‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 81 sur 269 · livre, un mouchoir, ou autre chose qu’on pouvait vendre · texte numérisé non relu

livre, un mouchoir, ou autre chose qu’on pouvait vendre

(3) Vie Ms. par pour avoir du pain (3). Une personne étant venue recom- M. de Bretonvil- ‘ 4 , liers,t.u, p. 274, Mander à sa charité une famille malheureuse, et lui de-

mandant une certaine somme pour l’assister : « Ce n’est » pas assez, dit M. Olier, il faut lui en donner trois fois a yes » autant; etsur-le-champ il lui fit porter cette somme (4). » Olier, par te Père Frère Jean, le principal dépositaire de ses aumônes, di-

Giry, % partie : e A Pr :

de, w, j 12. Sait pour exprimer sa générosité : « Il ne refusait jamais

» rien de ce que je lui proposais, et il donnait à toute

no 7e Ms. de» main (5). » Il n'y avait en effet aucune espèce de he- . Olier, par : ; : A

M. de Bretonvit. SOin qu’il ne voulüt soulager; pain, viande, potage, haliers, ibid. ». . A : . A

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503 était fourni à ceux que la disette avait mis dans Fim-

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PREMIÈRE GUERRE DE PARIS. 105 puissance de subsister autrement que par les soins et les efforts de la charité chrétienne. Enfin, la rigueur + (N Pie; par le

R è R Us : . ., Père Giry, part.

excessive du froid s'étant jointe à la disette universelle, il tr, p. 86. — 4n-

fit faire de grands amas de bois et de charbon, qu’on septembre PA. distribuait selon les besoins de chaque famille indigente, Pa À me surtout aux pauvres honteux ({). 178.

On a peine à comprendre qu’il ait pu trouver assez de ressources pour fournir à tant de besoins divers, quand on considère surtout que, cette année, les vivres étaient d’une cherté excessive (2), et qu’il donnait sans mesure. ,(? ti pi « Frère Jean m’a assuré, dit M. de Bretonvilliers, que si, M.de Bretonvil- » dans les autres temps, M. Olier était libéral, dans l’hi- Hi us » ver de 1649, qui fut très-rigoureux, on pouvait en quel- » que sorte lui reprocher d’être prodigue. » Mais sa confiance en Dieu fut toujours pour lui un inépuisable trésor. Une personne, chargée de la distribution de ses aumônes, étant venue lui dire qu'elle était sans argent : « Vous » n'avez point de foi, lui dit M. Olier; Dieu peut-il nous » manquer ? » Cette confiance produisait en lui des effets qui ne sont pas tout-à-fait ordinaires. Persuadé que Dieu lui donnerait toutes choses selon ses besoins, jamais, dans les nécessités les plus pressantes, il ne perdit un seul moment la paix de l’âme, ni ne se laissa aller à l’empressement naturel, sa pratique invariable ayant toujours été de ne mettre qu’en Dieu seul sa confiance, non-seulement lorsque le succès des affaires paraissait être impossible, mais encore quand il semblait être certain (3). ; or Es sarl Aussi cette confiance si vive ne fut jamais trompée; et liers,t. 1, p. 301. l’on était toujours surpris, toutes les fois qu’il était réduit A nie à la dernière extrémité, de voir arriver aussitôt les secours 298, 299. — Re-

marques hislorien abondance (#). pr tp. Ml.

On comprend néanmoins que les aumônes ordinaires de ” es ”

ses paroissiens ne pouvaient suffire à tant de familles, ré- shiciter la géduites à manquer de tout; car, d’un côté, le nombre des nérosité de la

‘ : : : ET. cour à S.-Gernécessiteux devenait toujours plus considérable, et, de l’au- sain.

