûtait une paix profonde, et ne cessait de produire, durant ce temps, des actes d'amour, de remerciment, d’anéantissement et d’autres semblables. On ne le vit point demander la santé, ni solliciter personne d'en faire pour lui la demande ; il ne désirait qu’une chose, l’accomplissement parfait des desseins de Drev sur lui, Aussi se conformait-il ponctuellement à tous les ordres des médecins, non par la crainte de la mort ou par l’espérance d'une plus longue vie, mais uniquement par amour pour Notre-Seigneur, dont il adorait la volonté dans leurs ordonnances : ne voyani que lui dans les médecins qui lui prescrivaient ce qu'il devait faire à l’égard de son corps; comme il Juÿ faisait connaître, par ses directeurs, les voies qu'il devait suivre pour la sanctification de son âme (b).

Le mal fit bientôt des progrès si rapides, qu'il ne laissa

\ presque plus villiers fit ve guérison de 1 le condamnai rance qu'il ne gnant à M. d s'en relever, mortenr pecca Une personne gereux état où Elle fut fort » point pour n » n'étais point » lait encore p:

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» qui vous éta » Notre-Seigne mprochait M. C » lonvilliers , » avoir CONNAÏS Néanmoins, rison, M, Olier, de sa conduite e Div le favorisa mourir, et reçu Bien plus, les n klendemain, di iremit, par pr

de Saint-Germa elles de l'abbé nserve(7) ; et, “eau appeler le à dans sa brièveté ve confiance

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M. OLIER SE DÉMET DE SA CURE. 227 prèsque plus d’espérance ; et, dans ee péril, M, de Bretonilliers tit vœu de jeûner quarante jours, pour obtenir la suérison de M. Olier (1). Mais pendant que les médecins le condamnaient, le malade reçut intérieurement l’assunee qu'il ne mourrait pas de cette maladie (2); et, témoigant à M. de Saint-Antoine la persuasion où il était de sen relever, il lui cita ces paroles de l’Écriture : Volo mortem peccatoris, sed magis ut convertatur et vivat (3). Une personne de grande piété étant en peine sur le danreux état où il se trouvait, il la fit prier de venir le voir. ile fut fort surprise de l’entendre dire : « Ne craignez » point pour ma santé , la sainte Vierge m’a assuré que je » n'étais point à la fin de ma carrière, et que Dieu me vou- » hit encore pour quelque temps dans le monde. Maïs une »autre chose qu’elle m’a découverte, c’est une faute dans » laquelle vous êtes tombée, en négligeant cette pratique » qui vous était fort salutaire, et qui était très-agréable à » Notre-Seigneur (4). » Elle seule savait l’omission que lui mprochait M. Olier; « car elle m’a assuré, dit M. de Bre- »tnvilliers, que personne au monde ne pouvait en » avoir connaissance (5). »

Néanmoins, malgré la certitude qu’il avait de sa guérison, M. Olier, accoutumé à ne prendre jamais pour règle de sa conduite extérieure les lumières extraordinaires dont Div le favorisait, disposa toutes choses comme s’il eût dû mourir, et reçut les derniers sacrements de l'Église (6). Bien plus, les médecins ayant déclaré qu’il ne passerait pas klendemain, dès le matin de ce jour, qui fut le 20 juin, remit, par procureur, sa cure entre les mains de l’abbé de Saint-Germain, et son prieuré de Bazainville entre «elles de l'abbé de Marmoutiers, sans prétendre à aucune nserve(7); et, l’après-midi du mème jour, il fit de nouveau appeler le notaire, et lui dicta son testament. Cet acte, dans sa brièveté, respire la plus tendre dévotion et la plus “ve confiance aux mérites du Rédempteur et à la très-

(1) Lettre de M. de Bretone villiers à M, Olier. — Attestations autogruphes touchant M. Olier,p.2t3.

(2) Année Dominicaine, elc.— Remarques hisloriques,t. in, p.

(3) Attestations autographes touchant M, Olier, p. 196.

(4) Itid.

(5) Vie, par M.

de Bretonvildiers, ibid. p. 333,

M. Olier reçoit les derniers sacrements, se démet de sa cure, et recouvre la santé.

(6) Attestalions autograph.£Æbid.

— Vie, par M.

de Bretonvildiers,\.u,p. 32».

— Par le Père Giry. — Remarques historiques, tin, p. 544, 542.

Ibid. t. 1, p. 42,

(7) Esprit de M. Olier,t, wi, p. 770.

sainte Vierge sa mère, M. Olier y demande pardon à tous

ceux qu'il aurait pu avoir offensés; il y ordonne que son corps soit inhumé dans l’église de Saint-Sulpice, sans pompe, ni cérémonie, et le plus simplement qu’on pourra, comme n'étant, ajoute-t-il, qu’un misérable pécheur, 11 fait

AUS ro divers legs à plusieurs de ses anciens serviteurs, et donne

juin, Fig sa bibliothèque au séminaire (1).

