MADAME LA MARQUISE DE FÉNELON
grâce particulière pour convertir les Huguenots + (1). matt leg
« J'aurais une grande matière, dit M. du Ferrier, si je p. 21,902. » parlais des vertus et des libéralités de madame la du- !XXII:
» chesse d’Aiguillon. Je puis dire que sa générosité et sa % le ne
» charité allaient au-delà de ce qu’on saurait penser ; et haute piété.
» jamais elle ne refusa aucune des bonnes œuvres que
» nous lui proposâmes. Je me contente de rapporter ici
» une seule action, qui fera juger du fond de sa piété.
» Une nuit, j’allais dans l’église de Saint-Sulpice, après
» avoir pris mon repas à one heures et demie, comme c’é-
» tait mon ordinaire ; j'étais devant le saint-Sacrement, et
» j’entendis qu’on ouvrait la porte de l'église : je ne m’en
» mis pas en peine, sachant que, dans cette paroisse, on
» est souvent obligé d’administrer les sacrements aux ma-
» lades la nuit. Un peu après, quelqu'un vint se mettre à
» genoux derrière moi fort doucement. Lorsque j’eus
» achevé mes prières, je me levai, et trouvai que c'était
» madame d’Aiguillon toute seule. Je lui témoignai mon
» étonnement de la voir là, à une heure après minuit, et
» lui en demandai la raison. Elle me dit qu’après avoir été
» toute la journée dans les affaires, revenant du Palais-
» Royal (où était alors la cour), elle avait voulu faire son
» oraison, n’ayant su trouver du temps durant le jour ;
» et que, pour être plus récueillie que chez elle, en s’en
» retournant, elle avait prié le sonneur de lui ouvrir l’é-
» glise. J'honorai sa piété, et m'en allai pendant qu’elle (2 Mémoir. de . M. du Ferrier,
» continua (2). » p. 206.
Nous ne devons pas omettre de parler ici d’une des filles XXI. spirituelles de M. Olier, dont la vertu jeta un grand éclat, pol dans la paroisse. Ce fut Catherine de Monberon, fille du Fénelon.| comte de Fontaine- Chalandrai, que le marquis de Féne-
+ Il paraît que les Jansénistes s’efforcèrent d'attirer madame de
Rantzau à leur parti; mais n’ayant pu ébranler sa foi, et l’ayant (3) Histoire ae
même trouvée très-instruite sur les matières de la grâce, ils en l'abbaye de Port- . à à 26 . 6 Royal, pur Beprirent occasion de faire de son érudition le sujet d’indécentes rail- sine, t. 11, p.
leries (3), 99, 108.
lon avait épousée, comme on l’a dit, principalement à cause de sa piété et de ses rares qualités. Elle contribua beaucoup à lui faire corriger l’impétuosité de son naturel, et l’aida dans la pratique des bonnes œuvres. Elle mourut (1) Wie de la R. âgée seulement de vingt-sept ans (1), en grande odeur de
mère Madeleine
Gautron, 1, 1, Sainteté, « Notre chère fille, madame de Fénelon, écrivait
M. Olier, est honorée à présent comme une Sainte, par un concours merveilleux des peuples qui visitent son corps : tant est forte l'impression de la vraie piété et sainteté que Dieu met dans les cœurs. Je vous en envoie une marque, qui est la copie d’une lettre qu’elle écrivait en pleine santé à son mari, où vous verrez comme elle connaissait sa mort prochaine, dans une vue bien sainte et bien chrétienne. Vous y remarquerez des vestiges et des impressions de toutes les vertus, en un point éminent très-sclide, C’est une joie, à Saint-Sulpice, de
» voir l'effet que les maximes et les pratiques de la pa-
(2) Lettres aut. c.
de Olier, p.402. »
Mue Tron-
roisse ont fait en son esprit dans si peu de temps, étant reçues dans un fond de grâce admirable, et suivies d’une merveilleuse fidélité (2). »
Enfin, nous ne pouvons non plus nous empêcher de
son se met sous faire connaître une autre paroissienne, dont il sera souvent
la direction de M. Olier.
parlé dans cette vie, madame Claude de Sève, d’une illus-
tre famille de Paris, veuve de M. Tronson, secrétaire du cabinet, et mère du supérieur de Saint-Sulpice de ce nom. Elle avait eu pour directeur le Père de Condren, qu’elle
| * NOTE 5, p. recevait quelquefois dans sa terre du Perray*. Après la mort de ce dernier, elle s’adressa au Père de Saint-Pé,
prètre de l’Oratoire, dont la vie a été donnée au public, et le pria de lui faire connaître un guide qui püt la dédommager de la perte qu’elle venait de faire. C'était peu après que M. Olier eut pris possession de la cure de Saint-Sulpice. « Puisque Dieu vous a donné M. Olier pour pasteur, » lui répondit le Père de Saint-Pé, ma pensée est que vous » vous adressiez à lui pour les besoins de votre âme. Ou-
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