IL FORME LES SUJETS DE SON INSTITUT
à l'Eglise, où sa naissance le mettait à mème de remplir
un jour quelque dignité éminente, proposa cet emploi à
M. Hurtevent. Comme entre une simple proposition, de
la part de M. Olier, et un commandement exprès, il n'y
eut jamais, pour ses enfants, d'autre différence que celle
des termes, M. Hurtevent l'accepta aussitôt, mais avec
des répugnances qu'on aurait peine à imaginer, Toutefois,
il les surmonta si courageusement, et sut tellement étouf-
fer les dégoûts qu’il éprouvait en vivant ainsi au milieu des
grands du monde, que plusieurs personnes Lien intention-
nées jugèrent que cette nouvelle position le détacherait
infailliblement de Saint-Sulpice, et crurent devoir en
avertir M. Olier. Celui-ci, à qui Dieu retirait de temps en
temps ses lumières, comme il en use à l'égard des Saints
favorisés du don de lire les secrets des cœurs (1), ne pé- (t Principu- : r + ‘ . desViesdes Pères
nétra pas, dans cette circonstance, les véritables disposi- du Désert, pur
tions de M. Hurtevent, et lui donna bientôt à connaître, ! P: 49e Ma-
rin, 4 4, iv. in,
, iste ir d'inqui "1 y avait, char. 7, p. 448. par son visage triste et un air d'inquiétude, qu’il y avait, cheb: Po
dans sa conduite, quelque chose qui lui déplaisait +. Jean Chrysosto- M. Hurtevent en fut excessivement affligé. Il savait, par D. 416, dite expérience, que M. Olier découvrait très-souvent, dans ses disciples, des défauts qu’ils ignoraient eux-mêmes ou des choses qu’ils croyaient être fort cachées ; il crut donc ètre tombé dans quelque faute. Mais, apprenant les avis qu'on avait donnés à M. Olier, il montra alors combien il avait su profiter à l’école d’un si saint maitre: car, au lieu d'aller lui découvrir ses vrais sentiments, ou de chercher quelque consolation dans les créatures, il préféra passer, dans l’esprit du meilleur des pères et dans l’opinion de ses amis, pour un enfant infidèle, afin d’embras-
+ Cette circonstance peut expliquer la manière dont M. Olier. s'exprime, dans une lettre où il se plaint du peu d'ouverture de M. Hurtevent, et de son peu d'empres*ement à lui découvrir son (2) Lettres aut, intérieur (2), de M,Olier, p.83.
ser généreusement cette croix, la plus grande qu'il eût ja-
mais portée. Il voulut laisser détremper quelque temps son
cœur dans le fiel et l’amertume, pour honorer les dispo-
sitions adorables de Notre-Seigneur dans sa passion; et il
eût même enduré cette peine toute sa vie, si le respect et
& NP PR l'amour filial qu’il avait pour M. Olier, affligé à son occa-
par M.Maillard, Sion, ne l’eussent enfin déterminé à lui découvrir ses vrais SE r % sentiments (1).