Archives du Royaume,section historique, L
— Voyage pittoresque de Paris, 4778, p. 354. -— Description nouvelle de ce qu'il y a de plus remarquable dans
Paris, 1685, 1.
1, pe 178. — Paris ancien et moderne, par Le Maire, 4585, t.
nu, p. 279, 280.
» phèse et les patriarches d'Orient, ayant saint Cyrille à » leur tête, paraissent dans le fond sur la partie infi- » rieure; et ensuite le pape saint Célestin et l’Église La- » tine. Ils sont portés sur des nuées ; et dans l'attitude de » l’humilité et de l’admiration, ils rendent leurs respects » profonds à la très-sainte Vierge, en la proclamant Mère » de Dieu. On voit à un angle et dans un enfoncement » l’hérésiarque Nestorius, saisi d’effroi, et qui parait s’op- » poser à ce divin concert de toute l’Église, en produisant » sur un rouleau d'écriture son Cristotocos, on Mére du » Christ, qui est l’hérésie par laquelle il voulait lui enle- » ver sa dignité de Mére de Dieu. La sainte Vierge parail » au milieu, beaucoup élevée au-dessus de ces saints doc- » teurs ; elle est portée sur un manteau d’azur, soutenu » par une multitude d’anges, dont les attitudes sont toutes » différentes, mais très-hardies, dégagées, naturelles e » sans confusion, quoiqu'ils soient pressés et comme en- » trelacés. D’autres anges s’écartent dans les extrémités » du tableau, et témoignent par les fleurs qu’ils répan- » dent, par les instruments dont ils jouent, et par leurs » manières pleines de joie, d’admiration et de respect, » que le ciel s’accorde avec la terre, pour publier de con- » cert les grandeurs et le triomphe de l’auguste Mère de » Disu. Elle est placée dans une gloire, au milieu de la- » quelle, le visage éclatant de lumiere, elle s’élève insen- » siblement vers le Père éternel ; elle le regarde avec des » yeux pleins d’amour et de douceur, et lui tend les bras » pour lui marquer ses empressements. Sa tête est de la » main seule de Le Brun, et c’est le chef-d'œuvre de ce » grand peintre. Une infinité d’anges, touchés avec la der- » nière délicatesse, l’environnent de tous côtés. La plu- » part sont perdus dans la gloire, ce qui n’empèche nas » néanmoins d'en remarquer tous les traits; de sorte qu'il » est difficile de voir sur la terre une image du ciel, plus » vive et plus belle, M. Olier ne put s'empêcher de le té-
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» moigner lui-même à Le Brun, en lui disant : Que vous 4 » êtes heureux, Monsieur, de nous pouvoir donner, par le 4%} paudrand, » moyen de votre pinceau, une si belle expression de la ? HS . à » gbire du ciel (1)*!» 279.
L'espace renfermé entre le cadre de ce riche tableau et la corniche de la chapelle, était rempli par différents médaillons, où l’on voyait représentés, sous divers symboles, les perfections que l’Église attribue à la très-sainte Vierge dans les Litanies, et ces médaillons étaient réunis les uns aux autres par des festons et des guirlandes de fleurs, avec des vases, des candélabres et d’autres ornements tout écla- pe tants de dorures (2). L 39, 40.
Le bâtiment du séminaire étant entièrement terminé, 1651. M. Olier voulut qu’il füt béni solennellement avant qu’on se l’habitât ; et il invita encore le Nonce du Pape pour cette qu séminaire. cérémonie, qui eut lieu le jour de l’Assomption, 1651 (3). (3) régiment
sui à sai « itl : des prétres de lu «Me trouvant ensuite à la sainte Messe, dit-il, je remer- paroisse Saint-
» ciais Notre-Seigneur, pour avoir permis la bénédiction Spice, p. 3, n. — Mémoires de
» que nous avons donnée à la maison du séminaire, ayant, #. Baudrand, p.
à SE Ep ; Pc 27. — Vie de M.
