SACRILÉGE RÉPARÉ
ce qui fut rigoureusement observé. Le lundi, 3 du mois d'août, dès que le son lugubre des cloches se fit extendre, le peuple, en habit de deuil, se porta en foule à l'église, sans que la pluie, qui tombait continuellement, arrètàt personne, pas même les dames de la plus haute coudition; et de là on se rendit, en chantant des psaunies, dans l’église de l’abbaye Saint-Germain (2), où l’on célébra une (1) Gazette de Messe haute, pro remisione peccatorum, les ministres pes pu de l'autel étant revètus d’ornements violets. Il ÿ eut un ébid. fol. 16, concours innombrable, et ce fut une véritable procession de pénitence : car la pluie tombant en abondance, les grandes dames, aussi bien que le reste, ne marchaient que dans l’eau +, et avec tant de modestie et de religion, qu’on n’entendait que le chant des psaumes.
Les jeudi, vendredi et samedi suivants, le saint-Sacrement fut exposé dans-la paroisse, avec une muagniticence sans exemple. Toute la cour voulut y contribuer, en faisant servir à cette cérémonie ce que chacun avait de plus rare en tapisseries, tableaux, cristaux, chandeliers, lusures d’or et d'argent. La marquise de Palaiseau (2), sachant (2) Jaabelte Fa-
| ” au? ai É ! int-Sacro. vier-du- Boulay que qu'on avait dessein de mettre au-dessus du saint Sucre ph br) rl re de ment un lit à la romaine, pour y former une espèce de p. 41. gémi dôme, offrit le sien qui avait coûté vingt mille livres ; et
l'être comme on le refusait, parce qu’il devait recevoir la vapeur
écla- ! moindres particularités de cette réparation, on en imprima un autre ir de récit circonstancié, qui a pour titre : Le violement du sanctuaire, ou le para- sacrilége commis sur le saint-Sacrement de l'uutel, à Saint-Sulpice, avec la réparation d'honneur qui lui a été fuite, et tout ce qu s est passé en la procession générale faite Le six août 1648. On trouve un | pu- à exemplaire de cette relation aux Archives du Hoyaume. Abbuye suin= petit 4 Germain, L. 1224, Inventaire des titres et papiers concernant la juriment diclion spirituelle sur le faubourg Suint-Lbermuin, liusse 3, à page 357. .
j + 11 faut prendre à lu lettre ce que dit ici M. du f'errier : dans ce SuI- temps-là, où les moyens d'écoulement pratiqués de nos jours, dans la plupart des rues, n’existaient point encore, ‘il ne pleuvai jamais d'une manière un peu considérable, sans que les rues en fussent tout inoudées,
avec
r'ône
a les
96 PARTIE I. LIVRE VIT, PAROISSE. — 1648, de plus de trois cents cierges, elle demanda, avec prières, que ce lit, fait par vanité, fût sacrifié à la gloire de Jésus- Cuaist. On se rendit à ses pieuses instances, et quand la … cérémonie fut achevée, il ne se trouva gâté ni terni en au- (1) Mémoiresde cune façon (1). M. Olier avait fait tendre la nef d’une ta- Maur, 86, pisserie brodée d’or; et le chœur, d’une autre de velours incarnat, sur laquelle paraissaient des portiques en relief, des colonnes avec leurs chapiteaux brodés, les uns en or, les autres en argent, et disposés avec tant d’art, qu’on les aurait pris pour des ouvrages d’orfévrerie. Enfin, sur un trône élevé en forme de pyramide, tout couvert de vases d’or et d'argent, paraissait le très-saint Sacrement, surmonté d’une couronne étincelante de pierreries ; et tous ces objets rehaussés par l’éclat d'une multitude innombrable de flambeaux, qui brülèrent durant trois jours, donnaient à ce temple l'aspect le plus înajestueux et le plus
imposant +.