‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 186 sur 269 · SA CONDUITE DANS L'ADMISSION DES SUJETS · texte numérisé non relu

SA CONDUITE DANS L'ADMISSION DES SUJETS

4 Nous en » son côté, m'en avait sollicité six mois, je ne voulus jatemps de » mais la prendre, ni que pas un des nôtres y pensât. Je 8 assurer, » crus que vos Pères, faisant leur œuvre à leur manière, [u'après ce »et y ayant tant d’autres lieux nécessiteux en France et ville, Bien » ailleurs, il ne fallait pas être ainsi à charge les uns aux ux mêmes » autres (1). » AVE jours sans l'est temps de considérer M. Olier dans la manière XII. nscigneur dont il formait les sujets destinés à sa compagnie. Per- M. Olier no “ , . : ., follicita jamais itièrement suadé que leur vocation devait être l'ouvrage de Drev, il personne à enlevais agir ne sollicita jamais personne à y entrer. « Notre-Seigneur trer ‘ans sa soidence vi- » désire, écrit-il lui-même, que, dans la formation de no- A nseigneur »tre société, je suive entièrement la conduite qu’il a eigneur de »tenue lui-même dans l’établissement de son Eglise ine, et lui » avec les Apôtres, sans user de moyens humains, d’inavec vo » ventions mondaines et séculières. Il ne veut point que opinions, »la prudence humaine nous associe; mais que notre vous dirai » société soit l’ouvrage de son Esprit, et que sa charité | opinions » nous tienne unis et liés ensemble, Il vaut mieux recepersonnes » voir un sujet de la maïn de Dreu, que cent mille d’ail- 1 de jours, » leurs; leur demeure parmi nous sera bien plus assurée, ant en ln » bien plus douce et plus fructueuse. S'ils entraient ici quant sur » par une autre voie, la prudence humaine qui les y onne très- » aurait conduits, les embarrasserait dans ses ressorts toute * fait pas » leur vie; et comptant sur les moyens humains, ils n’auénfideliun » raient point de consistance et de stabilité, et demeurex d’avoir, » raient sans fruit dans leur stérilité naturelle (2). » . Au rte nt à toute Cette conduite si désintéresste et si chrétienne a servi di a tant de de règle aux successeurs de M. Olier. «On se contente, ses brebis. » disait M. Baudrand, de prier sur les sujets, de suivre t jugez de » leur grâce, et d’entrer sans empressement dans les ousentiment » vertures qu’ils donnent, pour procurer l’accomplissement procher de » des desseins de DIEU sur son œuvre. C'était, ajoute-t-il,

commantl » l'esprit de M. Olier (3). » M. Le Peletier, dans l'écrit (3) Mémoires

de M, au:

t-Jacques- déjà cité, et où il rend compte des motifs qui le déter- dant 6,

e qui, de minèrent à entrer dans cette compagnie, remarque en effet

que c'était comme une règle, parmi les directeurs du sé. minaire, de laisser agir Dreu uniquement dans la vocation des sujets, sans que les hommes y prissent aucune part; jusque là qu'il suffisait que quelqu'un délibérât tant soit peu entre plusieurs sortes de ministères, pour qu’on le détournât d'entrer dans la société, Enfin, il prend Dieu à témoin, qu'aucun des membres de la maison ne lui parla jamais de ce genre de vie, ne fit ni avance ni dtmarche quelconque pour l’y attirer, ajoutant même qu'ils

ne l'accueillirent pas comme il l'avait espéré, lorsqu'il :

demanda plusieurs fois de son chef d’être admis dans leur

(4) Ecrit de M, Compagnie (1). Dieu s’est plu constamment à bénir cette

L ti 4 ! Li L .

2 pr A conduite, et l’on a remarqué que, depuis son établissement,

vocation à Saint- |; téth n'a $s ta 4 mio aloré n arr re la société n’a jamais manqué de sujets, malgré le grand

30, 84. nombre qu’elle en doit fournir à ses établissements, et quoiqu’ils n’y soient attirés par aucun intérêt, ni retenus

(2) Nouveau par aucun lien de conscience (2). On vit même, en plu-

Mon e sieurs occasions, l’accomplissement de l'espèce de pro-

80, 4772, t, 1v,p. at NOR nl: £ Aivina :

biais y Messe faite autrefois à M. Olier, par la Bonté divine, d

de Feller, 1707, faire plutôt de nouvelles créatures, que de laisser périr

t vi, art, Olier, , + cette œuvre par défaut de sujets. Nous en allons rapporter

plusieurs exemples remarquables.

