IX
La Reine et l'abbé de Saint- Germain s'opposent au dessein de l’Oratoire,
(2) Wie de M,
» laient abreuver les peuples de leur doctrine, où en «- |
» rions-nous? Quelle zizanie? quelle brouillerie? Cette » nouvelle contradiction apporterait, elle seule, plus d’ob- » stacles au bien des âmes, que toutes les autres ensemble, » Ces Pères, étant irrités comme ils le sont contre nous, » par maxime de conscience, et leur chaleur s’allumant » tous les jours par ces doctrines, il nous faudrait tout » quitter (1). »
Néanmoins, dans la crainte d’agir de soi-même en s’op. posant à leur établissement, M. Olier voulut attendre que Dieu lui donnât quelque indice de sa volonté, par l’ablx de Saint-Germain, son supérieur, et il demeura huit jours sans paraître. Sur ces entrefaites, la Reine régente et le Roi, qui étaient encore hors de Paris depuis les troubles politiques, firent leur entrée dans cette capitale ; et la circonstance parut très-favorable aux amis de l’Oratoire, pour disposer l’esprit de la Reïne en faveur de l’établissement projeté. Mais, à leur grand étonnement, elle ordonm à l'abbé de Saint-Germain d’y mettre opposition, et répondit qu'il y avait déjà assez de communautés sur la paroisse de Saint-Sulpice. Après huit jours de silence et de prières, M. Olier, espérant que Dreu lui ferait connaître sa volonté, par l'organe de ce Prélat, alla le visiter. À peine l'Ab l’eut-il vu entrer, que, le premier, il se mit à parler de l'affaire des Oratoriens, et déclara la résolution qu’il avait prise de s’y opposer de tout son pouvoir. « Je quitterai le » faubourg, plutôt que d’y voir entrer les Pères de l'Orr- » toire, disait-il; je suis assuré que la plupart d’entreux » sont Jansénistes, et je ne veux point souffrir que de telles » gens viennent s’y établir. »
M. Olier, connaissant alors la volonté de Du, crut qu’il pouvait agir en assurance, que même son devoir l'y
Ouer,par le Père gbligeait; et quoiqu'il éprouvât beaucoup de peine d’être
Giry, partie 2e, chap. 1v.— Lettres aut., de M, Olivr, p. 197,
obligé de s’opposer à l'Oratoire (2), il fut néanmoins affermi dans son dessein par une nouvelle faveur dont
M, OLIER | m-sainte Vi mrailler au !
de sa protectic qen reconr wu, à honor quart d'heure jloux de la £ ugagement, je devais, el »rndre ces pratiquât la rtente, me d ment n'aura » sances de la »kerût et le ke Marie, fu qui, dès ce m wmpagnie de hble*, «Il v »les person » spirituelle, » honoré Père »pour ne pas » afin qu’on 1 » de Saint-Sul » Vierge, et q » considérable le même es »eœtte divine » grâces (2), »
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M, OLIER PRÉSERVE SA COMPAGNIE DU JAN#ÉNISME, 9197 t-sainte Vierge daigna l’honorer. Elle lui donna ordre de X, mailler au maintien de l’œuvre du séminaire, l'assurant ;, d vds desa protection, et lui manifesta en même temps le désir, réciter chaque gen reconnaissance de ce bienfait, il s'engageñt, par Jour le chapelot wu, à honorer ses grandeurs chaque jour pendant un maisons de sa quart d'heure. C’en était bien assez pour un serviteur si gi LU gbux de la gloire de Marie, pour contracter aussitôt ect mgagement. « Je comprenais, dit-il, que, non-seulement sjedevais, en mon particulier, moi qui ne suis rien, lui vrndre ces devoirs, mais faire aussi que le séminaire ; pratiquât la même chose. Elle me témoigna en étre con- 1tente, me donnant la confiance entière que l’établisse- ,ment n'aurait pas lieu, quoique les plus grandes puis- » sances de la France s’en mêlassent, et que tout le monde ke erût et le craignit (1). » Cet exercice sur les grandeurs (1) Mémoires aut, de M. Olier, lb Marie, fut la récitation quotidienne du chapelet, 4 v, p, 307, ave. qui, dès ce moment, a été, pour toutes les maisons de la umpagnie de Saint-Sulpice, une pratique sacrée et inviohble*, «I vaudrait mieux, écrivait M, Tronson, exposer * Nor£ 4, p. »les personnes à manquer un quart d’heure de lecture . spirituelle, qu’au chapelet que feu M, Olier, notre très- » honoré Père, nous a trop particulièrement recommandé, pour ne pas faire tout ce qui peut dépendre de nous, » afin qu’on le dise tous les jours dans toutes les maisons » de Saint-Sulpice. La grâce qu’il obtint de la très-sainte » Vierge, et qui lui fit prendre cette résolution, est assez » considérable pour obliger tous ses enfants à entrer dans rl même esprit, et à faire rendre ce même devoir 4 (4 Lettres de rette divine Mère, de qui ils tiennent toutes leurs D AT à » grâces (2). » vicr 1680, y. 33 Après la faveur dont nous venons de parler, M, Olier ia d'abord remercier la très-sainte Vierge à Notre-Dame de Paris, et se disposa à partir, quelques jours après, pour Notre-Dame de Liesse. Madame Tronson l'avait invité à ler prendre quelques jours de repos au Péray; il s'en
excusa, et lui écrivit : « Je rends à Dieu ce que je vous » dérobe : je partirai vendredi pour un pèlerinage que je » lui dois. J’eusse été bien aise d’achever, au Péray, la dé. » votion du chapelet de Notre-Dame, que j'ai tracée de- » puis votre départ. Elle me paraît comprendre les gran- » deurs de notre sainte Maîtresse, et devoir être utile à (1) Lettresaut, » Ses enfants (1). » Il parle ici des considérations, connues rs Oler, P sous le nom d’Occupation sur les grandeurs de la très. A, nr sainte Vierge, en récitant le chapelet, et qui se trouvent Olier, 4° part. dans sa Journée chrétienne (2). XI. Avant de partir pour Liesse, il alla visiter le due d'Or. Re léans, qui, ayant le Père Bourgoing, général de l’Oratoire, échoue entière- pour confesseur, mettait toujours beaucoup de zèle à PE établir la société sur la paroisse de Saint-Sulpice ; et il nous apprend que ses paroles, quoique très-respectueuses, firent, sur l’esprit de ce prince, une singulière impression. « Notre divine Maîtresse, dit-il, me fit parler » avec tant d’efficace à ces puissances, surtout à la princile pale, que j'ai vu celle-ci tout ébranlée pendant que je aut. de M. Olier, » lui parlais, quoique je ne fusse rien, et que je me tinsse M toujours dans mes humbles devoirs (3). »
Étant arrivé heureusement à Liesse, il y passa deux jours presque entiers devant la statue miraculeuse de Marie, et recut de cette puissante protectrice de nouvelles faveurs. « Quelquefois en l’oraison, dit-il lui-même, ell: » me parut comme une reine dominant absolument sur » l'affaire que nous suscitaient les Pères de l’Oratoire, et » régnant surl’œuvre du séminaire pour notre protection.» Bientôt, en effet, cette maison éprouva son assistance. Les amis de l’Oratoire, informés d’un voyage que M. Olier avait entrepris, probablement dans le Vivarais, profitèrent de son absence pour renouveler plus vivement que jamais leurs instances et leurs poursuites. « Aux moindres visites » qu’on lui fit en notre nom, dit M. Olier, la Reine régentr, » par qui notre sainte Maitresse agissait, parut si forte, si