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SON ZÈLE POUR LA CONVERSION DE L'ANGLETERRE. #87 M. Olier, sur l’avis des médecins, avait résolu d’abord de passer l'hiver dans le midi (4) ; mais ayant été invité à re- Perse tourner à Paris, pour travailler à de nouvelles œuvres de la 13. plus haute importance, il voulut consulter Dieu dans la prière, avant de renoncer à son premier dessein. « Nous » prenons du temps, écrivait-il, pour peser, en la présence » de Div, la solidité d'un très-grand nombre de fortes » raisons que l’on me montre, pour m’engager à partir : je » dois d'autant plus les examiner, que je ressens une » grande joie de ce projet de voyage, et que je ne veux pas » qu'en ce qui me regarde, rien de naturel se mêle » avec le saint vouloir de Dieu. Je ne puis confier au pa- » pier les raisons importantes qui m'obligent, pour DrEu, de » retourner à Paris; je me réserve à vous les dire de bou- » che. Pardonnez à mes yeux, qui ne peuvent suivre ni » ma main ni mon cœur. Je sens mon âme beaucoup con- » solée par la pensée d’aller travailler, à Paris, à l’œuvre » de Notre-Seigneur, et pour la chose la plus délicate qu’il » m'ait confiée en ma vie, et qui doit ètre en mème temps » le fondement de l'œuvre la plus importante de l’Église (2) Lettres aut. » de France (2). » Aron p.
M. Olier ne fait pas connaitre plus clairement l’œuvre XVI. qu'il désigne ici ; nous n’en trouvons aucun indice certain a a Le dans les monuments de sa vie. Peut-être veut-il parler de la conversion de conversion de Charles IT, roi d'Angleterre, dont il s’occupa s le dès son retour à Paris. Depuis longtemps il demandait à cher lui-même Dieu la conversion de ce royaume. Il écrivait en 1642, la foi. lorsqu'il jetait à Vaugirard les fondements de sa compagnie: « Je me souviens que le 12 mars, jour de saint Gré- » goire le Grand, je me sentis porté à m'offrir à Dreu
vue de ces églises lui perçait le cœur ; il aurait voulu pouvoir les rebâtir toutes : il contribua du moins à en faire réparer plusieurs. — Gilles de Bwzainville et de la Trinité de Clisson furent aussi recon- (3) Esprit de
; RES M. Olier,t. u, p.
struites par ses libéralités (3). 553. Ses
» comme victime, pour l'Angleterre, et à donner ma vie » pour ce royaume malheureux, dont saint Grégoire a été » l'apôtre. À l'issue de l'Office, j’éprouvai le mouvement
d'engager notre jeunesse à communier ce jour-là, en » l'honneur de ce grand Saint, au lieu du jeudi, jour ordi- » naire de leur communion ; et aussi pour demander à
» Drec la conversion de l’Angleterre, où j'avais oui dire,
» ces jours passés, que quelques prêtres et d’autres ve-
np ts naient de souffrir le martyre (1).» Depuis ce temps,
tu, p. 167, 468. M. Olier n'avait cessé de demander à Dieu le retour de
ce royaume à l’unité catholique, et il joignait à ses fer-
; Lo ue ventes prières de rudes macérations (2). « Je lui ai oui
128. » dire, rapporte M. de Bretonvilliers, que s’il n'avait pas
» été retenu en France par la volonté de Dec, il se serait
» transporté en Angleterre, au péril même de sa vie, else
Jbid, vas. » serait volontiers sacrifié pour le salut de cette nation (3).»
Lorsque le Père de Rhodes eut refusé, comme nous l'avons
dit, ses services pour la Chine, M. Olier s'offrit pour
l'accompagner, au moins en Angleterre, où ce mission-
naire avait apparemment quelque dessein d’aller prècher
la foi. « Si j'osais, écrivait-il, aspirer encore à quelque
» chose de la solide gloire qu’on trouve dans le service du
à Letires spi » divin Maitre, en donnant sa vie et en répandant son
De oi A » sang pour lui, je regarderais l'Angleterre comme mon 126. » espérance (4). »
ne A. Aussi. dès qu'il eut appris que Charles IL, roi de ka
treprend lacon- Grande-Bretagne, venait se réfugier à Paris, pendant la
ta He tyrannie de Cromwell, il chercha l’occasion d'entamer avec
gleterre. lui des conférences sur la religion. Charles, à ce qu'il pa-
ie rait, les refusa d’abord. Il ne laissa pas cependant d'ar-
dAutelerse corder son estime à M. Olier, sans doute pour les Lons
ne de offices qu’en recurent plusieurs de ses courtisans (5), tous
ie De réduits à un état d'indigence si exirème, que les plus aises
— Lingard, tra- ne savaient comment se procurer la nourriture et les vète-
duct.de Roujoux. | 1 qe ©: Ê tx, pe HG. ments (6). Se voyant sans argent ct sans crédit, il prit
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SON ZËLE POUR LA CONVENSION DE L'ANGLETERRE. #89 enfin le parti, en 1652, d'écrire de sa propre main au Pape, pour lui demander des secours, afin de conquérir son royaume. Mais comme il ne témoïignait point le désir de rentrer dans l’unité catholique, et que, d’ailleurs, il avait refusé de faire son abjuration, même en secret, ce dont le Pape voulait bien se contenter pour le présent, Charles n’eu reçut point de réponse. Ce silence l’irrita étrangement (1), et contribua peut-être à lui inspirer plus d’éloignement que jamais pour la religion catholique.
Malgré ce fâcheux contre-temps, M. Olier ne désespéra pas d’adoucir l’esprit de ce prince, naturellement affable, familier et communicatif, quoique d’un extérieur singulièrement dur et austère (2). Il parvint en effet à l'icr avec lui des conférences, et commenca à l’instruire sur les matières de la religion. Mais, sachant que Diet seul peut changer les dispositions des cœurs, il fit beaucoup prier durant ce temps. « Je demande avec instance à tous nos » frères, écrivait-il aux ecclésiastiques du Puy, de recom- » mander à Notre-Seigneur, en notre divine Mère, l’af- » faire du roi d'Angleterre, dont la Providence m’a encore » chargé, lequel présentement se laisse éclaircir des diffi- » cultés de la religion. J’eus encore le bien de lui parler » hier. Autant que je puis vous recommander une chose à » tous en général, et à chacun en particulier, je le fais de » celle-ci. Quelques prières, quelques vœux et intentions » aux divins Sacrifices, tous les jours, sont absolument » nécessaires pour un bien de cette importance. Je laisse » le tout à l’amour que vous avez pour Jésus et pour Marie, » qui avait autrefois ce royaume pour douaire. Je ne vous » dis plus rien après cela (3). »
Le succès qui accompagna ses premiers efforts, fit juger que M. Olier était l'instrument suscité par la Providence, pour opérer cette grande réunion. Car Dieu lui donna entrée dans l'esprit du roi d'Angleterre. Dans les nouvelles conférences qu'il cut avec ce prince, il lui exposa la beauté
(4) Archives du ministère des af- Jaires élrangères : Rome, 1654, t 1. 22 juin 1654. Letlrie ar cardinul Mazarin. ;
(2) Lingard. 1.
(3) Lettres aut.
de M. Olier, p.