106 PARTIR 11. LIVRE VIT. PAROISSE, — 1649, tre, les secours, au lieu de croître à proportion, diminuaient de jour en jour. Il se voyait d’ailleurs privé des aumôûnes des personnes les plus opulentes de sa paroisse, qui avaient quitté Paris pour suivre la cour, ou pour se mettre en sûreté; telles qu’étaient la princesse de Condé, la

4) Recueil des ile DE pin. duchesse d’Aiguillon, la comtesse de Brienne, dont l’ab-

ar, Len, sente ne se faisait que trop sentir (1). Dans ‘cette néces-

Re Pre sité, il vendit tout ce qu’il possédait en biens de patri-

Chvrit. moine, et en distribua le prix à ses paroissiens (2). Et, à stores dr, la fin, ne trouvant plus aucune ressource dans la ville, il p. 179, résolut d’en chercher hors de Paris.

Depuis les arrèts que le Parlement avait rendus, il devenait de plus en plus difficile et périlleux d’en sortir, les soldats Polonais et Allemands, répandus tout autour, exerçant sur les transfuges les dernières violences. Mais, pressé par les mouvements de son zèle, et comptant pour rien sa propre vie, s’il peut à ce prix conserver celle de ses ouailles, ce généreux pasteur forme le dessein d’aller faire une quête à Saint-Germain-en-Laye, où la cour était alors. La prudence ne lui permit pas de faire connaitre cette résolution, qui l’aurait rendu suspect ; et, pour l’exécuter, sa charité lui inspira ce stratagème. Il pria M. de Grandval, l’un de ses amis, de le conduire, dans son carrosse, sur les limites du faubourg Saint-Germain, du côté

(3) Attestations de la campagne (3). Là, n’étant vu de personne, il descend autographes, p.

499, 200. du carrosse , se coule dans la neige qui couvrait les che-

&: Vie Ms. de Mins, et, accompagné seulement de M. Le Royer (4) de

ba: la Dauversière; ce pieux laïque dont nous avons parlé, il

tp. 290,21. s'éloigne de la ville et se dirige du côté de Saint-Germain.

Le froid était extrème, la neige très-abondante, et la

Seine extraordinairement débordée. Malgré la difficulté

des chemins dont souvent il lui était impossible de recon-

naître la trace, et malgré la multitude de soldats qui dé-

pouillaient tous les passants, il traverse les ponts, les

corps de troupes, sans être arrêté par personne, et arrive

enfin à Sai ayant de la jusqu'aux Dieu bé eût ordonn aux misère.

touché de « mère du p l'état affreu et cette pri envers les dans cette dérable ; et tion visible compagnon sans être d être connue trats, les pl traire, une parlait ave après son 1 verser les p » n’en sais » c’est que aumônes q tres que | de continu tière cessal une disper Carème, q tant à cau de l’état dé d’entre eu:

permit do la viande !

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PREMIÈRE GUERAN DE PARIS. 107 enfin à Saint-Germain, après des fatigues excessives (1), ayant de la neige (2) jusqu'aux genoux (3), et quelquefois jusqu'aux reins (4).

Dieu bénit une démarche si héroïque. Quoique la cour eût ordonné le siége de Paris, M. Olier la trouva sensible aux misères de ses habitants; surtout personne ne fut plus touché de ce récit que la princesse de Condé, la propre mère du prince qui en commandait le siége. Il lui exposa l'état affreux où étaient réduites tant de famiiles désolées ; et cette princesse, toujours pleine de pitié et de charité envers les malheureux, sembla se surpasser elle-même dans cette rencontre. Il en reçut une somme très-considérable ; et, ce qu’on ne peut attribuer qu’à une protection visible de Dieu, il revint à Paris avec son pieux compagnon, chargés l’un et l’autre de grosses aumônes, sans être dépouillés (5). Cette action, qui ne tarda pas à étre connue, bien loin de le rendre suspect aux magistrats, les plus animés contre la cour, leur inspira, au con-

(1) 4tlestations autographes, p.

(2) 4nnée Do-

minicaine, 4re partie de sept. p.

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