VOYAGE DE BRETAGNE
» lut, conclut M. du Ferrier, qu’ils y vinssent tous le troi-
» sième jour; et sa miséricorde fut si grande, qu’il me
» guérit entièrement, cette matinée, par le mérite de leur
» oraison : en sorte que cette maladie de trois ans finit
» ce jour-là mème, à la satisfaction de toute la commu- (1) Wémoires e de M.du Ferrier,
» nauté (1). » p. 186, 487.
Ce voyage fut pour M. Olier, comme l'avait été celui XXVIIL.
de 1647, une oraison continuelle (2), sans que la marche ar à
du cheval ou la compagnie pussent le distraire de son at- ue ses voya-
tention à Dieu. Un jour, comme il dinait dans une hôtelle- 4° 2) Erprit de
rie avec les autres voyageurs, on l’avertit que la traite N° Ati EVE
étant longue, il était nécessaire de se hâter de partir. Quel-
que temps après, il se lève de table, descend à l'écurie,
bride lui-même son cheval, et ne remarquant pas que les
voyageurs étaient encore dans la maison, il part sans rien
dire à personne. Le domestique qui l’accompagnait, inquiet
de ne plus le trouver, part en toute hâte, et prend sa route
vers l’endroit où l’on devait coucher. Il l’atteignit à la
porte du lieu, et lui dit, tout ému, le sujet de sa peine.
M. Olier, toujours recueilli en Dieu, lui répondit : « Je
» croyais être resté le dernier dans l’hôtellerie, et n’être
» parti qu'après tous les autres (3).» Cette union habituelle (s»4trestations
avec Dieu, qui le tenait comme mort aux choses du monde Des o V9 Li
et à toutes les douceurs de la vie, ne le rendait que plus
ardent à déployer dans les occasions sa charité pour ses
frères, les considérant comme les images vivantes de
celui dont son cœur était sans cesse occupé. Comme il re-
venait à Paris, il apprit en chemin qu’un de ses amis,
grand serviteur de Dreu, était à l’extrémité. A peine en
eut-il connaissance, qu’il usa de la plus grande célérité, ou
plutôt qu’il vola pour le secourir; et, arrivant assez tôt, il
eut la consolation de l’assister à la mort, et de lui rendre (4) pie de M.
tous les offices qu’inspirent, dans cette circonstance, la re- 2/7. par M. de
Bretonvilliers,\, ligion et l'amitié la plus tendre (4). 11, p. 264.
ns