XIV. Le premier que nous citerons, est celui de M. Souart. Le de C'était un jeune homme doué de beaucoup d'esprit et de talents, que son père avait fait élever avec grand soin, dans l’intention de lui résigner la charge qu'il occupait auprès du duc d'Orléans. Nourri à la cour de ce Prince, il ne songeait qu'à se procurer les plaisirs et les avantages de la terre. Déjà ses parents l'avaient fiancé à une demoiselle riche; le contrat était mème passé, et l’on était à la veille de célébrer le mariage, lorsque Dr£u l'arrèta toutà-coup au milieu de ses projets. Un jour de fête solennelle, au moment du sermon, le prédicateur se trouvant indisposé subitement, on vint dire à M. Olier que M. Meyster, dont nous avons parlé plusieurs fois, était à genoux au bæs de

sA l'église *.

et M. Mey:

de matière du jour : n vait fort sc vocation, e dans un 6 milieu de tion et cor tiens un, | jusqu'alor.

d'un coup en s’engas roule dan calmer l’a; positions à minaire, v conclusion la tonsure Queylus, f comme no La voca du Conseil l'ouvrage de M. Olie empressel versation, vint en ef incertitud ser. «Le :

» M. Oliel » Div lu » cette fi » momen » voulait

du séla vocaaucune lélibérât es, pour il prend n ne lui e ni dé- 1e qu'ils

lorsqu'il :

ans leur nir cette ssement, le grand nents, et retenus en plude provine, de

er périr apporter

Souart.

rit et de id soin, occupait Prin, antages

demoitait à la ta toutennelle, idisposé r, dont bas de

SA CONDUITE DANS L'ADMISSION DES SUJETS. 363 l'église *. M. Olier va aussitôt le prier de monter en chaire; * nors 6, p. et M. Meyster, qui était toujours prêt, et sur toute sorte °° de matières, commença d'abord à parler sur le mystère du jour : mais, changeant ensuite de sujet, ce qui lui arrivait fort souvent, il tomba sur la nécessité d'examiner sa vocation, et montra combien il était difficile de se sauver dans un état auquel on n’est point appelé de Dieu. Au milieu de son sermon, il s’écria, dans la chaleur de l’action et comme dans un transport d'enthousiasme : J'en tiens un, j'en tiens un. À ces paroles, M. Souart, qui jusqu'alors l’avait écouté attentivement, est frappé comme d'un coup de foudre. Il fait réflexion au danger qu’il court en s’engageant lui-même, sans avoir consulté Dieu; il roule dans son esprit mille pensées ; et enfin, pour calmer l’agitation de son âme, il va découvrir ses dispositions à M. Meyster, qui lui conseille de faire, au sé- ONE minaire, une retraite sous la conduite de M. Olier. La pies Ms. 1. 1,p. conclusion fut que M. Souart rompit ce mariage, reçut yboire de l’H6la tonsure, et s’offrit à M. Olier, qui l’envoya, avec M. de ##/-Dien de Que

,in-12, p. 240.

Queylus, fonder l'établissement de Montréal, en Canada (1), De Le laeur comme nous le dirons dans la suite. p. 32.

La vocation de M. de Bretonvilliers, fils d’un secrétaire XV.

: ï : F : Vocation de du Conseil, quoique moins extraordinaire, fut pareillement y. 4e Bretonl'ouvrage de la divine Providence. Ayant entendu parler villiers. de M. Olier avec une singulière estime , il éprouva un vif empressement de le connaître ; et il fut si touché de sa conversation, qu'il ne le quitta qu'avec le désir de le revoir. Il vint en effet, lui ouvrit son cœur, et lui fit connaitre ses incertitudes touchant le genre de vie qu'il devait embrasser, «Le 12 du mois de janvier 16%3, je me sentis porté, dit » M. Olier, à offrir le saint Sacrifice de la Messe pour que » Dieu lui fit connaitre sa vocation. Je l’offris en effet pour » cette fin ; et, aussitôt après, il vint medire qu’à ce même » moment il s’était cru appelé à l’état ecclésiastique, et qu’il (2 Mémoires

« . À aut. de M, Olier, » voulait entrer dans notre maison (2). » Le serviteur de 4. in, p. 369, 370.

