‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 169 sur 269 · verses de M · texte numérisé non relu

verses de M

trant le péril que couraient et ceux qui avancaient ces rronson, & wi.

Lyon, p. 447,6 juillet 1684.

maximes, et ceux qui les écoutaient (1).

Ce n'est pas néanmoins que M. Olier voulût astt sure chacun sans distinction, à suivre la même marche dans l'oraison, au mépris des attraits qui viennent de Dieu. Il commandait , au contraire, de les découvrir au directeur, et de les suivre fidèlement lorsqu'il les avait approuvés. Mais, dans ce cas même, il avertissait de préparer toujours le sujet de l’oraison, et de s’y rendre attentif autant qu'on pourrait, afin de se précautionner contre les illusions du démon ou celles de l’amour-propre. Ce fut ce qu'il écrivit à la mère de Bressand. « Tout ce que vous » avez à observer dans cette voie, lui dit-il, est de conti- » nuer la préparation du sujet de votre oraison, qu'il faut » prévoir toujours auparavant, sans néanmoins faire au- » cune violence à l’Esprit-Saint, pendant le temps que vous » yêtes. Ainsi, lorsqu'on lit le sujet de la méditation, » tâchez de vous y rendre attentive; et, quoique pour lors » vous ne vous y sentiez nullement attachée, il faut vous » faire violence pour résister à quelque autre attrait qui » vous porterait ailleurs. Il faut vous la faire, parce que la » régle du monastère, qui porte qu’on lira et préparera le » sujet de la méditation, est une marque plus assurée » de la volonté de Dieu, que tout autre attrait; et en la » suivant, on marche en assurance, étant à couvert de » toute illusion. Mais lorsque vous aurez ainsi préparé » votre sujet, ne faites aucun effort pour vous en occuper; » suivez en simplicité lattrait que Dizu vous donnera, » sans vous en écarter aucunement sous prétexte de re- » prendre votre sujet; ainsi, vous satisferez à ce que vous » devez et ne ferez point de vivlence au Saint-Esprit (2), »

Un autre moyen, que M. Olier recommandait à ses disüples, pour vivre de la vie de Noire-Seigneur, c'était l'étude assidue des actions de ce divin Maitre, rapportées

(4) Lettres di-

(2) Vie de lu mère de Bressand, par lu mère Guérin, in- 42, 4676, p. 133

M. Olier établit l'examen particulier. En

quoi consiste cet exercice.

(1) Mémoires de M.Baudrund, l: . 16

* NOTE ?, p.

KITP j

1») Pièce dédivorce des Méonnires aut, de

WW, Olier,

308 PARTIE HN, LIVRE 1, — SÉMINAIRES, daus l'Evangile, el des sentiments intérieurs dont il les avait accompagnées. Il établit, dans ce dessein, l'exercice connu depuis, dans la plupart des séminaires, sous le nom d'Examen particulier, et qui n’est,à proprement parler, que l'étude de Notre-Seigneur, On écoute d’abord ses divins enseignements dans l'Evangile, dont on lit un chapitre, à genoux et tête nue; on considère ensuite quelqu’une de ses actions ou de ses vertus ; et, enfin, chacun rentrant en soi-même, examine quelles ont été ses propres dispositions, en faisant la mème action, en pratiquant la mème vertu; et cet exercice s'appelle Æ£'zumen particulier, On a composé, pour en faciliter la pratique, un ouvrage très-connu, qui contient des formules, dont le fond appartient à M. Olier; M. de Poussé y travailla aussi, mais principalement M. Tronson (1), qui les mit en meilleur ordre, leur donna plus de développement, et y ajouta une multitude de citations de l’Écriture, des saints Pères et des Conciles*. « Notre-Seigneur, dit M. Olier, désire » que nous le prenions pour maître, de la part du Père » éternel, qui lui a enseigné, de toute éternité, ce qu'il » doit nous apprendre : /psum audite, C’est par sa bouche » qu’il nous parle maintenant, Je vous ai découvert, dit le » Fils de Dieu, tout ce que j'ai oui de mon Père, pour vous » être révélé en son nom. Notre-Seigneur veut même que, » tous les jours, en la lecture qui se fera d’un chapitre du » nouveau Testament, on apprenne quelque maxime de » sa bouche, et qu’on vive au fond de son âme, conformé- » ment à ce qu’on aura appris. Car c'est surtout cette vie » spirituelle, cette vie cachée, cette disposition intérieure » du cœur, qu’il désire de nous, Jésus-Cnrisr doit être seul » en nous, vivant et régnant, pour y servir et y glorifier » son Père. Qu'il plaise à sa bonté et à sa bénignité d'éta- » blir ainsi sa vie dans nos âmes : Solus regnet et vivut » Jesus in nobis (2).»

