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IL PROCURE DES SECOURS AUX PAUVRES HONTEUX. 115 uns vivaient d’un peu de son cuit dans de l’eau de morue, et n’avaient, pour adoucir l'aigreur de leur pain, que de la chair d’animmaux qu’ils allaient ramasser dans les chemins ou hors des murs de la ville. Les monuments, déposés dans les archives de la paroisse, qui ont fourni ces détails, apprennent encore qu’on trouva des enfants, qui, faute de lait, que les mères n’étaient plus capables de leur donner, tant elles étaient desséchées par les ardeurs de la faim, tiraient le sang de leurs mamelles, et se sentaient plutôt défaillir que revivre sur leur sein. Enfin, le désespoir de survivre à leurs maux, et d’être témoins des derniers soupirs de leurs enfants, porta des pères et des mères à se pendre au plancher de leurs chambres, Où 4) Rem.hist.t. ils eussent été suffoqués sans de prompts secours (1). 11, p. 48,18, 15
Ce fut cette désolation qui anima M. Olier à .redoubler XI. ses soins pour former la compagnie dont nous parlons. roue Après avoir longtemps recommandé son dessein à Notre- gnie charitable Seigneur, et l'avoir conjuré d’inspirer aux personnes pour l'assistanopulentes de la paroisse, le désir d’y coopérer, il le com- at si muniqua enfin à quelques-unes, et, dès cette première ouverture, il comprit que le succès en était certain. Nonseulement celles-ci entrèrent avec joie dans ses vues, mais
d'autres, qui s’y étaient montrées d’abord indifférentes, s'empressèrent d'y concourir à l’envi, et de l’appuyer de tout leur pouvoir. Ravi de ces heureux commencements, et après en avoir rendu grâces à Dieu (2), M. Olier con- (2) ie Ms. par voqua une nombreuse assemblée de personnes de toutes qe ares
conditions, dans la salle du presbytère, pour le lundi de patent das
Pâques de cette année 1651. Après leur avoir exposé le 6.
tableau de tant de misères, et le dessein qu’il avait formé
de les soulager, il fit remarquer que, dans ce temps mal-
heureux, l’aumône était, plus que jamais, une obligation
pour ceux qui pouvaient la faire. Il exhorta les uns à re-
trancher leurs dépenses superflues; les autres, à se priver
de ce qui ne leur était pas absolument nécessaire. Enfin,
faisant un appel général à la charité de tous, il entra dans le détail des nécessités des pauvres, jue chacun pouvait soulager selon sa condition, et demanda à ceux qui n'avaient rien autre chose à offrir, de consacrer leur temps à cette charitable entreprise, ajoutant que les conseils qu'on peut donner aux indigents, et les soins que l’on en prend, sont souvent, pour eux, l’aumône la plus profiru table (1). Dieu bénit les paroles de son serviteur. Elles p 89. firent tant d'impression sur J’assemblée, que plusieurs donnèrent sur-ie-champ des sommes considérables; la plupart s’engagèrent pour une certaine somme chaque mois, et tons cffrirent encore leur temps, leurs soins et leurs peines.
