PROJET D'UN SÉMINAIRE EN GRËCE
mais, conune ils ne furent établis qu'après sa mort, nous n’en parlerons point ici.
Les diverses demandes que les Évèques lui faisaient pour obtenir de ses prêtres, et les succès dont il voyait
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Humilité de M. Olier au
couronner ses travaux, loin de lui inspirer quelque sen- milieu de ses
timent de complaisance, ne servaient qu’à le pénétrer de la vue de son néant et de celui de sa compagnie. Un ecclésiastique s'étant adressé à lui pour une œuvre très-iniportante au clergé d’un diocèse, M. Olier, dans sa réponse, lui conseilla d’avoir recours à d’autres ouvriers plus capables de faire réussir ce dessein. Ne voulant pas cependant refuser ce service, qu’on était peut-être résolu à ne recevoir que par son ministère, il ajoutait avec simplicité : «Tels, pourtant, que nous soyons (si bas et si vils dans » l'Eglise), nous sommes tout à vous, et prêts à seconder » le zèle que Dreu allume dans votre âme. Mais, Mon- » sieur, nous vous prions de vouloir que la chose soit » recommandée à Dreu pleinement, afin que nous ne met- » tions point d'obstacles et d’empêchement à ce grand œu- » vre. Il y a d’autant plus de charité et de miséricorde de » DEu en vous, que vous faites le choix de la chose du » monde la plus pauvre et la plus vile, pour seconder vos » intentions. Pourtant ce choix mème fait bien espérer, » puisque par là Dieu semble vouloir faire la chose envtièrement par lui-même, choisissant des instruments » de rien, vides de tout ce qui est bon, excepté du désir de » le servir lui et son Eglise : ce qui me fait être à vous, » Monsieur, comme à l’un de ses plus chers enfants (1)*.»
Une autre occasion où M. Olier fit paraitre d’une manière bien touchante les sentiments de cette sincère humilité, ce fut lorsque le Nonce du Pape, M. Bagni, lui demanda quelques prêtres, pour établir an séminaire en Gtèce. M. Olier, dans une conférence sur ce sujet à ses ecclésiastiques, après qu’il eut loué un si religieux dessein : « Hélas { ajouta-t-il en soupirant, monseigneur le
succès. Projet d’un séminaire en Grèce,
(U Lettres aut.
de M. Olier, y.
* NOTE 12,p.
(1) .{lleslalions uutogruplies touchant M, Olier, p.
XXXIL,
M Olier compose des ouvr'ies «pirituels,
(2) Année Dominivaine,— Remarques histori-
ques, À 1, p.
h48 PARTIE Il, LIVRE 1V. — SÉMINAIRES,
» Nonce m'a fait l'honneur de nous demander des sujets; » qui sommes-nous, Messieurs, pour que lon pense à » nous (1)? » et il se répandit en sentiments d’humilité si vifs et si profonds, que ses disciples en demeurèrent aussi édifiés qu’attendris. Aucun monument ne nous apprend les suites de cette affaire. Nous ferons même observer ici, que presque tout ce qu’on vient de rapporter des établissements, à la formation desquels M. Olier prit part, ne nous est connu que par quelques-unes de ses lettres, conservées après sa mort, ou par d’autres pièces du temps, où il en est fait mention d’une manière tout-à-fait accidentelle.