» selon le Rituel, jeté de l’eau bénite dans toutes les cham- 6. dur M. de
» bres et les autres lieux de la communauté. Je le sup- a À » pliais encore, avec instance, qu’il lui plût prendre telle- » ment cette maison sous sa protection, qu’il ne souffrit » jamais que le malin y eùt entrée ; que puisque l’eau » bénite l’en avait banni, les âmes ne lui donnassent ja- » mais entrée par le péché; et pour cela même, je croyais » qu’il fallait exhorter tout le monde à se purifier, avent » qu'on y logeât. Comme je demandais ensuite avec in- » stance qu’il plût à Dreu d’y répandre sa bénédiction, lui » protestant que je ne le quitterais pas qu’il ne m'en eût » donné l’assurance, sa Bonté divine me parut mettre » cette maison sur mes bras et la faire reposer entre mes » mains, comine si l’on mettait le modèle d’un grand bâti- » ment en raccourci sur les mains de quelqu'un. Je voyais » cela se passer en moi, me trouvant tout anéanti; et en
(hi Vie de M.
Olier, par M de Bretonvilliers, t 1, p. 88.
(2) fétesdations autografihes touchant M, Oler, D. 229. — Grandet, Vies Ms. t.
(3) Mém. aut, de M.Olier,1.Vi, p.10, 41,12.
» même temps Dieu me disait ces paroles : Je te mets cette » maison entre les mains ; tu m'en répondras : en sorte que » je concevais que j'étais chargé de cette œuvre, comme » aussi de la cure qui y est adjointe, pour rendre visihle » l'esprit du séminaire, et qu'il ne fallait plus penser » à d’autres œuvres, ni à d’autres entreprises, comme » le malin en présente toujours de fort excellentes en ap- » parence ({). »
Nous avons dit, dans la première partie de cet ouvrage, que durant quatre-vingts ans environ, on avait fait en France une multitude d’essais pour réaliser les desseins de l'Eglise, touchant l'établissement des séminaires, et que ces essais étaient restés sans résultats, à cause de l'ignorance où l’on était de la forme propre et de l’esprit qu'il fallait donner à ces maisons. La vue dont M. Olier fut favorisé à Notre-Dame, et qui lui servit de règle dans la construction et la distribution de l’édifice matériel du séminaire (2), avait sans doute un autre motif. Elle devait le confirmer de plus en plus dans la persuasion où il était, que le plan de l'édifice spirituel, bien plus important que l’autre, ne serait point un dessein concerté par les hommes, mais un ouvrage veuu d'en haut; et que ce plan avait été montré par Notre-Seigneur lui-même, au Père de Condren, qui avait si souvent annoncé mystérieusement cette grande œuvre à ses disciples. « Ce saint per- » Sonnage que j'ai tant honoré, dit M. Olier, et qui m'a- » vait promis que je serais l’un des héritiers de son esprit, » après être monté aux cieux et avoir rempli sa course, » doit achever par nous son ouvrage. C’est lui qui comprend l’idée sublime du dessein que Dreu lui a manifesté, I] » nous fait employer les matériaux à cet ouvrage, en nous » découvrant peu à peu et faiblement ce qu'il sait ètre » utile de nous manifester; afin que nous travaillions à » ce dessein, et sur le plan que Dreu lui en a tracé lui- » même. Mais tout cela se fait petit à petit(3).»
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ESPRIT DU SÉMINAIRE DE SAINT-SULPICE. 251 Voici, d’après M. Olier, et conformément aux lumières VIII.