Dreu ne douta point que cette vocation ne vint d’en haut; et, après l'avoir recommandée à Notre-Seigneur et à la trèssainte Vierge, il pria Dom Claude, provincial des Barnabites, et M. Picoté, l’un des prêtres du séminaire, d’en faire part à M. de Bretonvilliers père. Celui-ci d’abord en demeura consterné , et demanda du temps pour y réfléchir; mais, se rappelant les 2roles que lui avait dites autrefois un religieux Capuin, le Père Georges, au sujet de ce même fils, lorsqu'il n’avait que neuf ou dix ans : « Veillez » avec soin à son éducation; Dieu le destine pour être un » jour à la tête d’une communauté considérable d’eccli- » siastiques ; » fortifié d’ailleurs par les assurances que M. Olier lui donna de la volonté de Dreu, il amena lui-même son fils au presbytère de Saint-Sulpice, le 19 juin 1643, lui donna sa bénédiction, et le laissa en- (1) Extrait de tre les mains de M. Olier (1). Ces assurances étaient sans

quelques détails : . | sur M. de Bre- doute l’effet de quelque vue surnaturelle que M. Olier avait

Non recue de Dieu. Car, peu après l’entrée de M. de Bretonvag: 138,139, 140. Villiers au séminaire, il prédit, comme on l’a vu, qu’il serait un jour son successeur : prédiction doublement vérifiée

dans la suite, puisque M. de Bretonvilliers lui succéda d’a-

bord dans la cure, et ensuite dans le gouvernement du sé-

(2) Vie Ms.de minaire, dont il fut le second supérieur (2). L'édification

M. Ol 13e , . N , Hd Done que M. de Bretonvilliers y répandit dès son entrée, pou-

Een vait passer avec raison pour une nouvelle marque de nn hs la volonté divine. Sa charité semble n'avoir point de bornote, » nes, dit M. Olier; il sait adoucir toutes choses; il porte » la paix, la joie, la douceur partout où il se trouve. C'est » un centre de charité où tous ses frères se réunissent; » tous sont ravis de l’approcher ; il fuit partout l'éclat; il » ne peut souffrir qu’on sache ce qu'il fait et ce qu’il donne » aux malheureux. On ne vit jamais une charité plus gt- » néreuse ; il a toujours l’argent en main pour eux. Son » amour pour la pauvreté n’est pas moindre : il ne peut » souffrir d’être accompagné par un serviteur ; il prend

» plaisir » de se » grande

vices. D

M. Trons tique, fils {rt versé dans VE et l'on a docte et don parti Se sentai directeur conduite qu'il ne

volonté € durant p lin, pour bien qu quitter 1 confesse moment motif de quable, ner à la côté à M Samuel,

n haut; la Lrèsÿ Barna-

en faire

utrefois t de cc Veillez être un d’ecclices que amena Sulpice, issa enent sans ler avait Bretonil serait vérifiée éda d’at du séification ée, pou- ‘que de de boril porte ve. C’est nissent ; éclat ; il 1 donne plus ucux. Son ne peut Il prend

VOCATION DE M. LOUIS TRONSON. 365 » plaisir à porter des habits tout usés, et désire sans cesse » de se dépouiller de tout son bien. Ses paroles ont une » grande efficacité pour toucher les âmes : ceux qui l’é- » coutent ne voudraient jamais le quitter, ni voir finir ses » discours, tant ils les remplissent de piété et de consola- »tion (1). »

