PÊLERINAGE DE SAINT-CLAUDE
NOTE 1, p. 63. — Saint Claude, issu des seigneurs de Salins, était né vers l’an 603. Ayant été élevé, malgré lui, sur le siége de Besançon, il le quitta, après septannées de ministère, pour se retirer au monastère de Saint-Oyend, dans les montagnes du Jura, où il mourut âgé de 93 ans, la quatrième année du règne de Childebert II, La réputation extraordinaire de sa sainteté, qui lui fit donner les surnoms d'Antoine et de Pacôme, attira les peuples à son tombeau, surtout depuis le XIIe siècle; et ce concours devint si continuel, que le monastère ne fut plus connu que sous
(4) Gall. chris. le nom de Saint-Claude (1), ainsi que la ville qui s’était formée re col. tout auprès. Le corps du Saint était renfermé dans une châsse 77" d’argent doré, ornée de pierres précieuses, et trois fois le jour on pouvait en baiser les pieds, qu’on exposait nus à la vénération (3) Alban-But- des pèlerins (2). Par une faveur assez extraordinaire, les reli- nr gieux de Saint-Claude offrirent à M. Hurtevent, qui leur avait 6 Fun, 474 * Vs fait quelques entretiens spirituels, de lui montrer, durant la nuit, (3) Esprit de le corps entier du Saint(3), qui était encore sans corruption, et M. Hurtevent, palpable. La merveille de cette conservation est un fait incontespor M-Muillard, {able ; chacun avait d’ailleurs la facilité de s’en assurer, depuis qu’en 1785, le corps eut été transféré dans une nouvelle châsse d'argent, ornée de cristaux, et qui le laissait voir entièrement.
Il fut ainsi conservé jusqu’à l’époque de la Révolution.
Dans ces jours de délire, le 49 juin 1794, ce corps si vénéré depuis onze siècles, fut enlevé, traîné dans les rues, et enfin jeté aux flammes, au milieu même de la ville qui lui devait son nom et sa célébrité. Aussi s’accorda-t-on à regarder l'incendie qui la consuma entièrement, en 1799, comme une vengeance d’un si horrihle sacrilége. Il est au moins très-remarquable que, l’incendie ayant éclaté, on ne sait comment, en plein midi, le ciel étant serein, et l’air calme, les habitants aient été frappés d'un tel aveuglement, et d’une stupeur si extraordinaire, que malgré la présence des secours et lheure favorable, loin d’employer les moyens d’éteindre le feu, chacun se soit occupé à démeubler sa maison, la laissant dévorer par les flammes :en sorte qu'après
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un court espace de temps, le sol que couvrait cette ville riche et florissante n’offrait plus à la vue que cendres et décombres-enflammés. On peut remarquer encore que cet affreux incendie consuma la ville de Saint-Claude, le 19 juin, c'est-a-dire, à pareil jour où le corps du Saint avait aussi été livré aux flammes; et que, de toute cette ville, le feu n’épargna que la maison d’un homme pieux, nommé Calais, dont l'épouse avait reçu le chapelet, dit de Saint-Claude, que les impies lui avaient donné, en 1794, à l'instant où ils brûlaient le corps.
On conserve encore un os d’un des bras du Saint, et qui est renfermé dans un reliquaire d'argent,