‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S.-Sulpice [microforme]Chapitre 83 sur 269 · IL PROCURE UNE MISSION À SA PAROISSE · texte numérisé non relu

IL PROCURE UNE MISSION À SA PAROISSE

jura le Prieur de Saint-Germain d’user contre eux de l’autorité dont il était revêtu; et ce fut l’occasion d’un mandement, donné le 41 juin 1650 (1). Ce religieux, après avoir (1v#rchives du loué le zèle avec lequel M. Olier avait essayé d’arracher et os ic ces scandales, concluait en ces termes : » À ces causes, /#ridiciion, jun:

nier 1640, elc fol.

» nous ordonnons audit sieur curé de procéder contre les 467. » concubinaires suivant le saint concile de Trente, par » trois monitions consécutives, et ensuite par l’excommu- » nication, après laquelle fulminée, s’ils persévèrent dans » leur mauvaise vie, nous défendons de les inhumer en » terre sainte. Et, pour couper la racine à ce désordre, » nous ordonnons audit sieur curé, après les remèdes or- » dinaires, de nous donner avis de leur obstination, pour » y ajouter, avec l’aide de notre justice séculière, les pu- » nitions corporelles de bannissement, et autres telles que » de raison. Pareillement à l'égard de ceux qui, manifes- » tement et notoirement, sans excuse légitime, n’auraient » point reçu le sacrement de Pénitence une fois l’an, et » celui de l’Eucharistie à Pâques, nous ordonnons que ces » personnes, venant à mourir, soient privées de la sépul- » ture ecclésiastique (2). » (2)Ibid fol 106. M. Olier employa alors, pour ramener ces pécheurs à ÿ es . Dieu, un moyen plus conforme à sa charité et à la dou- ,4 je père Eucœur de son zèle, ce fut le bienfait d’une mission géné- des à donner rale. IL désirait depuis longtemps de procurer à sa paroisse FRS une grâce si précieuse (3), la plus capable, sans contredit, Spre ue d'y réparer les ruines du péché, et d’y faire régner la fer- du Père Eudes, veur; et, écrivant à M. Coudere, l’un de ses ecclésiastiques : ÿ,"° " ** 7% « Il faut, lui disait-il, nous conserver pour la grande mis- » sion qui aura lieu l’année prochaine à la paroisse, pen- » dant le Jubilé. Nous y aurions besoin de tousnosouvriers ; » et ils seront toujours en petit nombre pour une œuvre » de cette importance (4). » En effet, ne croyant pas pou- (4) Lettres aut, voir y suffire avec ce qu'il avait de coopérateurs, il appela, 9947 °°" P:

pour la diriger en chef, le Père Eudes, son ami, institu-

112 PARTIE II. LIVRE VII. PAROISSE, — 1650, UNE FL teur de la congrégation des Eudistes(1). Il ne connaissait Lente à Jr personne qui eùt mieux le don d’annoncer la parole de Père Jean Eudes, DIEU et d’opérer de grandes conversions, que cet homme nes autre extraordinaire, qu’il appelait la merveille de son siècle (2), Fe 1 Pe et aux travaux. duquel Diev avait donné jusqu'alors les ns ei fruits les plus abondants+. Le Père Eudes n’avait point lier, encore prèché de mission à Paris. Il partit avec douze de ses disciples, dans le dessein de commencer celle-ci, à Saint-Sulpice, le jour de la Purification; mais, la Seine étant extraordinairement débordée, il se vit arrêté dans sa marche, et M. Olier ouvrit lui-même les exercices annoncés. « J'aurais besoin, dit-il dans son exorde, de la lumière » de ce grand serviteur de Dieu, dont j’occupe la place,

» pour vous parler dignement de JÉsus-CHRisT, notre vé-

IL PA » sibles , » afin qu » mÈème, j » de salut » but face » C'uravim » employé » pour gu » péchés il » à DIEU 1 » parle po » pice; qui » Téprouvé » du Seig

» ritable lumière. Cet homme apostolique à un don tout » lumen tu » extraordinaire pour convertir les cœurs ; et nous avons » VOUS; VO » la confiance que, dans un temps si favorable, où le Ju- » Yeux : S » bilé et le Carème se trouvent réunis, Dreu nous fera par Cette mi » lui grâce et miséricorde. Nous entreprenons cette mission | que M. Oli » pour honorer celle de JEsus-Canisr en terre, et qu’il con- Père Eudes » tinuera dans le monde jusqu’à la fin des temps. Nous LS presbytère » la ferons aussi, mes très-chers frères, par amour pour mème teni » vos âmes, afin de vous procurer le bien le plus précieux | parole sur] » qu'on puisse trouver ici-bas, qui est de vous faire | dictions, la » entendre la pure et la vive parole de JÉsUs-CHRisT, pour les pr » pour briser, comme un marteau, la dureté des cœurs mission qu » obstinés, cette parole qui échauffe et qui éclaire. Enfin, | Mais l’ef » je le fais par justice, pour satisfaire à mon devoir, qui | Eudes, fut » n’oblige de procurer votre salut par toutes les voiespos- LB que M. Oli

È aiheureu leurs âmes,

+ Le baron de Renty, dans une lettre qu’il écrivit à M. Olier, parle en ces termes des immenses succès du Père Eudes. «Il travaille ici » avec une bénédiction incroyable, La puissance de sa grâce à décou- » vrir l’amour de Dieu pour les hommes, et l’horreur du péché, a È »mont de pr » tellement pénétré les cœurs, que les confesseurs sont accablés par » foudres qui » le nombre des pécheurs qui demandent pénitence avec larmes. Ils » consciences » restituent le bien d’antrui; ils se réconcilient, et protestent haute- |» émouvoir (1