Quoique M. Olier ne sollicitât personne à entrer dans sa compagnie, et qu’il se reposât uniquement sur les soins de Dre, il ne fais.it pas difficulté de lui demander, comme au Maître des cœurs, d’inspirer ce désir à ceux qu'il jugeait plus capables de rendre au clergé d'importants services. Du moins, ce fut la conduite qu’il tint à l'égard de M. Tronson, qui devint son second successeur. Cet ecclésiastique, fils d'un secrétaire du cabinet du roi Louis XIE, était fort versé dans la théologie scolastique, positive et morale, dans l’Ecriture sainte, l'histoire de l’Eglise et les Pères ; et l'on a dit de lui que s’il ne fut pas docteur, il était trèsdocte et capable d’instruire les docteurs, ayant recu un don particulier pour communiquer sa science aux autres. Se sentant attiré par la sainteté de M. Olier, il le prit pour directeur, et avança beaucoup en peu de temps sous sa conduite. Dès que M. Olier l’eut connu, il ne douta pas qu'il ne devint très-utile au clergé, si Dieu lui inspirait la volonté de se consacrer à l’œuvre des séminaires, et il fit durant plusieurs années des prières à cette intention. Enin, pour lui donner lieu de comprendre, par lui-même, le bien qu’il pourrait y opérer, il l’engagea, sans lui faire quitter la maison paternelle, à venir toutes les semaines confesser les séminaristes. Mais, de peur de prévenir les moments de Du, il garda le plus profond silence sur le motif de cette conduite; et, ee qui n’est pas moins remar-

(1) Mémoires aut.de M. Olier.

Vocation de M. Louis Tronson.

quable, M. Tronson, qui éprouvait dejà le désir de se don-

ner à la compagnie de Saint-Sulpice, n’en disait rien de son côté à M. Olier, attendant d'être appelé de Dieu comme Samuel, À la fin cependant, ne pouvant plus résister à l’at-

trait intérieur qui le pressait, il alla trouver le serviteur de Dieu, et lui demanda en grâce d’être admis dans sa compagnie. M. Olier, alors malade et alité, le reçut avec actions de grâces, et en témoigna, le jour mème, sa reconnaissance à Dieu par une action qu’on ne saurait attribuer qu’à une inspiration d’en haut. Car il fit assembler toute la communauté dans la chapelle, au son de la cloche, et chanter le 7e Deum, pour remercier Dieu d’une grâce particulière (4) Récit de la qu'il avait accordée au séminaire ce jour-là (1) +. La suite mortde M.Tron- . . A : : n son, par M, justifia ces hautes espérances : chacun sait combien M. Tron- < o son, dans la conduite du séminaire de Saint-Sulpice, s’actp. 6Metsuiv. quit la confiance et l’estime du clergé. Fénelon écrivant à Clément XI pour la canonisation de saint Vincent de Paul, disait à ce saint Pape : « Je me glorifie d’avoir été nourri < CORRE #» par M. Tronson des paroles de la foi, d’avoir été formé Heu Pepant » par ses soins à la vie cléricale, d’avoir erû à l'ombre de 1709, p. 64, 65. » Ses ailes; et certes, il n’y eut personne, si je ne me

Fr Core » trompe, qui lui füt supérieur pour l'amour de la disci-

pondance, LM, ;, pline, l’habileté, la prudence, la piété, enfin pour la sa-

p- 104. Left. 196, CE 20 avril 4706. » gacité à juger des hommes (2). »

” are Telle était la conduite de M. Olier dans le choix des su- . UNer e- $ À + A . , :

xerce ses disci. jets qui se destinaient à sa compagnie; voici comment il

pis à dar les formait à l'esprit de leur vocation. «Il plait à Die, issemment inté- , , .. ; ë , a rieur et aux » écrivait-il, de me faire voir la nécessité de dresser des

nas ecclé- » règles pour le séminaire intérieur ++, qui est celui de la siastiques. . k x

» jeunesse qui se donne à nous, afin de continuer notre

» dessein. Le principal de ces règles va à l’avancement du

+ Le jour que le vénérable serviteur de Dieu, Grignon de Montlor!,

(3) Pie du ve- entra au petit séminaire de Saint-Sulpice, on récita le soir à la prièr nérable servi- le Te Deum ; et les jeunes gens, sans qu’ on leur en eût dit le motif, pd ones comprirent aisément que c'était pour remercier Dieu de l’entrée d'un

gnon de Mont- Jort, p. 47. si saint confrère (3).