M. Olier exerca encore son zèle pour la sanctification des ecclésiastiques, en composant divers écrits en leur faveur (2). Il était si éloigné de toute attache à ces sortes de productions, qu’il les remettait entre les mains de son directeur, avec la simplicité d’un enfant qui donne ses essais à corriger à son maître. Il lui laissait toute liberté de les déchirer ou de les mettre en cendres, comme la chose du monde la plus vile, tant il en faisait peu de cas; et il les méprisait tellement, qu’un jour il prit la résolution de les brüler. Ce qui l’engageait à faire ce sacrifice (si toutefois c’en était un pour lui), c'était la peine qu’il ressentait à laisser subsister après sa mort quelque chose de ce qu’il avait composé. Mais Dieu permit que son projet füt découvert, au moment où il allait en venir à l'exécution. Il était occupé à rassembler tous ses manuscrits, pour les jeter au feu, lorsque M. de Bretonvilliers entrant dans sa chambre, et devinant son dessein, eut assez d’empire sur son esprit pour ‘en détourner; et c’est aux représentations qu'il lui fit,q: ous sommes redevables de plusieurs des livres spirituels qui portent son nom. Comme on ne doutait pas qu'ils ne fussent très-utiles, on le pressa beaucoup de consentir à leur impression. Son humilité, qui jusqu’alors l'avait rendu fort secret sur ses écrits, soultit
d’abord d gloire de I férence qu cendre au} de lui. Ir sous le vo car ce ne sous SON n
Comme, clergé, ap tion du ch cissement, trine de l’ passions e quoi se réd krion de tessence de » maximes » aient plu » la nécess:
» de l’Apôt » doctrine, » invincibl » tie de ses l'ont-ils fai les plus éel graves per du Puy, da ouvrages, 1 Kempis, de h fin du :
France, alo:
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Hi,
sujets; pense à iumilité urèrent aous ape obserrter des rit part, lettres, a temps, fait acci-
tification en leur sortes de e son dies essais té de les chose du et il les Lution de
(si touil ressenose de ce rojet fût cution. Il pour les
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OUVRAGES DE M. OLIER. AA d'abord de cette demande ; mais le désir de procurer la (4) annee Da-
à 130 : + minicaine. — Regloire de Dreu et d’édifier le prochain, comme aussi la dé- ques hiatorie
férence qu’il devait à ses directeurs (1), le firent condes- rs tou, p.
cendre aux sollicitations réitérées dont on usa (2) auprès (2) J'ie, par te . . .,e . Père Giry, part.
de lui. IL mit pour condition que ses ouvrages paraîtraient je, ch, xix,
. : , : +. (8) Esprit de
sous le voile de l’anonyme, et on le satisfit en ce point; »"Ouier, t. mm,
cr ce ne fut qu'après sa mort qu’ils furent réimprimés p. 295.
* NOTE 13,p.
sous son nom (3) *. Li
Comme, en les composant, il avait spécialement en vue le clergé, appelé à retracer dans ses mœurs toute la perfection du christianisme, il y montre, nettement et sans adounant 0 k k cisse nt a voie de és perfection fondée sur la pure doc- (La Choiredu trine de l'Évangile, c’est-à-dire, sur la mortification des tiers- ordre de
: é : : Saint-Fran passions et la vie de Jésus-CarisT dans nos âmes. Voilà à 9, part. ch. no
quoi se réduit la spiritualité de M. Olier, que le Père Hi- ° Ouvres de krion de Nolay appelle, pour cela, la moelle et la quin- Ar A6 A essence de l'Évangile (4). « I1 n’y a quasi point de sermon pour le » maximes, dit Bossuet, que les saints docteurs de l'Eglise /4, ph ro » aient plus souvent inculquées, que celles qui établissent nu » la nécessité de cette nouvelle vie ; et qui ôterait des écrits xxx, p.141; 1.
k RE x . 616.
» de l’Apôtre, ajoute-t-il, les endroits où il explique cette Gallia chris-
e. L La La © i t. L] » doctrine, non-seulement il énerverait ses raisonnements 40192 V2
» invincibles, mais encore il effacerait la plus grande par- Me de Hs . . A . , . . ù ® re » tie de ses divines Épîtres (5).» Aussi les écrits de M. Olier %, note 4. —
: : : x F ARE Calendrier hislont-ils fait ranger parmi les maîtres de la vie spirituelle sue et chro-
les plus éclairés et les plus sûrs (6), au point que plusieurs "# PPS ed
graves personnages , entr’autres M. de Maupas, évêque is in-4à, du Puy, dans l’Approbation qu’il a donnée à l’un de ces 17) fie de M.
: s di l
ouvrages, ne craignent pas de les comparer à ceux d’A- ne Gi par- { ] i 1 1 & , tie 2e, ch. xiv. - Kempis, de Blosius et de saint François de ee (). Vers Le Pre de Pen la fin du XVII siècle, temps si glorieux à l'Eglise de ne, Année mys-
: è tique, 1: 1, p.
France, alors qu’elle comptait, dans tous les rangs de la so- Re
Oo” . ; + 4 tn Maupas, Approdiété, un si grand nombre de saintes âmes, l'étude de la he Pine
solide perfection était devenue en quelque sorte commune troduction à le è . ; RES vie el aux veret populaire. Cest ce qui explique pourquoi les écrits de tus chrétiennes.