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6 PARTIS. I. LIVRB V. PAROISSE, — 1646, La Reine vint à l’église, accompagnée de la princesse de Condé, de la duchesse d’Aiguillon, de la comtesse de Brienne, des ducs de Guise et d’Uzès, et d’un grand nombre d’autres personnes de marque. Elle y futrecue par M. Alain de Solminihac, alors évêque de Cahors, par M. Olier, à la tête du nombreux clergé de sa paroisse, Jamais spectacle, dans l’ancienne église de Saint-Sulpice, n’avait peut-être plus honoré la religion : tant la dignité de la personne auguste qui fixa tous les regards, et la modestie qu’elle fit paraitre, imprimèrent le recueillement et le respect à tous les spectateurs. Après que la Reine eut été conduite dans le chœur, et qu’elle eut prié Dieu quelque temps devant le maître-autel, elle fut reconduite processionnellement à la porte de l’église, et, de là, dans le cimetière, à l’endroit désigné pour l’autel principal de l'édifice projeté. Tout étant disposé pour Ja cérémonie, l’Évèque bénit la première pierre, qui était revêtue d’une inscription, et la princesse -(#) Rem. hist. la posa et la maçonna (1). M. Olier lui présenta le plan de tu,p.443etsuiv. .,, …. : AP
tu, p. 40, 179. l’église : elle l’examina, et désira que l’une des chapelles ré Arr les plus voisines de celle de la sainte Vierge, fût dédiée sous ment, fr. 1287. l’invocation de sainte Anne,sa patronne, et l’autre sous
fol. 8, verso. — : ! : ; ,
Vie de je pie celle de saint Louis, patron du jeune Roi,et elle promit une Tr . de bBre- ar .
Ponvilliers, t. 1, SOmme considérable. Le duc d'Orléans, oncle du Roi, re-
dut tint aussi pour lui une chapelle, et promit de donner
ans chaque année dix'mille livres jusqu’à l’entier achèvement gny,t.1v,p. 548. des travaux. Le prince de Condé retint pareillement une
Chapelle; et cet exemple fut bientôt suivi par plusieurs t . ; she illustres familles du faubourg Saint-Germain (2).
IV. Mais pour fournir aux frais de ces consiructions extrè- Pas S mement dispendieuses, M. Olier ne coinpta jamais sur la le secours de faveur et la protection des Grands ; et il fut confirmé dans sea ES cet abandon à la Providence, par un accident singulier, velle église, qui fit sur lui l'impression la plus profonde et la plus du-
rable. Comme il désirait beaucoup de voir avancer promp-
tement la construction de ce nouveau tempie, et qu'il
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NOUVELLE ÉGLISE DE SAINT-SULPICE . 7 aimait à visiter les travaux, lorsque la multitude de ses occupations pouvaient le lui permettre, il remarqua que les ouvriers avaient creusé un puits, dont l’eau leur était nécessaire. Ce puits était à fleur de terre et sans mur d’appui : voulant en examiner la profondeur, M. Oher s’approcha du bord, et apercevant un pieu'jeté au travers, et vers le milieu de ce puits, il mit un pied sur cette pièce de bois, pour s’avancer par ce moyen, et juger de la hauteur de l’eau. Mais à peine y eut-il appuyé le piéd, que le pieu, quittant sa place, roula sur lui-même jusqu’à l’autre bord, tandis que M. Olier demeurait comme suspendu, au grand étonnement de toutes les personnes qui étaient là présentes. Dans un accident si périlleux, et où il était si naturel de ne penser qu’au danger, il ne fit point paraître la moindre émotion ; et, au lieu de ces mouvements involontaires dont on ne peut guère se défendre en pareille rencontre, il ne fut occupé intérieurement que de cette pensée : «Aïnsi » est trompeur l’appui des créatures : celui qui met son » assurance en elles, n’y trouvera que faiblesse et fragi- » lité. » Cette protection visible de Dreu sembla avoir renouvelé sa confiance, et quoique jusqu'alors il n’eût jamais compté sur les hommes, depuis ce moment il n’y fit aucune espèce de fond. « Il n’y a que Dieu seul, disait-il, » qui puisse faire ses œuvres, qui ait la puissance de les » conserver et de les soutenir ; l’homme n’est qu'un sable
» neux({). »
Après que M. Olier eut jeté les fondements du chœur de la nouvelle église, il voulut commencer les construc-
à ia .. (4) Vie de A.
» mouvant, sur lequel on ne peut bâtir qu’un édifice rui- Ofier, par M. de
Bretonvilliers, 1.
M. Olier est
ontraint de sus-
tions par la chapelle de la sainte Vierge, comme pour en pendre ses tra offrir les prémices à cette auguste Reine, et mettre ces im- vaux. M. Lan-
uet les re-
; (4 menses travaux sous sa protection. On ne rapportera Pas prend et achéici tout ce que son zèle lui inspira pour accélérer ce grand Y l'église.
ouvrage. Il auraiteu sans doute la consolation d’en élever une partie considérable avant sa mort, sans les troubles
politiques dont la capitale fut le théâtre, et qui réduisirent le peuple à la plus affreuse extrémité. Malgré ses soins et son zèle, il ne put qu’achever les murs de la chapelle de la sainte Vierge, qui, l’année de sa mort, étaient
à UE p élevés à la hauteur qu’ils ont maintenant (1). M. Languet iques, &. 1, s- sù ñ p- 10H, 16,198. de Gergy, sixième successeur de M. Olier dans la cure
de Saint-Sulpice, eut le bonheur d'y mettre la dernière main. Plein de confiance en Dreu et en la protection des patrons de sa paroisse, il répandit parmi ses paroissiens une estampe, où l’on voyait, dans le fond, le chœur de la nouvelle église (car il n’y avait alors que cette partie de bâtie), et sur le premier plan, saint Sulpice revêtu des ornements pontificaux, et, à côté, M. Olier en étole pastorale; au-dessous, on lisait une allocution en vers, que (2) Kem. hist. saint Sulpice était censé adresser aux paroissiens, pour les
t.1,p.494. — Fel-
der,Dictionnaire, engager à contribuer à la continuatiSn de cet édifice. Ce article Languet. gs ; ‘ (8) Sermons de MOyen réussit au-delà de ce qu’on pouvait en attendre ;
+ Fan Fi quoique M. Languet n’eût que cent écus en caisse, lors- [à 4 , , + . , .
235, Res qu’il reprit les travaux (2), l’ouvrage néanmoins ne fut
marques histori- , ss F
ques, t. wi, p. jamais interrompu faute de secours, et l’achèvement de ce
931,935, 940. à 6 + Nore 2, p. Vast@ monument, par les soins d’un seul homme, a passé