++ Le séminaire intérieur était le noviciat de la compagnie de Saint-Sulpice, connu ensuite sous le nom de Solitude.

| » progrès » vent êtr » tous dev » leur cha » étant ph » monde ( » tissemer » liation, » vertus, » AITOSeT » toute ler » qu'ils sc » très- plei » l'alimen » autant d » tuelle dt » les plus » l'amour » rieure e » tions qu » toyer l’é » au clerg » de l’aute »tres, en » Le proch »pourra $ » même dé » même à » le corps » exemple » prendror » ter dans » une gai » cices. Il » au $oin

erviteur sa CoMactions aissance qu’à une la comchanter ticulière La suite M. Tronice, s’accrivant à de Paul, é nourri 46 formé ombre de je ne me la discipur la sa-

K des suament il

à Dix, esser des elui de la er notre ement du

> Montiort, à la prièr t le motif, entrée d'un

pagnie de

IL FORME LES SUJETS DE SON INSTITUT. 367 » progrès spirituel et intérieur. Leurs chambrettes doi- » vent être très - pauvres et dénuées de tout ornement; » tous devant se contenter du nécessaire, comme de leur lit, » leur chaise, leur table, avec une petite image pour prier, » étant plus à Dru par la foi, que par tous les secours du » monde (1). On aura soin de les bien exercer à l’anéan- » tissement intérieur et extérieur, à l’abjection, à l’humi- » lation, la patience, la mortification et autres semblables » vertus, afin qu'ils soient des sources très-fécondes pour » arroser les plantes du séminaire. Désirant s’appliquer » toute leur vie au service des prêtres, il faut en effet » qu’ils soient des sources de grâces très-abondantes et » très- pleines pour nourrir les sujets qui viennent prendre » lalimentet la vie dans la maison, et qu’ils soient comme » autant de fondements apostoliques de la maison spiri- » tuelle du Seigneur. On doit les appliquer aux exercices » les plus bas et les plus vils de l'Eglise, leur donner de » l'amour pour la maison de Dreu, et pour sa beauté inté- » rieure et extérieure, et même les employer à des fonc- » tions qui les nourrissent dans cet esprit : comme à net- » toyer l’église, surtout le chœur, le lieu qui appartient » au clergé, I] fant les appliquer à frotter les marchepieds » de l’autel, les chaires et les bancs où reposent les prê- » tres, en un mot, tout ce qui est dans l’enceinte du chœur. » Le prochain, voyant ce soin et cet amour pour l’église, ne »pourra s'empêcher d'estimer cette sainte maison et » même de se croire heureux de contribuer ensuite lui- » même à son ornement. Les clercs destinés à entrer dans » le corps du séminaire, s’exerçant de la sorte, donneront » exemple et édification aux autres séminaristes, qui ap- » prendront par là commentils seront obligés de se compor- » ter dans les lieux où ils serviront Dieu, et prendront même

Divers é-

crits, etc. t.1,p.

» une sainte jalousie de s’appliquer eux-mêmes à cesexer-

» cices. Il faudra de plus les employer de temps en temps » au soin de la sacristie, leur faisant ranger et ajuster ce

» quipeut être tiré de son lieu et de sa place, afin que » chacun apprenne l’ordre qu’il faut y mettre. Ils doivent » être également formés au culte divin, comme aussi aux » fonctions du saint ministère qui regardent le prochain; » parce qu’ils doivent aussi répandre cet esprit sur les subas a jets qui se présenteront, dont les uns seront chanoines, crits, etc. t.1,p. » et les autres appelés à des cures, à des vicairies ou à

0 18 4%, d'autres semblables ministères (1). »

XVII. Pour inspirer à ces disciples choisis cet esprit de déou “ vouement au clergé et à l’Eglise, M. Olier, non content de ciples fassent leur inspirer les sentiments de servitude et d’hostie dont

profession de . ,. ‘ : DE da Servitude à Je. NOUS avons vu qu'il avait fait vœu, leur en faisait faire

sus-Curisr et encore quelque promesse particulière, lorsqu'il les en jugeait capables. C'est ce qu’on voit par une formule qu'il composa à cet effet, et qu’on trouve dans ses écrits. Ils y protestent qu'ils s’offrent au Père éternel, sous l’assistance de la très-sainte Vierge et de saint Joseph, et en la personne de Jésus-Cnrisr, sa parfaite hostie et son très-fidèle serviteur, pour vivre et mourir à son exemple, dans des

à l’Eglise,

dispositions continuelles d’hostie et de servitude, en toutes

les occasions jusqu’à la fin de leurs jours ; et se consa-

@Hoid, 1,0. Crent au culte du très-saint Sacrement, par lequel Jésus-

9, 40,44: Curisr établit ces sentiments dans les âmes (2).