XX. Pour connaitre les besoins particuliers des pauvres No este honteux, et les assister avec sagesse, M. Olier divisa sa cours destinés paroisse en sept quartiers, ayant égard, dans cette dihontetx Fruit, Vision, au nombre des pauvres qui s’y trouvaient inégalede ectte institu- ment répandus, et il les désigna chacun sous l’un de ces BOB noms : lc quartier de la foire Saint-Germain, celui du
Séminaire, celui des Incurables, celui de la rue du Four, A te de l’abbaye, de la Charité, des Gonyestents (2). Dans p. 34, 38. chaque quartier, il nomma quatre préposés, chargés de connaître les besoins de tous les pauvres honteux qui y avaient leur domicile, et d’en faire part à l’assemblée. Un grand nombre de ces indigents n’osant se faire connaitre, il établit un tronc à l’entrée du presbytère, où ils étaient invités à jeter leurs demandes par écrit. Les préposés devaient incontinent se transporter chez eux, pour connaitre, plus en détail et par eux-mêmes, leur état et leurs besoins, comme aussi leurs mœurs et leur conduite. Car M. Olier avait réglé qu’on refuserait des secours à tous ceux qui négligeraient d'envoyer leurs enfants au eatéchisme, et de s’instruire eux-mêmes des vérités de la religion, ainsi qu'aux libertins, aux blasphémaieurs, à ceux qui auraient abusé des aumônes, ou qui refuseraient
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IL PROGURE DES SECOUAS AUX PAUVRES HONTiix, 117 de se réconcilier avec leurs ennemis, Le4 mendiants ‘ne devaient pas non plus avoir part à ecs secours, destinés soulert at pour les pauvres honteux, Fneore M. Olier avait-il défendu qu'on les leur donnât ordinairement en argent, sachant, par expérience, le mauvais usage qu'ils en font. C'était le plus souvent du pain, des vétements, des meubles de première nécessité, du bois; et, pour les
artisans, des outils et la matière sur laquelle ils travail- , ("0 ai PR PPT ET TN ; ; ; bli duns la palaient. Dans ce dessein, il établit un magasin où toutes les roise de Srnt-
ersonnes chari ra! , Sulpirr. Remar- P aritables envoyalent le linge, les meubles, ques historiques,
les habits et tous les objets qu'elles destinaient au soula- "5 à r : F DOUIAT quiv — Fie de gement des pauvres, et où la compagnie tenait en dépôt Y: Olicr, par le Ti ’, : | P, Giry.Vepart., tout ce qui lui appartenait (1). chap A.
Dans le dessein de rendre stable cette association, M. Olier lui donna des réglements, qui furent imprimés
l’année suivante (2). Il preserivit, pour le dernier di- (2 Remarques manche du mois, une assemblée de tous les membres, à tt + laquelle chacun était d’ailleurs admis, sans distinction de s52 — Archives rone: Au commencement de l’hiver, on devait faire une Me Mira, visite générale de tous les pauvres, et au moins une au- RS 7 SL
tre à la fin, sans compter d’autres visites particulières qui avaient lieu tous les mois, Lorsque M. Olicr eut consommé cette œuvre, la première de ce genre que l’on ait vue à Paris *, et qui devint florissante dès son origine (3), ,,* *0TE 6; P. il ne douta pas qu’elle ne fût la source ou l’occasion de 4 Vie Ms par
beaucoup de biens. « J'espère, dit-il à M. de Bretonvil- #4 a , . L]
» liers, que Dieu se servira de cette compagnie, pour #17- Pièse détu-
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» donner à d’autres paroisses la pensée d'en former de de M. Leschus- » semblables. » L'événement justifia bientôt cette espèce (ÿ, 16ia. pay de prédiction; car on vit naître successivement, dans les 57, #9, mie HTC : . , : ,,., de M, Olier, par différentes paroisses de la capitale, plusieurs sociétés le Père Giry, 4° orné : \ on po à : partie, ch. XV, p.
f HRPES UE ce modèle (4), et dirigées par les mêmes régle- 72, — Rem. AU ments (5). Telle est, pour la ville de Paris, l'origine de “{, pee ces confréries (6) si glorieuses à la charité chrétienne, ct an KE ES à : : : (6) F'ie Ms pur qui contribuent, encore aujourd’hui, au soulagement de M. Leschasswer.
tant de malheureux.
si di. He Non content de secourir les pauvres honteux de sa pa-
lit des écoles r'oisse, M. Olier voulut étendre sa charité à leurs enfants,
eo habillant les plus pauvres, placant chez des maîtres ou
vres; catéchis- dans des hôpitaux ceux qui pouvaient y être recus, et
iiig ais leur établissant des écoles pour les instruire. Il dressa, pour
ces écoles, un réglement, d’après lequel les préposés des
quartiers devaient visiter, toutes les semaines, ou deux
fois le mois, celles qui étaient confiées à leur vigilance,
ex s'assurer de l’assiduité des enfants, de leur application,
de leurs progrès. On n’y admettait d'ordinaire que les en-
fants pauvres, âgés au moins de sept ans, et qui réu-
nissaient d’ailleurs certaines qualités déterminées, Un
ecclésiastique du séminaire allait dans chacune faire des
instructions chrétiennes aux enfants : ce qui ne dispensait
A rente re pas les maîtres et maîtresses de les conduire au catéchisme p. 30. les jours de fête et de dimanche (1).
Pour l’usage de ces enfants, M. Olier fit composer, par
(2)1id PE: J’un de ses ecclésiastiques (2), et livra à l'impression (3)