IT

IL PROGURE DES SECOURS AUX PAUVRES HONTEUX. 113 | Issait » sibles , et mème en appelant des ouvriers à mon secours, 11 le de » afin que, trouvant dans autrui ce que je n'ai pas en moi- | | mme » même, je puisse un jour, si vous abusez de ces moyens ni le (2), » de salut, dire à mon Drec avec son Fils : Quid ultrà de- || | rs les » but facere vineæ mew, et non feci ei? Et avec le Prophète : | point » Curavimus Babylonem, et non est sanata : Nous avons 11 1ze de » employé tous les remèdes que nous avons pu trouver | ci, à » pour guérir Babylone, et eile est demeurée dans ses JL Seine » péchés invétérés, ses maux sont restés incurables. Mais | ans Sa » à Dieu ne plaise qu’il en arrive de la sorte ! Que je ne | nnon- » parle point ainsi de vous, chère paroisse de Saint-Sul- 1 | imière L »pice; que je ne vous nomme point Zabylone, le lieu des EL place, » réprouvés, mais plutôt Jerusalem, la demeure des élus | \ tre vé- » du Seigneur : Surge, illuminare, Jérusalem; quia venit il f) n tout » lumen tuum, et gloria Domini super te ortu est ! Réveïllez- {| | avons » vous; voici la grande lumière qui vient briller à vos ] | le Ju- » yeux : Surge, qui dormis, et illuminabit te Christus(Â).» 4) Pièce aut. h. : je ya par Cette mission, qui dura tout le Carème (2), eut le succès XVIL | | nission | que M. Olier s’en était promis. D’après ses intentions, le M-Olier vent %e : ARTE ; / ue — procurer desse- h |!

il con- Père Eudes et ses douze collaborateurs logèrent tous au cours aux pau- hi. Nous | zresbytère(3), et par là firent un double bien; car, en Lu | || r pour ÿ mème temps qu'ils répandirent la semence de la divine 1) Je du P. . LEeux parole sur le peunle fidèle, avec les plus abondantes béné- in vue Li s faire | dictions, la sainteté de leur vie et de leur conversation fut, hist., 1,1, p.283, fl | HRIST, pour les prêtres de la communauté, une autre espèce de (ll cœurs mission qui porta son fruit comme la première.” Na à Enfin, l Mais l’effet le plus durable des prédications du Père dir, qui } Eudes, fut l'établissement d’une compagnie de charité, jespos- | que M. Olier méditait, et à laquelle une multitude de } iaiheureux durent le salut de leurs corps et celui de En leurs ânes. Après les calamités que la capitale avait esà découpéché,a Æ » ment de préférer la mort au péché, Enfin, ses sermons sont des (a) Atlest. aué. ablés par » foudres qui brisent les cœurs, et ne laissent point de repos aux od + u ru rmes. Ils » consciences ; et les confesseurs travaillent plus à consoler qu'à doise, Ms. in-4, nt haute- » émouvoir (1). » p. 550, 642.

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suyées l'année 1649, il y avait, comme nous avons dit, un nombre prodigieux d’indigents, surtoutde pauvres honteux. Il s’accrut encore beaucoup cette année 1650, à cause de la famine occasionnée par les débordements d’une multitude de rivières dans la plupart de nos provinces. On a vu que le Père Eudes avait été arrèté par le débordement de la Seine. Celui de la Loire fut si considérable, qu’il submergea presque entièrement tout le pays, depuis Sully, dans l’Orléanais , jusqu’à Angers; de sorte qu’il n’y eut point de récolte cette année-là, et qu'une infinité de personnes y périrent de faim. Le Rhône pareillement inonda tout le Dauphiné, et endommagea les ponts de Lyon, le

por pont du Saint-Esprit et celui d'Avignon (1). Le malheur

, les temps, et la circonstance de cette mission, parurent

règne de Louis ( ane nn donc à M. Olier une occasion favorable pour mettre à exé- HAL à PS cution le dessein qu'il avait formé, depuis quelque temps, tu. d'une compagnie qui se dévouât spécialement au soulagement des pauvres honteux, et perpétuât ainsi, dans la paroisse de Saint-Sulpice, les secours que jusqu'alors il LL? riens leur avait lui-même procurés (2). Les CŒUTS, pendant la v. 650.—P'ie Ms, Mission, étant ouverts aux impressions de la grâce, il ne de M. Clier, par Laraissait pas difficile de les émouvoir sur les misères du

M ,de Bretonvitlers,{,11,p.316 prochain, d’ailleurs si affreuses dans cette paroisse, où se XVIII. trouvaient encore 866 familles indigentes. On en voyait Sn Un beaucoup qui n’avaient mème pas de paille pour se cou- S.-Germain a- cher, d’autres languissaient dans de mauvais lits, et ee SUITE voyaient défaillir ou expirer à leurs côtés deux ou trois enfants qu’ils ne pouvaient, faute de ressources, arracher des bras de la mort. Plusieurs de ceux qui, avant cette calamité, se trouvaient en état de secourir lés familles nécessiteuses, se virent forcés eux-mêmes, par défaut de vêtements, à trainer leurs jours dans des greniers ou des caveaux, sans oser en sortir, même pour assister à la Messe. Dans le quartier des Incurables, on en rencontra

qui avaient passé plusieurs jours sans manger. Quelques-

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