Mais, aussitôt après sa démission, il se trouva hors de danger : comme si Dieu ne lui eût envoyé cette maladie, que pour lui fournir l’occasion de se démettre de sa cure, Il la possédait depuis le 25 juin 1642, et il s’en démit le 20 du même mois 1652; de sorte qu’on vit s’accomplir à la lettre la prédiction qu'il avait faite de ne gouverner cette

(2) Vie, par M, Paroisse que l'espace de dix ans. Une nouvelle circon- El gage stance, qui frappa beaucoup les ecclésiastiques du sémi- (3) Archives naïre, ce fut que le choix de l’abbé de Saint-Germain

du Royaume ae .

section historig, tomba sur M. de Bretonvilliers, ainsi que le serviteur de

inutiles, not il n'osait m contribué, F mettre obst:

qu'il eut qi faisait les e cette grâce,

dressant au pour se réc faisant plac compaguie, q tient de celui abondance de gémissement un homme tendait se la

. . Provi- A * Las A . 1 Snsauiograph, DIEU l'avait prédit environ huit ans auparavant +, Ph pendant dx 4 pour W de Bre- sieurs fois, depuis ce temps, il lui avait donné la mème ME 1 0 remplir dign

& Vie de M. assurance, quoiqu'il n’y eût aucune apparence à l’accom- “er, ar Père FA ibid, plissement de cette prédiction, dit M. de Bretonvilliers, «

Des hitorques, Qu'il y eût même des raisons qui le rendaient moralemen

up Pa #1 Li impossible (2). M. de Bretonvilliers fut nommé à la cure, chassier, p.24. le 27 du même mois (3), et en prit possession le 29 (4).

nn di Après sa démission, loin de considérer avec quelque

humilité après < complaisance le bien qu'il avait opéré dans cette paroisse,

en de si heureusement renouvelée par ses travaux, M. Olir

aimait à se remettre devant les yeux ces paroles du Sur

veur à ses disciples : Lorsque vous aurez fait tout ce qu

vous était commandé, dites : Nous sommes des serviteur (8) Collet, t. u, p. 519. — Sum marium ex pro- + Saint Vincent de Paul prédit aussi que M. Jolly serait supérieur

Re M pr général de la Missicn, quoique, dans un écrit signé de sa main, il cit ie proposé M. Alméras pour lui succéder. M. Alméras lui succéda, centii a Paulo), Met; Mais il eut pour successeur M, Jolly, qui, de cette sorte, dlevint p. 470. le troisième supérieur de la Mission (5).

qu'il avait d fautes grièv confesseur, q besoin, pour que la foi n séricordes du

n à tous que son €, Sans pourra, ar, [] fait et donne

hors de maladie, > SA CUT, démit le complir à ner cette le circoudu sémi- -Germain rviteur de nt +, Plula même à l’accomvilliers, oralement à la cure, e 29 (4).

6 quelque e paroisse, , M. Olir es du Sattout ce qu

s serviteurs

ait supérieur

main, il él 1 succéda, 1 b sorte, dletitl

M, OLMER SE DÉMET LE SA CURE, 221 inutiles, nous n'avons fail que ce que nous devions (4). il n'osait mème se rendre ce témoignage, croyant n'avoir «wntribué, pendant les dix années de son ministère, qu'à mettre obstacle à l'œuvre de Dieu. Quelques mois après qu'il eut quitté sa cure, passant à Lyon, lors qu'on y faisait les exercices du Jubilé, et désirant de participer à «tte grâce, il se rendit à l’église des Feuillants. Là, s'adressant au premier religieux qui se rencontra, il se mit, pour se réconcilier, dans un côté du confessionnal, en faisant placer dans l’autre un des ecclésiastiques de sa ompaguie, qui voulait obtenir la même faveur; et on tient de celui-ci, que M. Olier répandit alors une si grande abondance de larmes, et s’accusa avec des sanglots et dex gémissements si extraordinaires, qu'on l’eût pris pour un homme coupable des plus grands forfaits. On l’entendait se lamenter et se confondre tout haut, de ce que pendant dix ans il avait été curé d’une immense paroisse, sans avoir les vertus et les qualités nécessaires pour remplir dignement de si redoutables fonctions. La crainte qu'il avait de s’ètre rendu coupable d’une intinité de fautes grièves le rendait inconsolable ; en sorte que le confesseur, qui ne pouvait calmer ses inquiétudes, eut besoin, pour lui rendre la paix, de lui rappeler tout ve que la foi nous enseigne de plus consolant, sur les miséricordes du Seigneur envers ceux qui le craignent.

Luc, vu,

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