‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 189 sur 269 · XXVIL. La vie de M. de Lantages offre un exemple non moins · texte numérisé non relu

XXVIL. La vie de M. de Lantages offre un exemple non moins

à ns remarquable de mort au jugement propre. Étant déjà

tages. M. Olier prêtre, il éprouva les peines d'esprit les plus étranges,

: na jusque là qu'il lui semblait renouveler le crime de Judas

soin de leur toutes les fois qu’il montait au saint autel. Dans une extré-

rames mité aussi affligeante, il conjura M. Olier de trouver bon

qu'il ne dit pas la sainte Messe tous les jours, ou qu'il se

confessât avant de la dire. Mais ayant reçu l’ordre de ci-

lébrer chaque jour, et de ne se confesser qu’une fois au

bout de deux semaines, il se soumit aveuglément, malgré

ses frayeurs et ses troubles, sans cesse renaissants, toutes

les fois qu'il célébrait. Dieu bénit l’humble soumission de

M. de Lantages; car cite longue et rude épreuve, qui le

purifia comme l'or dans le creuset, ne contribua pas seule

(2) Mémoir. sur Ment à lui faire faire à lui-même de très-grands progrès

M. de Lantuyes, Gans la pureté de l’amour : elle lui mérita de plus le don

par la mère Gau- ee in chet. Ms. in-4o, de calmer les âmes agitées de scrupules, et principalement

p. 40. — Vie de ; M. de Lantages. les prètres (2).

Quelque zélé que fût le serviteur de Dreu pour faire mourir le vieil homme dans tous ses disciples, il était cependant très-attentif à veiller à la conservation de leur santé. On en voit de touchants témoignages dans plusieurs de ses lettres. « Je vous demande la grâce, écrivait-il à » l'un des siens, de vouloir prendre tous les soulagements » que l'air, la saison et les remèdes vous pourront fournir » sur les lieux où vous êtes, afin de fortifier votre santé. » Vous l'avez vouée et consacrée à Dieu ; vous savez qu'elle

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IL FORME LES SUJETS DE SON INSTITUT. 379 » appartient à Jésus-Cnrisr, par le droit qu'il s’est acquis » sur toutes les créatures, pour les faire servir à la glo- » rification de son Père; et, en particulier, par le choix » qu'il a fait de vous pour le service de son Église. JÉsus- » CarisT lui a cédé ses droits, et elle prétend avec justice » vous demander l’usage de votre corps, pour le service de » ses enfants. Voyez, Monsieur, à combien de maitres vous » appartenez, à combien vous êtes redevable, et si vous » pouvez avec justice leur refuser votre conservation. » Travaillez-y ainsi, en vous oubliant vous-mème, et par » obéissance à vos supérieurs (1). » ‘

Le désir de voir la maison de probation de la société entièrement séparée de tout commerce avec le monde, porta M. Olier à chercher un lieu plus retiré que ne l'était le village de Vaugirard (2). Il la transféra, dans ce dessein, au château d’Avron, près de Paris, appartenant à M. de Bretonvilliers, qui, par zèle pour le clergé, le consacra à cet usage. «J'espère vous voir bientôt dans Avron, lui » écrivait M. Olier, pour dédier ce saint lieu au plus tôt à » la Reine des Apôtres, et y commencer notre première » retraite à son honneur et à celui de son cher Fils (3). » M. Olier allait fréquemment dans cette solitude, pour y visiter ses disciples ; et ce fut là qu'il forma M. René Lévèque (*), dont nous aurons occasion de parler dans le livre suivant. Ce qui devait contribuer aussi à l’attirer dans ce lieu, c’était sa grande dévotion pour la chapelle de Notre-Dame-des-Anges, qui n’en est pas éloignée, et qui était autrefois l’un des pèlerinages les plus célèbres du diocèse de Paris *. Ce lieu fut, dès le temps de M. Olier, en grande recommandation au séminaire de Saint-Sulpice, et continua d'être encore fréquenté par les novices de sa compagnie, lorsqu'ils eurent été transférés d’Avron à Issy.

La maison d’Issy dont nous parlons, et où M. Olier se re-

tirait quelquefois, appartenait alors à M. Antoine de Sève, oncle maternel de M. Tronson. Comme elle était très-

(1) Lettres aut.

ae M. Olier, p.

XXVIIT.

Le noviciat transféré à Avron, puis à Issy.

(2) Mémoires aut. de M. Olier.

tu vi,p. 13.

(3) Lettres ant.

de M. Olier, pag.

(4) lie du venérableservitenr de DEL, Grignon

de Montfort, 1339, p. 79, 80

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