communiquées au Père de Condren, le fondement de tout es l'esprit du séminaire. « Drev, dit-il, pour renouveler de Notre-Sei- » mainienant la piété primitive du christianisme, a résolu EN mnt » d'employer les mêmes moyens dont il se servit au com- du séminaire. » mencement. Ce fut par JÉsus-CurisT qu'il se fit connai- » tre aux hommes ; et comme le dessein du Père n’était » pas de montrer son Fils visiblement à toute la terre, il le » multiplia et le répandit dans les Apôtres, qui, remplis de » son Esprit, de ses vertus et de sa puissance, le portèrent » partout avec eux dans le monde, montrant extérieure- » ment dans leurs personnes sa patience, son humilité, sa » douceur, sa charité et toutes ses vertus. Il faut donc que, » pour répondre au dessein de Dieu, nous inspirions à la » jeunesse les sentiments et les vertus de JÉsus-Cunisr, et » qu'il vive dans chacun aussi réellement que dans PApôtre » qui disait : Je vis, mais non pas moi ; c’est JÉSUS-CHRIST » qui vit en moi (1). » Telle est la dévotion essentielle et (#1 Divers efondamentale du séminaire de Saint-Sulpice, dévotion D'AAre consacrée par l’institution de la fête de /a vie intérieure de Notre-Seigneur, que l’on y célèbre solennellement tous ls ans, et de plus une fois chaque semaine, pendant une grande partie de l’année * +. Cette fète a pour objet prin- * NOTE 6, p. cipal les dispositions intérieures dont Notre-Seigneur à ac- ci compagné ses mystères et toutes les actions de sa vie, comme sont ses sentiments de religion envers son Père,
+ C'était la dévotion essentielle de l'Oratoire ; l’on y récitait tous
les jours cette prière : Fac nos, quæsumus, hanc ineffabilem et di- (21 Pie du car-
dinal de Bérutlle, » par Cloysault.— jugiter celebrare (2) ; et ce fut pour donner un nouvel aliment à cette fies Ms. t 1, p. dévotion, que le Père de Bérulle institua La fête des grandeurs de Jk- n” Ibid. p. 88 sus, dont on faisait mémoire tous les jours (3), et qui avait pour objet = 4nnales de la
les trésors de grâces et les richesses inénarrables renfermées dans AN AR de : ratoire, anne l’'Homme-Diev. 1625.
vinissimam vitam Verbi in humanitate, et humanitatis in Verbo vitæ
(ln Catéchisme chrétien pour la vie intérieure, par M, Olier, ire part, lecon 4.
@) Philipp. 1,
(3) Officium vitæintericris D.
de charité envers le prochain, d'anéantissement à l’égarq de soi-même, d'horreur pour le monde et le péché (1); et le fruit qu’on s’en propose, est une participation abondante à ces mêmes dispositions, selon l’avertissement que saint Paul donne aux Fidèles : Ayez en vous-mêmes les sentiments de Jésus-Christ (2). |
Le principal objet des soins de M. Olier, fut d'établir dans ses disciples cette vie intérieure; c’est le but où tendent tous ses écrits, et c'était, selon lui, la vocation propre des chrétiens et des prètres. Il ajoutait qu’ils seraient vraiment dignes de ces titres augustes, si l’on pouvait dire d’eux, par exemple, quand ils parlaient : C'était ainsi que Jésus-Cnrisr parlait ; quand ils agissaient : C’était ainsi que Jésus-CHrisT agissait, quand ils souffraient : C’était ainsi qu'il souffrait ; et depuis M. Olier, cette instruction na cessé de retentir dans le séminaire de Saint-Sulpice. « Vous » me faites un grand bien et un vrai plaisir, écrivait » M. Leschassier à l’un de ses amis, de me renouveler la » mémoire de la plus importante de toutes les instructions » que nousavons recues dans le séminaire, et que MM. Olier, » de Bretonvilliers et Tronsom cat pris, l’un après l’autre, » un soin tout particulier de nous inculquer. Nous répé- » tons em tant d'occasions ces paroles de saint Ambroise : » Omnia Christus est nobis : signaculum in fronte, ut sem-
N.J. C. die VI » per confiteamur ; signaculum in corde, ut semper diliga-
infr.océ.lect.IF, p.454, in 24, Pavis.apud Dubois,
(4) Lettres diverses de M, Leschassier, À. 11, p. 300, 12 scptembre 1702,