M. Olier leur expliquait ainsi l’étendue de cette double

profession. « L'esprit de servitude à Jésus-Cunisr et à

» l'Eglise emporte l’obéissance au moindre des membres

» de l'Eglise, auquel on est ainsi obligé d’obéir,; il em-

» porte la pauvreté, en sorte qu’on n’ait rien à soi : car

» tout ce que le serviteur acquiert, il l’acquiert à son sei-

» gneur ; l'humilité, qui nous tienne toujours en esprit

» aux pieds de tout le monde, comme le serviteur est

» obligé de le faire à l’égard de son maître, chaque parti-

» culier de l’Eglise étant censé notre maître; il emporte

» l’amour des souffrances, en sorte qu'on souffre toute es-

» pèce de mépris, d’opprobre, d’affliction, de peine pour le

[] » service de » ni soif, n » serviteur » son mait » recevant à » qu'il voud » de regagn

» À prop » grande pi » gloire de » jalousie « » les autres » une parfa » nous rech » point dan:

» Pour nou » teurs, il fe » de ce que « » ciple, qu'à » préchant,

» qu'il reno > nonce à S » qu'il renc » CONVErSan » mes ou d » qu’il reno

» nonce à la

» sir de pai

» plaisance |

» agisse par

» s’unisse at

» de lui pl

» Jesum Chr

» vrai ser vité

» que lui-m

» servus Jest UL,

\fin que doivent 1S8i aux rochain ; r Les suanoines, les ou à

t de déntent de tie dont ait faire S en juule qu’il its. [ls y ssistance la perrès-fidèle dans des en toutes se CONSael JÉsus-

e double IST et à 1embres ; il emsoi : car son seien esprit iteur est ue partiemporte toute ese pour le

IL FORME LES SUJETS DE SON INSTITUT, 369 » service de lEglise. I n’y a ni chand, ni froid, ni faim, » ni soif, ni travail, ni mépris, ni contradiction que le » serviteur ne doive endurer pour procurer les intérêts de » son maitre, serait-ce de la part du maître lui-même, » recevant avec paix et soumission les mauvais traitements » qu'il voudrait lui infliger, et tâchant en toute humilité ,, 1) rt » de regagner son cœur (1). : Le OMer, (PTE » À proprement parler, l'esprit de servitude est une XIX,

» grande pureté d’intention, avec un désir ardent de la Cet esprit de

: A ‘ servitude est » gloire de notre Maitre. Alors nous ne sentons point de egsaire à » jalousie quand il est plus aimé, honoré et glorifié par tous les prètres » les autres que par nous, nous en éprouvons au contraire ” ee » une parfaite complaisance ; et c’est le signe que nous ne chrétiens. » nous recherchons point dans notre travail, et que ce n’est » point dans un esprit mercenaire que nous agissons (2). (9) id, png. » Pour nous conduire donc en véritables et fidèles servi- * *: » teurs, il faut, en commençant une action, nous souvenir » de ce que dit Notre-Seigneur: Celui qui veut être mon dis- » ciple, qu’il renonce à soi-même; comme, par exemple, en » préchant, qu’il renonce d’abord à l’estime; en confessant, » qu'il renonce à toute complaisance ; en priant, qu'il re- » nonce à sa satisfaction et à ses goûts; en communiant, » qu'il renonce à toute recherche des dons de Dieu; en » conversant, qu’il renonce au désir d’être aimé des hom- » mes ou de leur complaire; en buvant, en mangeant, » qu'il renonce à toute sensualité; en étudiant, qu’il re- » nonce à la curiosité ; en s’habillant, qu'il renonce au dé- » sir de paraitre ; dans l’exercice de la vertu, à la com- » plaisance en sa propre perfection : mais qu’en tout il » agisse par la foi dans les intentions de Jésus-CRisT, et » s’unisse aux intentions qu’il avait d’honorer son Père et » de lui plaire (3). Zn omnibus honorificetur Deus per (8) Ibid.p. #7, » Jesum Christum. Donc, pour être vrai chrétien, il faut être » vrai serviteur de Jésus-CHRIST, comme saint Paul le mar- » que lui-même au commencement de ses Epitres : Paulus » servus Jesu Christi; c’est à-dire, n’agir plus que dans

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