COMMENT IL SANCTIFIS SES VOYAGES
bile à M. de Bretonvilliers dans les petites choses comme dans
pour les grandes ; et celui-ci, presque affligé de cette déférence,
qui lui paraissait excessive et comme déplacée, lui ayant
demandé une fois pourquoi il consultait ainsi un homme
qui avait beaucoup plus besoin d'apprendre et de recevoir
des conseils, qu’il n’était capable d'en donner, il lui fit
cette réponse : « Agissez, mon cher enfant, avec simplicité,
» et dites-moi tout naïvement ce que vous pensez; car, si
» j'étais seul avec Jean (c'était un domestique), je lui de-
» manderais son avis, et je ferais simplement ce qu'il
» medirait. Ne faisons jamais notre volonté, s’il est pos-
'illes » sible, jusque dans les plus petites choses, » Dans cette
al, ce vue, il conseillait surtout pour le temps des voyages, où la
, leur nature est portée à prendre plus de liberté, de se choisir
diliait un de ceux avec qui l’on voyageait, pour dépendre de lui, Dans comme nous tenant la place de Diœu, et lui obéir en toutes (1) Zoprit de ne les choses avec une entière soumission (1). re LE
1 che- Si l’on arrivait dans une hôtellerie, il prenait toujours
endu, pour lui la chambre la plus incommode; et lorsqu'il y
et l’o- avait deux lits dont l’un paraissait être destiné pour un
é d’a- domestique, il le retenait pour lui-même, et cédait l’autre ècher à quelqu'un de ceux qui l’accompagnaient (2). Passantune (2, Æsprit de llage, fois à Laon, et désirant y vénérer une relique insigne de #: Ole”, tm,
p. 319, 345 et 1SSEZ; sdint Laurent, diacre, conservée alors dans l’abbaye de suiv. Wie de M.
‘ ‘ ‘ , v. “+ Olier, ibid. pag.
plaie, Saint-Martin, ordre de Prémontré, il sonna longtemps. à 249 et suiv. | gant la porte de ce monastère, sans que personne vint lui ou-
il eût ouvrir. Enfin comme on le pressait de continuer sa route : 'epos, « Ce sont mes péchés, dit-il avec humilité, qui nous emje lui » pêchent d'entrer dans la maison de Dreu, et nous pri- ’épar- » vent du bonheur que nous désirions. Il faut, ajouta-t-il VOCa- » en se mettant à genoux, demander pardon à Dieu, et non- » honorer de loin ce que nous ne sommes pas dignes de d des » vénérer de plus près. » :
Enfin les gens de la campagne quise trouvaient surson XXI.
‘1: à à Le Dans ses voyaseil à passage, les maitres et les maitresses des auberges où il lo- gs M. Olèr
80 PARTIS II, LIVRE VI, PAROISSE, — 1048, exerce son zèle geait, les enfants et les domestiques, tous éprouvaient les pourlesaltdes offots de sa charité et de son zèle (1). Dans un voyage qu'il @ Ha ibid, ft après la mort de Marie Teissonnière, s'étant arrèté à Valence pour y honorer son tombeau, dès-lors en grande vénération dans tout le pays, il y passa un temps considérable en oraison, et se rendit de là chez un peintre pour y acheter le portrait de la défunte. « J'y trouvai, dit-il, une » autre chose pour laquelle sans doute cette bonne âme » m’y conduisait. Car, outre que, dans son portrait, je ne » rencontrai point de ressemblance, ce dont je n’étais pas » beaucoup en peine, aimant mieux son esprit et l’impres- » sion de sa grâce que son extérieur, j’y trouvai un grand » tableau qui était fort déshonnête. Ce qui fit que, m’a- » dressant au peintre pour lui montrer sa faute, je lui » parlai avec tant de force, qu’il se soumit à tout ce que je » désirais, et me vendit ce tableau, quoiqu'il eût déjà reçu » des arrhes d’une autre personne, qui le voulait avoir. » Sur l'heure, l'ayant mis en pièces, je fis allumer du feu » et le brülai en sa présence. Ce bon homme en fut telle- » ment touché, que nous souhaitant mille bénédictions,
(2) Lettres spi- ® il Protesta que jamais, pour qui que ce püt être, il ne rituelles, p. 490. » ferait de ces infâmes peintures (2) +. » XXII. Nous placerons ici la relation d’un voyage que M. Olier
M. Olier fait tous les se sk fit l’année 1648, pour réformer quelques abus qui s'étaient
+ M. de Bretonvilliers, en rapportant le même trait, ajoute que le serviteur de Dieu était à l’hôtellerie où il dinait, lorsque le peintre lui apporta le tableau, et que, se levant aussitôt de table, et prenant d’une main le tableau et un couteau de l’autre, il le perça et le coupa depuis le bas jusqu'au haut, en disant : «Il faut que le démon en » crève de dépit ; » qu’enfin, jetant au feu les pièces de ce tableau, il ajouta : « C’est ainsi que doivent périr les ouvrages de Satan : l’hon-
(3) Wie de M. » neur dû à Dieu veut qu'on ne les touche que pour les détruire (3). » CP LA GOT, M. de Bretonvilliers semble avoir oublié la résolution si chrétienne de ce peintre, puisqu'il suppose qu’il fut beaucoup plus touché de la perte de son tableau, que du mal dont il s'était rendu coupable,
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