Outre les saints Evangiles, M, Olier voulait qu'on vi-

hE nérät égalen était l'ordre du séminair leur chambr » térieurem » DIEU a voi » communic » saint Paul » petites ar1 » quelles ét » les sainte:

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on vé-

RÉSPEUT POUR LES SAINTES ÉCRITURES, 309 nérât également toute la sainte Bible, ajoutant que tel était l'ordre de Dieu sur la maison. [l exhortait les clercs du séminaire à la placer dans le lieu le plus honorable de leur chambre. « La sainte Écriture, disait-il, nourrit in- »térieurement nos âmes, étant un ciboire sous lequel » Du a voulu se cacher pour se donner à nous, et nous » communiquer ses grâces. Et en effet, autrefois, selon » saint Paulin, on avait, dans les saints tabernacles, deux » petites armoires à côté l’une de l’autre, dans l’une des- » quelles était le très-saint Sacrement, et dans l’autre » les saintes Écritures. L'une contenait le Verbe divin, » renfermé sous les espèces, dans le silence majestueux » de sa divinité; et l’autre, le Verbe divin s’expliquant » au dehors, et faisant entendre ce qu’il dit en lui-même, » mais s’expliquant à notre mode, et à notre facon de nous » énoncer. Car le Verbe de Dieu, c’est-à-dire, ce que Disu »dit'en lui, est incompréhensible, Dieu disant toujours » lout ce qu’il est et tout ce qu'il sait; et cela est immense, » infini. Mais, dans les Ecritures, nous ne lisons qu’une » petite syllabe de ce que cette poitrine immense pro- » nonce en elle-même ; nous n’y voyons que très-impar- » faitement les pensées de Drev. En attendant que nous » entendions cette parole infinie, l’explication du secret » éternel de Dieu, il faut que nous tenions notre esprit » respectueusement attentif aux paroles révélées, et à la » portion de la science divine qu’il manifeste en ses Ecri- »tures, les ayant devant nous comme l’oracle où Dieu » nous parle, comme l'arche et le tabernacle où il veut » être adoré et consulté. On inspirera donc, dans la mai- » son, l’estime que l’on doit faire de la valeur et de la sain- » teté des Ecritures, et les sentiments avec lesquels il faut » en approcher (1). »

M. Olier était lui-même un modèle parfait de ce respect religieux (2). Jamais il ne lisait les saintes Écritures qu'à senoux et tète nue. Il plaçait toujours sa Bible dans un

Respect pour les saintes Ecritures.

(1) Pièce détachée des Mémoires aut. de M. Olier.

(2) Vie, par le Père Giry, part.

2, ch v,

310 PARTIE HIT, LIVRE I, — SÉMINAIRES, pelit trône, qu'il avait fait disposer, à ce dessein, dans sa chambre ; et, soit qu'il y entrât ou qu'ilen sortit, il adorait profondémeni l'Esprit de Dieu résidant dans ce divin PA ra Gé de livre (1). Par esprit de religion, il avait fait orner cette Bible avec une magnificence extraordinaire, On la conserve encore au séminaire de Saint-Sulpice, Elle est ornée de reliefs d'argent, dont les deux principaux représentent, l’un le Verbe de Dev, sous l'emblème d'un livre ouvert, adoré par des Chérubins ; l’autre, le même Verbe de bre, sous les voiles de l'Eucharistie, également adoré par les esprits célestes ; et on lit cette inscription, qui exprime la religion du séminaire pour le Verbe de Die, considéré

dans ces deux états : Par cultus et amor utrique. DER M. Olier regardait la vertu de religion comme la vertu toutesles rubri- Propre des clercs; et, par conséquent, comme celle qu'il Leu fallait leur inculquer davantage, Non-seulement il voulait glise. qu'ils se portassent avec affection aux actes propres de cette vertu, mais il désirait que tous leurs exercices fussent animés par le motif de la religion, afin d'honorer Dieu en

