Journal de la maison St- Uonoré, t. i. p
hommes de sa condition. Sa rare vertu et sa piété touchèrent si vivement M. du Ferrier, jeune ecclésiastique, arrivé à Paris en 1634, qu’ils l’attirèrent aussi sous la conduite du Général de l’Oratoire. « Tl me procura cet avantage, dit M. du Ferrier » lui-même , aussi bien que l’amitié de M. l’abbé » Olier, qui a fini ses jours en réputation de sain- » teté (1) » M. du Ferrier, fils d’un lieutenant-général (2), et neveu du grand-maître de Malte, et d’un des agents du clergé (3), n’était venu à Paris que dans l’espérance de s’élever aux honneurs par le crédit de ses proches (4). Il trouva au sein même de cette petite société de grands exemples de détachement dans la personne de MM. Brandon. L’aîné, qui était veuf (5), avait quitté la charge de Conseiller d’Etat ordinaire pour se consacrer au service de l’Eglise ; et le second , appelé de Bassancourt, celle clê Maître des Comptes pour embrasser d’abord l’état religieux*. Ce dernier, qui joignait à une grande fortune l’humilité et la simplicité dans un degré peu commun , était d’une humeur si douce et si agréable , que sa personne et ses discours faisaient tout à la fois l’édification et les délices de ses amis. Enfin le sixième était M. Amelote (6), jeune docteur, recommandable pour ses talents (7) , et que le Père de Condren avait placé auprès de MM. Brandon et de Bassancourt pour leur enseigner la théologie. La manière dont le Père de Condren se l’attacha fut tout-à-fait extraordinaire. Comme s’il eût été instruit des desseins de Dieu sur M. Amelote , dès qu’il le connut à Paris, il fit toutes sortes d’avances pour l’engager à venir le voir, et voulut , par les visites fréquentes dont il le prévint, l’obliger de lui en faire à lui - même . Ce ne fut pas sans combattre beaucoup, que M. Amelote se rendit à ses poursuites ; car, plus le Père de Condren le prévenait , plus il éprouvait d’éloignement pour sa personne et pour sa doctrine. Enfin, vaincu par ses recherches con-