(2 J'ie de M. toutes choses (2), selon ces paroles de saint Pierre, qu'il de Lantages, in- ES ; , à Soliv.1,n, xxu, leUr répétait fréquemment : /x omnibus homorificetur . 89. nt A cu oh Fe) Attestations Deus per Jesum Christum (3). Considérant les cérémonies

autographes tou- ecclésiastiques n 3 / | sf Lt , ns Ag ed lastiques comme des moyens d'honorer Div, que

p.173. l'Eglise elle-même a institués, il voulait que chacun les apprit parfaitement et s'en acquittât avec la plus religieuse Res . exactitude (4). I est vrai qu'il eut l'avantage d'être sep. 537, 539, 542, CONdé, en ce point, par des hommes d’un mérite peu je commun, Outre M. de Bassancourt, dont nous avons parlé, Dieu lui donna encore un saint religieux, trèsversé dans cette partie du eulte divin, qu'il était allé étudier à Rome, auprès du célèbre Gavantus : ce fut le Pre Bauldry, de l’ordre de Saint-Benoit, connu par le Cérémonial Romain qu’il a donné au public, Étant revenu en France, il se retira dans l’abbaye de Saint-Germain-des- Prés, d'où il se faisait un plaisir de venit enseigner les

vrémonies qua pendar d'exactitude quelque exF teurs sur ce peu d'impo de la vertu Nous ne du culte de trois mois, voyés, à l’o( infirme, de ecclésiastiq » que j'ai » Provident » dans la st » contres à envoyant c pour M. Bo thentique d son ancien » je vous p » vont rend » se retirer » cipline el » VOUS 5 et, » cher d’ur » Is ont fa » vont se P » a donné | » autres, à Non cor cérémonies de leur en homme qu

dans sa | adorait e divin er cette la const ornée sentent, ouvert, le Die, par les prime la onsidére

la vertu Île qu'il L voulait pres de fussent Dieu en re, qu'il rificetur émonies FEU, que acuu les

ligieuse

être seite peu S Avon IX, trèsallé étule Pore Cérémoenu en ain-esgner les

PONCTUALITÉ AUX RUBRIQUES, 911 cérémonies au séminaire de Saint-Sulpice : ce qu’il conti-

qua pendant longtemps (1). On les y pratiquait avec tant (9 Pie de M. A P | , , Rourdoise, Ma, d'exactitude, que M. Bourdoise, sur la fin de ses jours, ins, p. 886.

quelque expérience qu'il en eût, venait consulter les direc- ri teurs sur certains points (2), qui auraient pu paraître de (2 /hid. inf. peu d'importance à tout autre qu'à cet homme si pénétré ROSES de la vertu de religion.

Nous ne devons point omettre ici, que ce grand zélateur nu eulte de Dieu, ayant reçu à Liancourt, et gardé durant trois mois, treize ecclésiastiques que M. Olier lui avait envoyés, à l’occasion du siége de-Paris, ne laissa pas, quoique infirme, de les former pendant ce temps aux cérémonies «clésiastiques, et de leur inspirer l’esprit paroissial. « Ce » que j'ai appris de ses maximes, dans le temps que la » Providence me fit être auprès de lüi à Liancourt, disait » dans la suite M. de Lantages. n''a servi en bien des ren- » contres à l'avantage de la cléricature (3). » M. Olier, en Au Ibid. pay. envoyant ces Messieurs à Liancourt, leur avait remis, pour M. Bourdoise, une lettre qui est un témoignage authentique de son estime et de sa profonde vénération pour son ancien maître. « Mon très-honoré Père, lui disait-il, » je vous prie d’avoir agréables les services que nos clercs » vont rendre à Dieu dans votre église. Is sont obligés de » se retirer de Paris ; mais ils cherchent un lieu de dis- » cipline et d’exemple, ce qu'ils espèrent trouver chez » vous ; et, dans leur désolation, ils se consolent d’appro- » cher d’un lieu où se pratique exactement la cléricature. » [ls ont fait leur premier apprentissage à Paris ; mais ils » vont se perfectionner à Liancourt, auprès de celui qui en » a donné les premières teintures à ses serviteurs, et, entre | » autres, à ce pauvre novice qui vous écrit (#). » a) ds Non content de montrer à ses disciples la lettre des ü UE cérémonies ecclésiastiques, M. Olier avait aussi à Cœur pose son Erplide leur en découvrir l'esprit et les mystères cachés, Un ‘ation des cé-

: : a 45 rémonies de la homme qui enseignait à rapporter à JÉsus-CHrisT les ac- 4rand'Messe.

312 PARTIE Hf. LIVRE 11. — SÉMINAIRES.

tions les plus indifférentes, et qui en avait donné à ses

(1) Actes inté- disciples des méthodes particulières (1), devait bien,

rieurs, 2 vol, in-

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